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PARIS 1924

LE PROJET

Après l’attribution des Jeux Olympiques à Paris en 1921, la sélection du stade olympique fait l’objet d’intenses débats et de tergiversations pendant plus d’un an. En effet, le stade Pershing, construit en 1919 par les Américains et qui a accueilli les Jeux Interalliés, n’a pas une capacité suffisante pour accueillir les Jeux Olympiques de 1924, mais la ville de Paris refuse de financer la construction d’un nouveau stade. En 1922, le gouvernement français tranche : c’est le Parc des Princes qui est retenu avec des subventions du Parlement à hauteur de 20 millions de francs et de la Ville de Paris à hauteur de 10 millions. Mais cette situation ne convient pas aux élus de la ville soucieux de dépenser le moins possible pour l’organisation des Jeux Olympiques. C’est donc le club parisien du Racing Club de France (RCF) qui s’engage à réaménager les infrastructures qu’il possède à Colombes en échange de 50 % des recettes du Comité Olympique Français (COF) durant la période des Jeux.

À l’issue d’un concours organisé par le COF qui rassemble sept cabinets spécialisés, c’est l’architecte Louis Faure-Dujarric (ancien coureur à pied et capitaine de l’équipe de rugby du RCF) qui, classé premier, se voit confier la rénovation du stade. Ce dernier se situe sur le terrain de l’ancien champ de courses hippiques dont la superficie de 16 hectares et demi permet de remodeler entièrement le stade d’athlétisme et de construire un stade de tennis ainsi qu’un stade nautique.

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ARCHITECTURE

Pour tenir les objectifs budgétaires, l’architecte élabore un édifice d’une grande simplicité. À l’intérieur du stade, on retrouve une piste ovale, d’une longueur inhabituelle de 500 mètres, entourée de gradins pourvus de 10 000 places assises dans chacune des deux tribunes latérales couvertes (tribune d’honneur et tribune du marathon). Le toit de tôle ondulée, d’une longueur de 144 mètres, est soutenu par une charpente métallique. Sa conception est une performance technique puisque, afin de ne pas masquer la vue des spectateurs, la toiture repose sur dix pylônes seulement, disposés tous les 16 mètres. Dans les deux virages non couverts, 40 000 spectateurs au total peuvent se rassembler debout. Les gradins reposent eux sur une structure mixte : un remblai pour la partie inférieure et une ossature en béton armé pour la partie supérieure. Ce choix d’utiliser deux techniques de construction différentes pour transformer les tribunes provient d’une volonté de diminuer les coûts au maximum. Sous la tribune d’honneur se trouvent 35 vestiaires qui permettent d’accueillir 1 200 athlètes. Les alentours du stade sont aussi épurés puisque seul le mur qui clôture le périmètre de l’édifice est agrémenté de moulages de statues d’athlètes. Enfin, tous les éléments du stade ont une couleur propre et une harmonie d’ensemble se dégage donnant un « caractère extrêmement gai, sain et sportif » (Citation de Francis Rod, ingénieur des Arts et Manufactures.) au stade. En effet, l’enceinte extérieure est recouverte d’un enduit d’ocre jaune, les portes sont peintes en bleu, la piste en mâchefer surcuit est d’un rouge intense et ses bordures en ciment sont peintes en blanc.

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PARTICULARITÉS

Avant de rénover le stade et de construire les autres infrastructures nécessaires aux Jeux Olympiques (piscine et courts de tennis), le Racing Club de France passe un accord avec le Comité National des Sports (CNS) (Dès 1894, un Comité Olympique Français (COF) est créé à la demande de Pierre de Coubertin et quelques années plus tard une autre entité - le Comité National des Sports (CNS) - est instituée en parallèle. De 1913 à 1925, le Comité National des Sports (CNS) et le Comité Olympique Français (COF) fusionnent et disposent d’un siège social commun et d’un président commun. À partir de 1925, les deux comités choisissent de se doter chacun d’une direction distincte. Le COF demeure placé sous la responsabilité du CNS. Finalement en février 1972, les deux comités fusionnent pour donner naissance au CNOSF, entité actuelle.) et accepte de le mettre à disposition à raison de 15 dimanches par an pour encourager la pratique sportive. Les deux parties sont gagnantes puisque le Racing Club de France obtient des garanties financières et l’assurance de voir son stade devenir le plus important de France, alors que le CNS peut utiliser des infrastructures neuves, rassemblées dans un même lieu, sans devenir propriétaire, ce qui lui permet d’éviter les charges financières.

Si pendant les Jeux, l’enceinte se distingue par la pureté et la simplicité de son architecture, certaines installations comme les douches disposant d’eau chaude, l’éclairage électrique ou encore le chauffage des locaux donnent aux athlètes une impression de luxe et un sentiment de modernité.


Le stade est convivial et c’est notre maison. Alors, elle n’est pas forcément la plus belle ni la plus confortable mais c’est la nôtre et on n’est jamais aussi bien que dans sa maison. Henry Chavancy Joueur et capitaine de l’équipe de rugby du Racing 92, ayant joué au stade olympique Yves du Manoir jusqu’en décembre 2017.

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APRÈS LES JEUX

Le stade est agrandi en prévision de la Coupe du monde de football de 1938. Trois matchs s’y déroulent dont la finale. En 1939, il est réquisitionné par l’armée française. Ensuite, jusque dans les années 1970 et la reconstruction du Parc des Princes, de nombreuses finales de coupes de France et des matchs de rugby du tournoi des V Nations ont lieu dans le stade ainsi que quelques événements extra sportifs (l’opéra Aïda de Verdi en 1932). À compter de cette période, le stade accueille de moins en moins d’événements internationaux et seul le Racing Club de France continue d’occuper les lieux avec ses différentes équipes. Jusqu’en décembre 2017, le stade accueille les matchs de rugby du Racing 92 (nouveau nom du RCF).

Pour les Jeux Olympiques de Paris 2024, le stade sera le théâtre des épreuves de hockey sur gazon.

LE SAVIEZ-VOUS ?

- Durant les travaux de reconfiguration du stade, le Racing Club de France continue d’organiser des épreuves sur son terrain central.

- Dans la nuit du 20 au 21 juillet, 1 500 mètres cubes de sable sont transportés et répandus sur la pelouse pour permettre la tenue de l’épreuve équestre.

- Lors de la finale du tournoi de football des Jeux de 1924, plus de 15 000 spectateurs ont dû rester à l’extérieur du stade en raison de l’affluence extrêmement importante lors de ce match.

- L’Uruguay, vainqueur du tournoi de football, a donné le nom de Colombes à l’un des virages de son stade du Centenaire à Montevideo.

SOURCES

- Florence Pizzorni-Itié, Les yeux du stade : Colombes, temple du sport, Musée municipal d’Art et d’Histoire de Colombes, Éditions de l’Albaron, Thonon-les-Bains, pp. 72-91.
- Francis Rod, « Constructions civiles : Le stade olympique de Colombes, près de Paris », Le Génie Civil, 44e année, t. 85, n° 6, 9 août 1924, pp. 127, 128.
- Jean-François Fournel, « Que reste-t-il des Jeux Olympiques de Paris 1924 ? », La Croix, 25 août 2017.
- Les Jeux de la VIIIe Olympiade Paris 1924 : rapport officiel, Comité Olympique Français, Librairie de France, Paris, 1924, 45, 46, 50, 52, 53, 75, 225, 814, 815, 816.
- Michaël Delépine, « Le stade de Colombes et la question du grand stade en France (des origines à 1972) », Sciences sociales et sport, 2014/1, n° 7, pp. 93, 96.
- Raymond Pointu, Camille Sève, Paris Olympique, Éditions du Panama, 2005, pp. 108- 112.
- Thierry Terret, Les paris des Jeux Olympiques de 1924, vol. 1, Les paris de la candidature et de l’organisation, Atlantica, Biarritz, 2008, pp. 127-150.
- VIIIe Olympiade, Paris 1924 : Programme des Jeux Olympiques : Équitation, Comité exécutif des Jeux de la VIIIe Olympiade, Paris 1924.



STADE OLYMPIQUE
Dénomination: Stade olympique de Colombes puis stade olympique Yves-du- Manoir (1928-2018)
Localisation: 12 Rue François-Faber, 92700, Colombes, France
Statut: Totalement réaménagé pour les Jeux. Utilisé actuellement.
Concepteurs: Louis Faure-Dujarric (architecte), Société de construction Edmond Coignet (travaux de béton armé), Établissements Haour Frères (charpente métallique).
Coût: 4 millions de francs français
Capacité: 60 000 spectateurs
Dimensions: 243 m de long sur 161 m de large
Données additionnelles: Les tribunes d’honneur et du marathon font 144 m de long sur 26,73 m de large. 32 escaliers (huit dans les tribunes du marathon et d’honneur, quatre dans chacune des tribunes populaires). Dix bouches d’arrosage tous les 48 m pour entretenir la pelouse du terrain de football et des terrains de concours.
Construction: Août 1922 - novembre 1923
Inauguration officielle : 4 mai 1924 (Match de rugby entre la France et la Roumanie)
Evénements durant les Jeux : Athlétisme (départ et arrivée du marathon, de l’épreuve de marche et arrivée du cross-country), dressage et concours de saut d’obstacles en équitation (y compris concours par équipes), gymnastique, football et départ et arrivée de la course de cyclisme sur route. Cérémonies d’ouverture et de clôture.


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