skip to content

Tessa WORLEY

  • O 0
  • A 0
  • B 0

La « géante » du Grand-Bornand

Double championne du monde du slalom géant (2013 et 2017) et deux fois médaillée d’or dans la compétition par équipes (2011 et 2017) devenue olympique à PyeongChang 2018, Tessa Worley est revenue au plus haut niveau après avoir subi les conséquences d’une blessure au genou droit provoquée par une chute dans le slalom de Courchevel en 2013. Quatre ans plus tard, elle est redevenue la patronne du ski féminin français…

Sur les skis, dans les deux hémisphères

En continu, de l’hiver dans l’hémisphère nord à l’hiver austral, de la station du Grand-Bornand en Haute-Savoie en France à celle de Mt Lyford au-dessus de Christchurch sur l’île du Sud néo-zélandaise, Tessa Worley a passé toute son enfance sur les skis. Son père, Steve, est australien, sa mère Madeleine, française. Tous deux sont des moniteurs exerçant leur profession des deux côtés du globe. « Pendant mes sept premières années, les hivers rythmaient notre vie de famille », explique-t-elle, mise sur les planches dès qu’elle sait marcher. Ainsi, elle a cinq ans quand elle démarre la compétition dans le club de Mt Lyford entraîné par ses parents. Comme elle le raconte, Tessa évolue dans un environnement 100% sportif et goûte à de nombreuses activités (marche, tennis, équitation, patinage, cyclisme) mais sa passion, c’est le ski !

En Coupe du monde à 16 ans

Au milieu des années 1990, la famille de Tessa s’installe définitivement au Grand-Bornand, et elle rejoint son ski club dont elle est toujours membre aujourd’hui et la plus célèbre de ses ambassadrices. Très vite, elle poursuit son cursus scolaire en sport-étude et elle n’a que 16 ans lorsqu’elle débute sur la Coupe du monde FIS le 16 février 2006 en disputant le slalom géant d’Ofterschwang (Allemagne) où elle marque d’entrée ses deux premiers points avec une 29e place. En 2007, elle intègre l’équipe de France militaire de ski et représente dès lors l’Armée de Terre dans les compétitions nationales et internationales et chaque année aux Championnats du monde militaires, « fière de porter les couleurs de cette équipe ! »

Progression vers les sommets

Bien qu’elle souhaite tendre vers la polyvalence, c’est en slalom géant que « La Puce » (1,57 m pour 57 kg), exprime le mieux ses qualités : explosivité, appuis de feu, douceur sur la neige, trajectoires au cordeau. Le 10 octobre 2007, en ouverture de la saison à Sölden, Tessa Worley remonte de la 23e place en première manche à la 5e finale en se montrant la meilleure sur le 2e tracé. Ce n’est que son 4e départ en Coupe du monde ! Un an plus tard, fin novembre 2008, elle remporte sa première course à ce niveau, le géant d’Aspen. Elle participe ensuite à 19 ans à ses premiers Championnats du monde à Val d’Isère en février 2009. Cinquième après la première manche, Tessa perd un bâton dans le 2e acte et termine finalement 7e. « J’emmagasine de l’expérience », dit-elle de son premier grand évènement international.

Premiers Jeux en 2010 à Vancouver

Après avoir remporté son 2e géant de Coupe du monde à Are (Suède) en décembre 2009, Tessa Worley découvre l’univers olympique à Vancouver 2010. Le ski français n’est pas en réussite à Whistler. Le géant dames perturbé par la météo est disputé sur deux journées, et remporté par la jeune Allemande Viktoria Rebensburg. « La Puce » ne trouve pas ses marques sur la Franz’s Run : elle se classe 16e. « J'ai tout fait, j'ai joué, ça n'a pas marché. Ce sera pour la prochaine fois », dit-elle alors.

Championne du monde en 2013

La saison 2010-2011 constituera pour elle un vrai déclic, avec trois victoires d’affilée et le dossard de leader du classement du slalom géant. Mais le globe de cristal revient finalement à Rebensburg, devant Worley. Cet hiver-là, la Française remporte sa première médaille d’or planétaire avec la France dans la compétition par équipes des Mondiaux de Garmisch-Partenkirchen. Dans le géant, après une première manche mal négociée (19e), elle se montre la plus brillante sur le 2e tracé, meilleur temps, médaille de bronze ! Elle continue par la suite à figurer dans le top mondial du géant féminin, jusqu’à son éclatante victoire dans les Championnats du monde FIS de Schladming le 14 février 2013 : médaille d’or avec une avance cumulée de 1.12 sur la slovène Tina Maze, en signant le meilleur temps des deux manches !

Blessure et longue convalescence

Trois jours après sa 8e victoire en Coupe du monde, dans le géant de Saint-Moritz le 15 décembre 2013, « Tess » fait une mauvaise chute lors du slalom de Courchevel où elle est victime d’une rupture du ligament croisé du genou droit et d'une lésion du ménisque. Cette blessure la prive des Jeux de Sotchi 2014, et elle mettra trois longs hivers de galère à retrouver son meilleur niveau.

Retour sur le toit du monde en 2017

Enfin, en 2016-2017, c’est reparti ! Tessa Worley redevient brillamment la n°1 mondiale de sa discipline. En sept géants de Coupe du monde, elle remporte quatre victoires et se classe trois fois deuxième. Lors des Championnats du monde de Saint-Moritz, elle commence par remporter une nouvelle victoire avec l’équipe de France dans l’épreuve par équipes qui deviendra olympique à PyeongChang 2018. Et le 16 février, dossard n°1, elle prend les devants dans la première manche du géant, puis résiste aux assauts de l’Américaine Mikaela Shiffrin sur le 2e tracé pour remporter son 2e titre mondial individuel. La quadruple médaillée d’or mondiale devient aussi cet hiver la Française comptant le plus de succès en géant : douze, série en cours. Sa « saison de rêve » lui permet de s’adjuger en mars le premier globe de cristal de sa carrière, dans sa spécialité. 
« Ça a été dur de revenir, mais je n’ai jamais renoncé. J’y ai cru, et on y a cru pour moi », dit la Française dont « toutes les cellules du corps ont explosé » dans l’aire d’arrivée du géant des Mondiaux de Saint-Moritz.

Une saison olympique en clair-obscur

L’année olympique est moins favorable pour la Bornandine qui ne domine pas sa discipline comme la saison précédente. Même si elle se maintient dans l’élite du géant avec trois podiums et une victoire à Lenzerheide juste avant de partir aux Jeux. La course tant attendue, prévue le lundi 12 février, est reportée au jeudi suivant à cause du vent. Ce jour-là, elle n’est pas vraiment dans le tempo et se retrouve 14eme à l’issue de la première manche. Malgré une belle réaction sur le deuxième tracé, elle doit se contenter de la 7eme place, à une seconde et quatre centièmes de Mikaela Shiffrin, sacrée championne olympique pour la première fois dans cette discipline.

Dans l’épreuve par équipes, Tessa Worley et l’équipe de France font bonne figure au fil des tours. Arrivée en demi-finale, la France s’incline face à la Suisse au sommet de son art. Pour la médaille de bronze, la Norvège domine la France d’un souffle et Tessa doit se contenter d’une quatrième place toujours frustrante. À 28 ans, l’ambition olympique de la petite puce du Grand-Bornand peut demeurer intacte et il y a fort à parier qu’elle fera encore partie des candidates sérieuses aux médailles sur les neiges de Beijing 2022. 

Plus




back to top En