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Date
31 oct. 2016
Tags
Volleyball , Rio 2016 , Actu CIO

Volleyball : le Brésil et la Chine vainqueurs de tournois spectaculaires et indécis!

Les deux compétitions de volleyball des Jeux de Rio 2016 ont été les plus disputées depuis plusieurs décennies, avec huit prétendants sérieux dans l’épreuve masculine finalement gagnée dans une ambiance de feu par le Brésil, et une série de grosses surprises dans le tournoi dames dont la Chine est sortie gagnante.

Quel tournoi au Maracanãzinho, chez les hommes ! Au départ, pas moins de huit équipes (Brésil, États-Unis, Pologne, Italie, France, Russie, Argentine et Canada) pouvaient prétendre au podium. L’équipe américaine, classée No 1 mondiale, a perdu ses deux premiers matches du premier tour, mais s’est reprise pour atteindre les demi-finales où elle a été sortie par l’Italie, 3-2. De son côté, le Brésil a éliminé la Russie, tenante du titre, 3-0 (revanche de l’incroyable finale des Jeux de Londres 2012) avant de retrouver l’Italie qui l’avait battu au premier tour ! 

« Ce fut le tournoi olympique masculin le plus équilibré depuis les années 1980 », a dit l’ancien international argentin Raul Lozano, devenu l’entraîneur qui a emmené l’Iran en quarts de finale à Rio (défaite face à l’Italie 3-0). « Beaucoup d’équipes pouvaient prétendre à l’or ! ». Un avis partagé par l’artificier américain Matt Anderson : « Nous avions huit équipes qui se sont battues durant tout le tournoi pour les médailles. Quand la différence entre adversaires est si mince, la victoire peut pencher d’un côté ou de l’autre pour n’importe quelle équipe ». 

Le France, championne d’Europe et vainqueur de la Ligue mondiale en 2015, n’a pas dépassé le premier tour dans la poule A avec trois défaites dont la dernière, décisive face au Brésil. Ce dernier a pu ainsi se qualifier de justesse pour les quarts de finale en terminant quatrième de cette même poule, dominée par l’Italie, alors qye le Canada a fini 2e devant les États-Unis grâce à son étonnante victoire 3-0. L’Argentine et la Pologne ont pris les deux premières places de la poule B devant la Russie, avec quatre victoires chacune. Dans ce groupe, l’Iran qui disputait ses premiers Jeux en volleyball a été l’invité surprise des quarts de finale en obtenant deux succès probants, 3-0 face à Cuba et à l’Égypte. 

L’Italie, les États-Unis, la Russie et le Brésil sont sortis sans dommages des quarts de finale en éliminant respectivement l’Iran, la Pologne, le Canada et l’Argentine. L’Italie est ensuite venue à bout de l’équipe américaine lors d’une demi-finale marathon de 2h28 qui est allée jusqu’au tie-break du 5e set, conclu 15-9 par la formation européenne, qui a contraint le sept adverse à disputer le match pour la médaille de bronze face à la Russie. 

Les volleyeurs brésiliens mettent le feu au Maracazihno! 
Au dernier jour des Jeux de Rio, les volleyeurs brésiliens ont fait chavirer de bonheur leurs 12 000 supporteurs du Maracanãzinho en remportant la médaille d'or aux dépens de l'Italie, 3 à 0 (25-22, 28-26, 26-24). Ce titre était l'un des plus avidement espéré dans ce pays où le volleyball est le sport de balle le plus suivi après le football. Il s'agit d'une reconquête pour le volley brésilien qui n'avait plus gagné de compétition majeure depuis le Mondial 2010 ni de Jeux Olympiques depuis 2004.

De l'équipe sacrée à Athènes, il restait sur le terrain le libéro Sergio, âgé de 40 ans, et sur le banc le grand entraîneur Bernardinho. L'aventure brésilienne avait commencé sans lui en 1992 avec une première médaille d'or à Barcelone, mais depuis, il a été de toutes les victoires: trois titres mondiaux (2002, 2006, 2010), deux médailles d'or olympiques et neuf Ligues mondiales !

Plusieurs joueurs ont pris leur revanche sur les Jeux de Beijing et de Londres où les Brésiliens, pourtant favoris en tant que champions du monde en titre, avaient échoué en finale contre les États-Unis puis la Russie. Le passeur Bruno, fils de l'entraîneur, en fait partie.

Getty Images

Après ses frayeurs du premier tour, l'équipe a retrouvé son vrai visage dans le sillage de son superbe attaquant de pointe Wallace, meilleur marqueur de la finale avec 20 points. Ni les Argentins en quarts (3-1) ni les Russes en demi-finale ni même les Italiens en finale n'ont pu les freiner.

Les Brésiliens ont quand même dû lutter dans les trois manches de la finale, notamment dans la deuxième où ils ont sauvé des balles de set. Mais ce sont toujours les Italiens qui ont commis les erreurs fatales. Pour la Nazionale, c'est un sixième podium olympique, mais la première marche reste inaccessible.

« C’était un match très tendu, a expliqué le joueur brésilien Bruno Rezende. Les deux équipes ont fait pas mal d’erreurs dans le premier set. Nous sommes restés agressifs sur nos services. Notre principale qualité, c'est la résistance. C’est ce qui nous a portés jusqu’à l’or. »

« Bravo le Brésil ! , a lâché l’Italien Emanuele Birarelli. Ils ont gagné l’or avec beaucoup de mérite. Moi, je suis fier de la façon donc nous avons joué. On aurait pu faire mieux, mais nous n’étions qu’à un pas de l’or. Je suis un peu triste et amer. Nous aurions pu leur rendre la vie plus dure. Mais nous avons laissé beaucoup d’énergie dans la demi-finale. On était près du 2e set mais on n’a pas été capables de finir. Nous n’avons pas bien servi, alors que d’habitude, c’est notre point fort. » 

Les Américains ont pris la médaille de bronze contre les Russes, 3 à 2, en remontant deux sets (23-25, 21-25, 25-19, 25-19, 15-13). Ils ont bouclé la partie au tie-break sur un ace d’un de leurs meilleurs joueurs, Matt Anderson. 

L’équipe des États-Unis à Rio était très jeune, avec huit joueurs n’ayant jamais participé aux Jeux, mais elle était à Rio pour tenter d’apporter une quatrième médaille d’or en volleyball à son pays, et comptait parmi les favoris après avoir remporté la Coupe du monde en 2015. « Ce n’était pas le scénario que nous avions planifié et voulu, mais c’est un grand honneur de rentrer à la maison avec une médaille olympique, et nous allons la porter fièrement », a indiqué le joueur américain Micah Christenson. 

La Chine prend le meilleur sur la Serbie en finale féminine 
Les jeunes joueuses de l’équipe de Chine sont venues à bout d’une formation serbe en feu, le 20 août, s’imposant finalement en quatre sets pour apporter à leur pays sa troisième médaille d’or dans la discipline. La Serbie a atteint pour la première fois ce niveau et ne s’était encore jamais battue pour une médaille en volleyball aux Jeux. Si elle avait dominé la Chine 3-0, au premier tour dans la poule B, le 12 août, la puissance asiatique l’a emporté en finale : 19-25, 25-17, 25-22, 25-23.

Les États-Unis ont gagné la « petite finale » plus tôt dans la journée, en battant les Pays-Bas 3-1, une médaille de bronze en forme de maigre consolation pour l’équipe classée No 1 mondiale, médaillée d’argent en 2008 et en 2012, championne du monde en 2014, et toujours à la poursuite de l’or olympique. 

La Chine, entraînée par l’ancienne internationale Lang Ping, avait remporté le titre pour la dernière fois à Los Angeles en 1984, et Lang faisait partie de cette équipe dorée. « Avant ce tournoi 2016, nous n’avons jamais pensé que nous pourrions gagner l’or », a avoué Lang Ping, qui avait emmené l’équipe des États-Unis jusqu’à la médaille d’argent en 2008. « Je pense que nous avons eu de la chance. Nos jeunes joueuses n’ont pas été très bonnes au début, mais elles ont su hausser leur niveau dans les moments les plus importants ». Comme par exemple ces deux victoires au premier tour, face à l’Italie et à Porto Rico, qui leur ont permis de passer de justesse en phase éliminatoire, en terminant à la 4e place de leur groupe. 

Les Chinoises ont dû commencer à croire sérieusement en leurs chances lorsqu’elles ont réalisé un authentique exploit en éliminant devant leur public les Brésiliennes, double tenantes du titre, au bout du suspense, 15-13 au tie-break du 5e set en quart de finale, avant de dominer plus nettement les Pays-Bas 3-1 pour atteindre la finale. 

Les Serbes se sont pour leur part extraites du premier tour dans la poule B à la troisième place derrière les Américaines et les Néerlandaises qui les ont battues toutes deux. Elles ont appuyé sur l’accélérateur en quarts de finale, en sortant la Russie 3-0, avant de disputer elles aussi une partie à couper le souffle et indécise en forme de revanche face aux Américaines, finalement sorties en 5 sets (20-25, 25-17, 25-21, 16-25, 15-13). 

En finale, la Serbie a remporté le premier set 25-19 grâce à ses puissants services et aux smashes de sa meilleure marqueuse Braisa Mihailovic, mais la Chine a égalisé à un set partout (25-17), puis a définitivement pris le contrôle du match dans un 3e set ô combien important. L’équipe asiatique n’a plus été inquiétée par la suite, marquant même une série de huit points dans le 4e set que les Serbes sont parvenues à interrompre avant de céder sur un smash imparable de la canonnière chinoise Zhu Ting. 

Dans le match pour le bronze, les Américaines ont récupéré leur vedette, la contreuse centrale Foluke Akinradewo, qui avait dû quitter le terrain en demi-finale face à la Serbie après s’être blessée à une jambe. Grâce à son retour, les États-Unis se sont imposés face aux Pays-Bas, 25-23, 25-27, 25-22, 25-19. 

Akinradewo a expliqué que sa jambe gauche avait été correctement soignée pour lui permettre de disputer cette ultime rencontre, mais qu’avoir manqué une nouvelle opportunité de remporter l’or l’avait fait fondre en larmes. « C’est ce que nous voulions, bien entendu. Aucune équipe n’est venue ici sans la volonté de remporter l’or. Mais ce bronze est tout autant spécial pour moi, car nous avons été capables de nous reprendre après une terrible défaite où nous avons été à deux doigts de réussir ! ». 

A 55 ans, Lang Ping a donc remporté une deuxième médaille d’or, cette fois sur le banc, à la tête d’un jeune groupe de joueuses qui avaient démarré très difficilement le tournoi 2016. « Avec une équipe si jeune, vous ne savez jamais. Un jour, c’est super, un autre, ça ne l’est pas. Nous avons dû être patientes et prendre les matches un par un. Je suis très heureuse pour ces jeunes filles. Elles se sont entrainées très dur ! ». 
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