skip to content

Yuna Kim en James Bond Girl le 23 février 2010, sur la route d'une victoire historique

Yuna Kim a marqué l’histoire des Jeux Olympiques d’hiver. Elle réalise l'un des plus beaux exploits de ceux de Vancouver en 2010 en devenant la première médaillée d’or sud-coréenne en patinage artistique avec un record du monde de points (228,56). Tout commence le 23 février avec un programme court éblouissant effectué sur le thème de James Bond.

Née le 5 septembre 1990 à Buncheon, dans l'agglomération de Séoul, Yuna Kim se révèle au niveau international en décrochant son premier titre majeur en 2006 aux Championnats du monde juniors. Elle devance à cette occasion la Japonaise Mao Asada. L'année suivante, elle rejoint l'ancien double médaillé d'argent olympique canadien devenu un entraîneur réputé Brian Orser et s'installe dans sa ville de Toronto. En 2009, elle remporte les Championnats du monde ISU à Los Angeles, cette fois devant la Canadienne Joannie Rochette. Cette consécration mondiale la place naturellement au rang de grande favorite pour les Jeux de Vancouver.

Yuna Kim - Vancouver 2010 2010 Getty Images

En James Bond Girl pour son programme court

Elle va se révéler aux yeux du monde entier dès le 23 février 2010 en proposant son programme court sur la glace du Pacific Coliseum. "J'étais un peu nerveuse, mais pas trop. Je ne pensais à rien d'autre qu'à mon programme. C'est un programme court, donc j'allais réaliser trois sauts, trois pirouettes, et deux séquences de pas." Il se déroule sur un medley des musiques de James Bond.

Éblouissante par sa maîtrise technique et son expression artistique affirmée, elle exécute avec grâce les sauts les plus difficiles tels qu'une combinaison triple lutz-triple boucle piqué, un triple Flip, et un double axel. "Vers la fin de mon programme, alors que j'effectuais mes pas, je me sentais soulagée, plus détendue qu'avant, car j'avais déjà réussi mes figures les plus importantes. Mais je restais concentrée pour ne pas faire la moindre erreur. Puis j'ai fait très attention à ma dernière pirouette, car elle pouvait encore affecter le résultat. Parfois, quelques dixièmes de points décident de la victoire ou de la défaite."

Alors qu'elle va obtenir un score technique de 44,70, le plus haut jamais accordé, elle achève son ultime pirouette en joignant les mains pour faire comme si elle pointait un pistolet, avant de "souffler sur le canon", façon James Bond. "La dernière scène est très importante, car il en reste toujours une image forte. Tous les patineurs artistiques décident avec précaution quel sera leur dernier mouvement. Ce que j'ai fait n'était pas prévu au départ, mais il y a eu beaucoup de changements de dernière minute, et j'ai compris après la compétition que ce geste était resté célèbre", expliquera-t-elle.

Follement applaudie par le public qui garnit les gradins de la grande arène couverte de Vancouver, elle rejoint Brian Orser dans le "kiss and cry" et attend sa note. "Je n'ignorais pas que Mao Asada avait déjà récolté un bon score ; je restais donc très nerveuse, même si je savais que j'avais réussi mon passage et que j'avais fait tout ce que je pouvais, je pensais donc être première sans en être sûre jusqu'à ce que cela soit confirmé." Le score est de 78,50 et c'est un nouveau record du monde, qui lui permet de creuser un gouffre de 4,72 points sur Mao Asada alors que la Japonaise a elle aussi obtenu la meilleure note de sa carrière dans le "court".

Yuna Kim - Vancouver 2010 2010 Getty Images

Le feu à la glace

Deux jours plus tard, le 25 février 2010, Yuna Kim met le feu à la glace, captive le public et les juges, obtient les plus hauts scores jamais accordés à un patineur et remporte la médaille d’or à 19 ans. Elle marque durablement l’histoire olympique de la République de Corée en lui apportant son premier titre en patinage artistique, et devient la plus grande star sportive du pays du matin calme. Tout dans son patinage, de ses exploits techniques faits de combinaisons triple-triple ou de sa pirouette en basculement arrière estampillée "Yuna Camel", jusqu’à une grâce qui soulève une vague d’émotion parmi les 17 000 spectateurs privilégiés, font de sa prestation l'un des plus beaux exploits des Jeux d’hiver de 2010, salué par le président du CIO, Jacques Rogge, et couronné par un total cumulé de 228,56 points qui entre dans le livre Guiness des records.

Son programme libre est effectué sur le Concerto en Fa de Gershwin. Elle en gratifie le public d’une avalanche de combinaisons inouïes, notamment un double axel-double boucle piquée-double boucle, un triple salchow, un triple lutz et un double axel parfaitement exécutés qui confirment son aisance sur les éléments techniques. L’interprétation de sa chorégraphie est également un régal pour les spectateurs et téléspectateurs. La note record attribuée (150,06 pts) ne laisse aucun doute sur le résultat final. Elle a réalisé aux Jeux la meilleure performance de sa jeune carrière et c’est très logiquement qu’elle est sacrée championne olympique avec ce record total de 228,56.

Sur le podium, Yuna Kim est accompagnée par Mao Asada et Joannie Rochette. La République de Corée s’est trouvée une championne et une ambassadrice. "Quand j’étais petite, je n’aurai jamais pensé pouvoir gagner une aussi importante compétition. Pour une longue période, mon but était seulement d’aller patiner aux Jeux Olympiques puisque peu de Sud-Coréens l’avaient fait. Mais après avoir connu une belle réussite au niveau junior puis sénior, j’ai commencé à penser à la médaille d’or olympique, bien que ce fût déjà tard dans ma carrière", a-t-elle confié.

Yuna Kim - Vancouver 2010 2010 Getty Images

Ambassadrice des JOJ et des Jeux d’hiver de PyeongChang

Après son formidable exploit olympique, elle se classe encore 2e des Mondiaux 2010 et 2011, puis met sa carrière entre parenthèses durant presque deux années, expliquant en octobre 2011 :  "Après les Jeux l’an dernier, j’ai été entraînée dans un tourbillon d’activités, en plus de tous les préparatifs pour les compétitions. J’ai senti que j’avais besoin de faire une pause." Yuna Kim devient alors l’ambassadrice de charme de la candidature de PyeongChang pour les Jeux d’hiver 2018. Elle monte à la tribune devant les membres du CIO à Durban, le 6 juillet 2012. PyeongChang est élue au premier tour ville hôte des XXIIIes Jeux d’hiver.

Elle reprend la compétition en 2013 et remporte en mars un 2e titre de championne du monde à London (Canada). Favorite aux Jeux de Sotchi 2014, elle domine le programme court dans un mouchoir de poche avec la Russe Adelina Sotnikova et l’Italienne Carolina Kostner. Lors du libre, Yuna Kim, tout en légèreté et en grâce, est finalement devancée par Adelina Sotnikova et prend la médaille d’argent avant de tirer sa révérence. Elle devient alors la principale figure des Jeux d’hiver 2018, inlassable ambassadrice et membre du conseil exécutif du comité d’organisation (POCOG).

 

Avide de partager son expérience et de transmettre son savoir, Yuna Kim est également ambassadrice des Jeux Olympiques de la Jeunesse d’hiver à Innsbruck en 2012, tout comme à Lillehammer en 2016. C'est également elle qui allume la vasque olympique lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux de PyeongChang le 9 février 2018. Plus que jamais, elle reste la star des Jeux de 2010 qui a durablement marqué les esprits et l'histoire de son sport.

back to top En