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La genèse de l’idée du baron Pierre de Coubertin, selon laquelle le sport constituait l’un des droits fondamentaux dont devait pouvoir jouir tout être humain, découlait très vraisemblablement, dans un premier temps, d’un discours que Jules Simon, ancien premier ministre de l’époque, avait prononcé devant l’Assemblée Générale des Unions pour la paix sociale de Frédéric Le Play, tenue à Paris en 1887. 

Le jeune baron Pierre de Coubertin avait déjà eu l’occasion de se rendre à plusieurs reprises en Angleterre, afin d’y étudier le modèle pédagogique adopté par les écoles et universités anglaises. C’est ainsi qu’il avait commencé à élaborer des projets visant l’intégration du sport et des jeux dans le système scolaire et académique français. Mais c’est réellement lorsqu’il entendit Jules Simon parler du sport en tant que droit de l’homme que ses idées se précisèrent. "Le droit que je réclame pour nos enfants est le droit de jouer",  déclarait Jules Simon. Ce que Pierre de Coubertin entendit, dans cette éloquente reconnaissance par Jules Simon de la nécessité d’inclure l’éducation physique dans le parcours scolaire des enfants français, n’était autre que les idées qui prenaient déjà forme dans son esprit et qu’il ressentit dès lors comme étant exprimées avec clarté et conviction. 

Cette conviction – selon laquelle le sport appartenait à tous et devait être pratiqué par tous – prit de plus en plus d’ampleur, au fur et à mesure que la philosophie de l’athlétisme du baron de Coubertin façonnait sa vision d’une renaissance des Jeux Olympiques de l’ère moderne. Cependant, tout le monde n’était pas d’accord avec sa conception libérale. En réalité, nombreux étaient ceux qui voyaient dans le sport une sphère d’activités réservées aux classes aisées. C’est pourquoi, à la fin du XIXe siècle, alors qu’il lançait les premiers Jeux Olympiques modernes, Pierre de Coubertin devait lutter contre cette idée encore largement répandue.  Pour reprendre ce qu’il devait écrire plus tard dans ses mémoires : “ Le sport n’est pas un objet de luxe, une activité d’oisif non plus qu’une compensation musculaire du travail cérébral.” Ce combat fut une lutte permanente tout au long de sa carrière, en particulier sur le plan de la définition en constante évolution du concept d’amateurisme, définition qui n’était en réalité qu’une manière d’exclure certains groupes sociaux des compétitions sportives.

Plus de quarante ans après avoir entendu Jules Simon énoncer ses idées, le baron de Coubertin concluait ses Mémoires olympiques par une déclaration éloquente, qui traduisait clairement sa position sans concession sur le fait que le sport appartenait à tous :  "Il (le sport) est pour tout homme une source de perfectionnement interne éventuel non conditionnée par le métier. Il est l'apanage de tous au même degré sans que son absence puisse être suppléée..."

Au terme de la Première Guerre mondiale, le baron veilla à ce que ses collègues prennent bien la pleine mesure de ses convictions concernant le fait que le droit au sport devait s’étendre à tous. Pour le baron de Coubertin, cela signifiait rendre le sport accessible à tous ceux qui, jusque-là, n’avaient pu profiter de ses bienfaits, soit en particulier les enfants de la classe ouvrière et des pauvres. Selon lui, la mission du Mouvement olympique devait être élargie sans attendre, dès le lendemain de la guerre, afin de bénéficier à toutes les classes sociales. “Notre Comité a lutté plus que quiconque pour en faire le plaisir habituel des jeunes gens de la petite bourgeoisie ; il doit maintenant être rendu pleinement accessible à l’adolescence prolétarienne. Tous les sports pour tous, telle est la nouvelle formule nullement utopique à la réalisation de laquelle nous devons nous consacrer. ”


LA VISION DE COUBERTIN SUR :

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