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Yun Sung-bin, l’“empereur” du skeleton, refuse de se reposer sur ses lauriers

Aux Jeux Olympiques d’hiver de 2018 à PyeongChang, il aura suffi de moins de trois minutes et demie au Sud-Coréen Yun Sung-bin pour devenir le premier Asiatique à remporter une médaille d’or en skeleton, vendre son sport à une nation jusque-là invisible et se propulser au rang de maître de la discipline.


C’était comme si le visage de Yun et sa marque de fabrique, son casque Iron Man, étaient partout dans les mois qui ont précédé les Jeux Olympiques d’hiver de 2018 à PyeongChang alors qu’il incarnait l’espoir avec un grand E pour la nation hôte de décrocher l’or ailleurs que dans le patinage de vitesse sur piste courte, sa discipline de prédilection.

Le jeune homme de 23 ans aura été à la hauteur des espoirs placés en lui : deux jours durant, en février, sur le centre de glisse d’Alpensia, il se montra étonnamment rapide lors de ses quatre courses pour un temps cumulé de trois minutes 20,55 secondes, ce qui lui permit finalement de coiffer sur le poteau l’athlète olympique de Russie Nikita Tregubov avec une avance de près de deux secondes, une différence énorme en termes de skeleton.

La gratitude affichée à son égard par sa patrie atteignit des niveaux tels qu’on lui accorda le surnom  d’« empereur ». Désormais, il compte parmi les athlètes les plus populaires de la République de Corée et son sport connaît un essor fulgurant dans le pays alors qu’il était pratiquement inconnu avant PyeongChang. À 25 ans, il mise sur sa réussite et se focalise désormais sur Beijing 2022 où il entend bien réitérer son exploit.

 

“PyeongChang a été tout pour moi,” explique-t-il. “Devenir membre de l’équipe de Corée aux Jeux a été la raison principale qui m’a poussé à me mettre au skeleton. C’était l’occasion de ma vie. J’avais tellement d’espoirs et cela m’a aidé à endurer tous les moments difficiles et les entraînements ”.

“Après les Jeux Olympiques, les gens étaient plus nombreux à me reconnaître, à me féliciter et à me soutenir. Ils ont commencé à m’appeler l’‘empereur’. Or, je veux justement être un athlète qui est constamment dans l’excellence, comme un empereur”.

Yun a grandi à Namhae, ville située dans le sud de la Corée. C’est son professeur d’éducation physique qui lui a suggéré de s’initier aux sports de glisse en 2011, alors que PyeongChang s’était vu attribuer les Jeux.

Yun Sung-bin 2018 Getty Images

“Je ne connaissais pas grand-chose au skeleton, et mon entourage non plus. À première vue, j’ai pensé que ce serait excitant, comme d’aller sur un manège de montagnes russes. Mais à ma première descente, j’ai réalisé que ce ne serait jamais facile de dévaler la piste à plus de 100 km/h”.

La surprise passée, il s’adapta à son nouveau sport et se mit à remporter des médailles en 2013, en bronze pour commencer, lors de la North American Cup à Park City, en Utah. Mais les voyages pesaient sur le jeune homme qui avait le mal du pays.

Yun Sung-bin 2018 Getty Images

“Au début, j’étais tout excité à l’idée de voyager à l’étranger mais c’était difficile de passer des mois loin de la maison. Et la langue aussi était un obstacle. Mais quand j’ai décroché ma première médaille de Coupe du monde, en 2014 à Calgary, ça m’a encouragé, je me suis mis à réfléchir à ce qu’il fallait faire pour conserver ce niveau. Avant la médaille, je pensais seulement aux médailles et après la médaille, d’autres objectifs ont commencé à se profiler. J’ai bien réussi dans les saisons précédant les Jeux et j’attendais de bons résultats à PyeongChang”.

Il pense qu’avoir su garder son calme explique sa  constance durant ses courses en 2018. “Je n’ai pas accordé une importance spéciale aux Jeux Olympiques, au contraire. J’ai abordé les courses comme lors de n’importe quelle compétition. J’étais en forme; je devais juste donner le meilleur de moi-même. En plus, le fait de concourir chez moi a renforcé mon mental et trop se focaliser sur les erreurs est une gêne pour la glisse”.

Yun Sung-bin Getty Images


Sa réussite, couplée à la construction d’une piste de haut niveau pour les Jeux, témoigne que le skeleton vient rejoindre le bobsleigh et la luge au rang des sports populaires en République de Corée. “Cela aura pris beaucoup de temps mais désormais le skeleton est connu en Corée. J’apprécie le fait qu’il attire davantage l’attention qu’auparavant et j’aimerais être une source d’inspiration pour tous ceux qui rêvent de le pratiquer. Je n’oublierai jamais les Jeux de PyeongChang”.

Maintenant, Yun se concentre sur les Jeux Olympiques d’hiver de 2022 à Beijing. “Je m’entraîne entre cinq et six heures par jour en levant des poids et en variant les types de sessions. Avant PyeongChang, j’ai beaucoup tâtonné et commis des erreurs mais maintenant je sais mieux comment me préparer pour des Jeux”.

Yun Sung-bin 2018 Getty Images

Il est clair que l’Iron Man de la République de Corée a encore un grand potentiel, lui qui s’identifie toujours avec le super héros sur son casque qui, tout comme Yun, incarne la symbiose parfaite entre l’homme et la machine. “Alors que d’autres héros sont créés par des forces inconnues, ce qui me plaît tout particulièrement chez Iron Man, c’est qu’il est devenu héros grâce à lui-même”.

“Une piste de skeleton comporte toujours une section avec un grand virage ; un jour, alors que je regardais un athlète passer le virage ça m’a fait penser à Iron Man qui volait dans les airs. C’est pour ça que j’ai fait le casque Iron Man”. C'est la vue de ce casque que ses adversaires redouteront à l’approche de 2022.

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