skip to content
Sarajevo 1984

Weissflog réalise le plus beau saut de sa carrière

Il ne fait aucun doute que le point culminant de la longue carrière de Jens Weissflog, le sauteur de ski allemand, a été sa première médaille d’or olympique, en 1984 à Sarajevo.


Ce titre constitue le premier temps fort d’une carrière aussi remarquable par sa longueur que par son degré d’excellence, carrière que Weissflog a effectuée sous les couleurs de l’Allemagne de l’Est, puis de l’Allemagne réunifiée.

Surnommé « la puce » en référence à son petit gabarit, Weissflog, originaire d’Erlabrunn dans le massif d’Erzgebirge, fait irruption sur la scène internationale avec fracas lors de la saison 1983-1984 en remportant, à 19 ans, la prestigieuse Tournée des Quatre-Tremplins.

Il affiche ses intentions en portant le record du monde à 107 m lors de la première de ses quatre victoires combinées dans l’épreuve mythique. Lorsqu’il arrive aux Jeux dans l’ex-Yougoslavie à peine quelques semaines plus tard, il est de surcroît en tête de la Coupe du monde.

Du haut de ses 1,70 m, le jeune Est-Allemand ne déçoit pas en s’appropriant la médaille d’or de la compétition au tremplin normal de 70 m, en battant le Finlandais Matti Nykänen, deuxième grâce à son second saut à 87 m.

Au grand tremplin, Nykänen, réputé pour sa fougue, donne tout ce qu’il a pour prendre sa revanche et signe deux sauts quasiment parfaits, ce qui lui permet de reléguer Weissflog, auteur de deux sauts à 107 m, à la deuxième place.

Ce dernier repart des Jeux en ayant marqué la compétition et il gagne le titre mondial au tremplin normal l’année suivante à Seefeld en Autriche tout en parachevant sa victoire par une troisième place dans l’épreuve par équipes. Il obtiendra un nouveau titre mondial individuel au tremplin normal en 1989.

Au total, outre ses deux titres mondiaux, Weissflog obtiendra trois deuxièmes places au grand tremplin individuel et par équipes, et deux troisièmes places. Il obtiendra de surcroît une deuxième place en 1985 et une troisième place cinq ans plus tard aux Championnats du monde de vol à ski, version plus extrême du saut à ski.

Après Sarajevo, sa carrière olympique est cependant émaillée de contretemps et il lutte pour s’adapter à la nouvelle technique de saut en V, introduite à la place des sauts skis parallèles. Aux Jeux de 1988, il se classe ainsi neuvième au tremplin normal et 31e au grand tremplin. Et ce sera encore pire en 1992.

Ces hauts et ces bas, doublés des exigences physiques phénoménales et des risques inhérents au saut à ski, auraient sans doute persuadé d’autres concurrents qu’il était temps de raccrocher. Weissflog, lui, va continuer à sauter et ces années maussades vont être égayées par quelques beaux rayons de soleil, tels que sa double victoire au fameux festival de Holmenkollen en 1989 et 1990.

Après un retour en forme progressif, il prendra sa place dans l’équipe d’Allemagne unifiée appelée à participer aux Jeux Olympiques de 1994 à Lillehammer, dix ans après ses débuts à Sarajevo. Lorsque les Jeux démarrent, il est même favori au grand tremplin, du moins s’il arrive à battre Espen Bredesen, le favori du cru.

Dès son premier saut, le Norvégien améliore le record olympique. Mais la deuxième tentative du vétéran allemand, un saut planant de 133 m, est si proche de la perfection que Bredesen, le chouchou des Norvégiens, en reste bouche bée.

Weissflog enlève donc légitimement l’or et complète sa moisson avec un nouveau titre, deux jours plus tard, dans l’épreuve par équipes. Il est ainsi le seul concurrent des Jeux à avoir déjà été médaillé à Sarajevo.

back to top En