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Sebastien TOUTANT

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Toutant hauteur, tout en finesse !

Révélé très tôt au plus haut niveau international, le snowboardeur canadien du Québec Sébastien Toutant, star du circuit professionnel, déjà présent en slopestyle à Sotchi en 2014, n'a pas manqué l'occasion d'enlever la médaille d'or d'une des nouvelles disciplines inscrites au programme des Jeux de PyeongChang 2018, le big air, grâce à deux figures aériennes magistrales. 

Un premier coup d'éclat à 13 ans

À quoi tient parfois le lancement d'une brillante carrière internationale en snowboard freestyle ? Pour Sébastien Toutant, connu sur le circuit professionnel sous le nom de "Seb Toots", c'est le fait d'avoir cassé sa paire de skis à l'âge de 9 ans. L'enfant de Repentigny (nord-est de l'agglomération montréalaise, Québec) emprunte alors la planche de snowboard de son grand frère et découvre les joies des acrobaties variées. Son immense potentiel éclate aux yeux du public et des observateurs en mars 2006. L'adolescent de treize ans éclabousse de son talent la prestigieuse compétition canadienne "Empire Shakedown" à Saint-Sauveur, dans les Laurentides, devant 28 000 spectateurs. Il effectue déjà le "backside 1080" et s'impose à la barbe de tous les favoris. Son entraîneur Max Hénault explique qu'il n'a jamais tenté une telle figure "en cinq ans de carrière professionnelle". Le jeune Sébastien, alors en sport-études au lycée de Val Saint-Côme, dit : "J'aime m'entraîner des heures et des heures. Et je crois que mon corps est fait pour ça !"

Des victoires et des vidéos

Aussitôt, il prend l'avion pour la première fois afin être filmé sur l'imposant Mont Hood dans l'Oregon (États-Unis) par une équipe qui vient de le repérer, où il découvre des énormes modules et s'envole tournoyer dans les airs. Sébastien Toutant va passer professionnel pour briller sur le circuit nord-américain, et aussi pour tourner des vidéos où on le voit "rider" partout où c'est possible (voir impossible), par exemple en milieu urbain sur des rampes d'escalier, des toits et façades de bâtiments, des tubes de béton, etc. En 2011, à 18 ans, il dispute ses premiers X-Games en slopestyle à Aspen, et les remporte. Il prend aussi la médaille d'argent du big air.

Déception à Sotchi en 2014

Devenu une des principales stars des compétitions professionnelles organisées sur son continent et dans le monde entier, "Seb Toots" s'aligne aussi sur la Coupe du monde FIS, où il impressionne dès novembre 2010 en remportant le big air à Stockholm. Vainqueur des X-Games 2013 à Tignes en slopestyle, il s'avance parmi les favoris vers les Jeux de Sotchi où l'épreuve devient olympique pour la première fois. Au parc extrême de Rosa Khutor à la veille de la cérémonie d'ouverture, le 6 février 2014, il prend la 3e place des qualifications et accède directement à la finale. 48h plus tard, surpris par les conditions de neige, son meilleur run est noté 58.50 et il se classe 9e de l'épreuve gagnée par l'Américain Sage Kotsenburg. "C’est sûr que c’est décevant, mais j’ai pu vivre l’expérience olympique et faire vivre les émotions à ma famille. Alors, en fin de compte, je pars d’ici la tête haute. J'ai beaucoup aimé pouvoir côtoyer des athlètes d’autres sports dans le village olympique", dit-il.

Alerte avant de disputer les Jeux de PyeongChang 2018

Le champion québécois continue par la suite à aligner victoires et podiums, avec au passage une médaille d'argent en slopestyle aux X-Games 2016, avant de vivre une saison 2016-2017 particulièrement brillante dans toutes les épreuves où il s'aligne... avec un nouveau passage en Coupe du monde en février 2017 où il remporte une belle victoire en slopestyle à Québec.  Il ne le révèlera que plus tard, mais si on ne le voit pas souvent lors de l'hiver olympique 2017-2018, c'est en raison d'une blessure, un disque du dos compressé qui l'oblige à s'entraîner dans les gymnases alors que ses coéquipiers de l'équipe olympique canadienne Max Parrot et Mark McMorris se préparent sur la neige. Les temps sont durs de novembre 2017 à janvier 2018.

Le coup passe tout près en slopestyle 

Et voilà Sébastien Toutant au départ de l'épreuve olympique de slopestyle des Jeux de PyeongChang, au Phoenix Park le 10 février, après avoir pris la 3e place des qualifications. Il rate son premier et son deuxième runs, puis passe tout près d'un très gros coup sur le troisième, malheureusement, il chute à la réception du dernier tremplin et se contente de la 11e place, alors que Parrot prend l'argent, et McMorris le bronze, derrière l'adolescent américain Redmond Gerard.  Ce n'est que partie remise, car la journée du 24 février lui appartient ! Sur la gigantesque rampe du big air d'Alpensia, qui fait face aux tremplins de saut, devant un public nombreux et enthousiaste, il inaugure avec panache le palmarès olympique de la discipline.

Victoire historique !

En big air, les concurrents disposent de trois tentatives et il doivent poser deux sauts, leur addition donnant le score final. Sébastien Toutant propose tout d'abord un cab triple cork 1620, puis enchaîne sur un backside 1620 triple cork. Deux figures d'une amplitude folle et d'une grande difficulté technique, parfaitement exécutées : 84.75 + 89.50 = 174.25. Il est en tête, mais 4e partant sur la liste de départ, huit concurrents doivent encore s'élancer. Et il reste le 3e saut. "Mon premier saut aurait pu être mieux, mais je suis content d'avoir atterri. Plusieurs gars sont tombés. Le deuxième saut m'a permis d'augmenter mon score. Je crois que ça a mis de la pression sur les autres. Ils devaient faire de gros sauts pour viser le podium", explique-t-il. Il peut bien tomber sur sa 3e tentative, Personne ne fera mieux. L'or est à lui, devant l'Américain Kyle Mack (168.75) et le Britannique Billy Morgan (168.00).

En route pour de nouvelles aventures

"Je suis vraiment content. C'est ma première médaille d'or et je la gagne ici aux Jeux Olympiques. C’est incroyable. J’ai eu beaucoup de problèmes de dos ces derniers temps. Il y a deux mois, je ne pouvais même pas faire de snowboard. Et le fait d’avoir pu montrer à tout le monde ce dont j’étais capable, c’est extraordinaire. Je veux essayer de savourer chaque moment", dit le nouveau champion olympique qui entre dans l'histoire. Premier pour toujours !  Et après ? À la presse canadienne, il annonce : "Je vais continuer de faire des films, à participer à des compétitions. Mais c'est sûr que cette victoire aura un gros impact pour moi, pour mes nouveaux projets. Je veux que mon sport continue de bien évoluer et ma parole aura plus de poids !"

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