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Né le 19 mars 1989 à Eatonton (Géorgie), Vincent Hancock est un véritable phénomène du tir sportif. Carabine en mains au plus jeune âge, spécialisé en skeet (tir aux plateaux lancés de deux cabanes distantes de 40m, l’une haute et l’autre basse, avec des trajectoires définies et constantes, les tireurs se déplaçant en arc de cercle sur sept postes distincts pour les atteindre), il dispute sa première compétition à l’âge de 11 ans. Il en a à peine 16 lorsqu’il remporte son premier titre mondial en 2005. Et 18 lorsqu’il bat à Lonato (Italie), le record du monde de points en qualifications (125) et en finale (150, soit 125 + 25).
Le 15 août 2008, Vincent Hancock, 19 ans, termine premier des qualifications de la compétition olympique au Centre de tir de Beijing. Il bat le record olympique avec un total de 121. En finale le lendemain, le Norvégien Tore Brovold réussit le score parfait de 25 et le rejoint en tête, 145 partout, nouveau record olympique là aussi. Un barrage pour l’or est nécessaire dont le jeune américain sort vainqueur 4-3. Il est accompagné sur le podium par Brovold et par le Français Anthony Terras, qui dispute lui aussi un barrage pour arracher le bronze.
Durant les quatre années qui le séparent des Jeux de Londres, Vincent continue à aligner les victoires en Coupe du Monde ISSF, redevient champion du monde en 2009, remporte les Jeux Pan Américains en 2011, et arrive aux Royal Artillery Baracks favori pour se succéder à lui-même. Cette fois, les 30 et 31 juillet 2012, il n’y aura pas photo. Record olympique en qualifications (123), record olympique en finale (148) avec un 25, pour devancer sans trembler le Danois Anders Golding (146) et le Qatari Nasser Al-Attiyah (144).
Toujours au top, le sergent de l’US Army Vincent C.Hancock remporte son 3e titre de champion du monde en 2015, avant de se rendre en avril dernier au centre de tir de Deodoro pour disputer la compétition pré-olympique organisée dans le cadre du programme « Aquece Rio » en tant que N°1 du classement mondial.
« Tous les terrains de skeet sont les mêmes, chaque cible doit techniquement voler de la même façon, mais chaque centre de tir est différent », explique-t-il sur fond des collines qui entourent le site de compétition de Jeux de Rio. « L’environnement est différent, la lumière, la configuration du ciel, changent la façon dont nous voyons apparaitre les plateaux. Certains pas de tir sont plus rapides que d’autres, certains sont plus lents. Techniquement, tout se passe avec la même vitesse, les même réglages, mais tout est différent.»
Pour lui, cette compétition est idéale pour préparer la défense de ses deux titres : « On arrive donc sur le site de compétition, on regarde à quoi cela va ressembler, comment est le pas de tir, on voit ce que l’on ressent par rapport aux plateaux, on se règle par rapport au sol, l’espace extérieur n’est jamais le même. Ici, à Rio, c’est un entraînement particulier, car lorsque l’on arrivera aux Jeux Olympiques, ce centre de tir ne sera pas nouveau pour nous. Par conséquent, plus je peux pratiquer ici maintenant, plus cela m’aide pour l’échéance olympique. »
« Ici, dans cette épreuve pré-olympique, nous avons cinq tours d’entraînement, et cinq autres de compétition plus la finale. Et j’utilise tout. Je veux être sûr que j’ai pris de solides repères pour que, lorsque je reviendrai, tout soit exactement pareil. J’essaye de ressentir la vitesse, afin que je puisse rentrer à la maison et régler mes plateaux à la même vitesse qu’ici. Je regarde bien l’environnement avant de me demander s’il y a un centre de tir proche de chez moi, à une heure ou deux, où je peux me rendre, et qui ressemble beaucoup à celui-là en essayant de faire en sorte que les choses soient au maximum identiques. »