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Date
16 mars 2015
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Actu CIO

Vicent Jay : « Gagner une médaille d’or aux Jeux, c’est le graal, le top niveau du sport ».

Sacré champion olympique à l’arrivée du sprint en biathlon, médaille de bronze deux jours plus tard en poursuite, Vincent Jay a atteint le sommet de sa carrière en 2010 à Vancouver. Il revient sur ses exploits dans ce nouvel épisode de notre série « paroles d’Olympiens »


« Ce sont beaucoup, beaucoup de souvenirs » dit Vincent Jay, « C’est surtout la flamme olympique et la magie du Village, l’hymne national de mon pays avec le drapeau qui s’élève en face de moi. Ce sont des moments géniaux et inoubliables. La magie des Jeux, c’est que nous sommes tous ensemble, tous les athlètes, c’est une grande famille et on aimerait qu’elle dure plus de 15 jours. Malheureusement, les Jeux Olympiques sont trop courts ! ».

Lorsque le biathlète d’Albertville, 24 ans, s’élance au départ du sprint des Jeux Olympiques de Vancouver 2010 dans le stade de Whistler avec le dossard n°6 sur le dos, il ne compte pas parmi les favoris, y compris au sein de l’équipe de France. Pour cette première épreuve de biathlon des XXIe Jeux d’hiver, le 13 février, il va bénéficier d’une fenêtre météo exceptionnelle. Il file sur ses skis à une vitesse supersonique, effectue des passages éclair sur les stands de tir où il réalise le sans-faute, et réalise un temps de 24:07.8 que personne ne parviendra à améliorer, le Norvégien Emil Hegle Svendsen parti en 10e position, terminant à 12.2 avec une faute au tir, le Croate Jakov Fak enlevant le bronze à 14.0 et un sans-faute.

Quelle victoire ! « J'ai eu beaucoup de chance avec les conditions climatiques aujourd’hui », dira Vincent Jay à chaud. « La neige s'est mise à tomber à la fin de ma course, mais le tir est ma propre œuvre. Je voudrais aussi remercier l'équipe technique » dit-il en évoquant la cire magique qui lui a permis de glisser comme une fusée jusqu'au terme des 10km. « C'est à ce moment que j'ai compris que je pouvais gagner, puisque les conditions de glisse ont empiré sous la neige. J'ai compris aussi que j'avais mes chances après le tir debout. Je me suis dit "oui, c'est à moi !" ». Ce jour-là, il s’impose en fait pour la 2e fois à Whistler, ayant remporté son unique victoire en Coupe du monde un an plus tôt au même endroit à arrivée de l’individuelle 20km.

Emporté dans un véritable tourbillon, première médaille d’or française de ces Jeux, Vincent Jay ne réalise pas tout de suite la portée de son exploit. « C’était aux alentours de 3-4 heures du matin, une fois que je me suis retrouvé tout seul dans ma chambre avec ce bout de médaille en or, et c’est là où les émotions, la pression, le stress ont commencé à retomber et où les larmes ont coulé sur mon visage. C’est vraiment là, quand je me suis retrouvé seul dans mon lit, face à moi-même, que j’ai compris l’exploit que j’avais réalisé ». Deux jours plus tard, Vincent Jay embellit son palmarès en prenant la médaille de bronze de la poursuite. Il a atteint le sommet de sa carrière, et prendra sa retraite sportive en 2012, à 26 ans, avant de devenir directeur du club des sport de Val d’Isère et de fonder une famille avec la skieuse alpine Marie Marchand-Arvier.

« Gagner une médaille d’or aux Jeux olympiques, c’est atteindre le graal, le top niveau du sport. C’est l’objectif qui nous fait briller, qui nous fait nous entraîner quand il fait mauvais temps, quand il neige, quand on a froid, c’est cette petite chose, c’est l’Olympisme ! », conclut Vincent Jay.


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