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Date
07 août 1932
Tags
Los Angeles 1932

Zabala triomphe de manière épique au marathon

Dans le rapport officiel des Jeux de 1932, on peut voir une photographie granuleuse montrant les coureurs au départ du marathon. Devant se trouve un jeune homme de 20 ans, nommé Juan Carlos Zabala. Dans un peu plus de deux heures et quart à peine, il va devenir le plus jeune champion olympique du marathon.


Né à Rosario en Argentine en 1911, Zabala devient orphelin très tôt. C’est à la maison des enfants Marcos Paz, dans le Grand Buenos Aires, qu’il rencontre Alexander Stirling, un moniteur sportif qui deviendra finalement son entraîneur et son manager.

En 1931, Stirling conduit Zabala à la victoire au championnat d’Amérique du Sud du 10 000 m, ce qui décide l’entraîneur à se dépêcher de l’emmener en Europe un peu plus tard cette année-là, pour qu’il puisse engranger de l’expérience. À Vienne, Zabala bat le record du monde du 30 km et 18 jours plus tard, il remporte son premier marathon à Kosice, en améliorant le record du parcours.

Zabala n’en a pas encore fini de sillonner l’Europe. Onze jours après son marathon victorieux, il établit un nouveau record sud-américain de l’heure, parachevant une période extrêmement impressionnante.

À la lumière de ses performances de l’année précédente, Zabala va donc se rendre aux Jeux de Los Angeles avec l’étiquette de grand favori, un statut qu’il confirme deux mois à peine avant les Jeux en améliorant le record sud-américain du 10 000 m, lors d’une épreuve spéciale organisée à New York.

« Zabala est un jeune de 20 ans quelque peu timide, écrit un journal de l’Iowa peu avant les Jeux. Il a le gabarit typique d’un coureur, souple mais avec des jambes puissantes comme il se doit. Si on se fie à sa carte de visite, Zabala semble promis à un titre olympique. Ce qui est certain, c’est qu’aucun coureur américain n’a laissé entrevoir la possibilité de rivaliser avec l’Argentin. »

Les chances de Zabala s’orientent même à la hausse avec le forfait de Paavo Nurmi, neuf médailles d’or olympiques au compteur, à qui on a interdit de s’aligner à Los Angeles deux jours à peine avant la cérémonie d’ouverture. On estime en effet qu’il n’a plus le statut amateur.

Vingt-huit coureurs représentant 14 pays se présentent au départ de la course, longue de 42,195 km. La course s’élance du stade olympique, puis serpente sur un itinéraire tracé dans la ville avant de venir finir à nouveau dans la prestigieuse arène où quelque 75 000 supporters se sont rassemblés pour l’occasion.


Zabala prend rapidement la direction des opérations et il reste ainsi aux commandes sans être dérangé, jusqu’aux 10 derniers kilomètres. C’est seulement ensuite qu’il semble pouvoir être inquiété, mais il parvient dans les deux derniers kilomètres à repousser ses adversaires pour s’imposer avec plus de 300 mètres d’avance sur le Britannique Sam Ferris, deuxième d’une course qui a tenu toutes ses promesses.

Crédité de 2h21’36’’, Zabala réalise un double exploit : il établit un nouveau record olympique et devient le plus jeune vainqueur masculin d’un marathon olympique. D’ailleurs, comme le fait remarquer le rapport officiel, la course a été si serrée que les trois premiers coureurs à l’arrivée sont tous descendus sous l’ancien record olympique, propriété du Finlandais Hannes Kolehmainen depuis les Jeux de 1920.

«Arrachant le mouchoir qui lui servait de couvre-chef, Zabala a répondu au rugissement bruyant du public alors qu’il en terminait avec son dernier tour pour rallier l’arrivée, rapporte un journal de l’Utah. Tandis que les forces américaines parachevaient le triomphe de leur équipe par le relais du sprint, en ajoutant quatre nouveaux records du monde au tourbillon vertigineux du stade olympique, Zabala s’échinait dans les rues de la ville, en usant ses adversaires avec sa foulée métronomique qui l’a porté solidement jusqu’à l’arrivée. »

Quatre ans plus tard, Zabala sera légitimement confiant de rééditer son succès aux Jeux Olympiques de Berlin et peu de temps avant les Jeux, il va établir un nouveau record du 20 km. Malheureusement, il ne pourra prendre que la sixième place du 10 000 m olympique, alors que sur le marathon, il sera victime d’une chute et contraint à l’abandon peu après.

En 1939 sortira un film, dépeignant les jeunes années de la vie de Zabala à l’orphelinat de Marcos Paz. Seize ans après sa mort en 1983, il sera élu athlète argentin du siècle.

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