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Date
11 sept. 2013
Tags
Mexique 1968

Věra Čáslavská confirme son statut de reine de la gym avec quatre nouveaux titres

Les hommes ont produit des performances remarquables pendant ces Jeux Olympiques mais il ne fait aucun doute que le rôle de la star de la gymnastique est revenu à une athlète féminine. Véritable phénomène, la Tchécoslovaque Věra Čáslavská est instantanément propulsée au rang d'icône internationale grâce à ses exploits sur les tapis mexicains.


Čáslavská n'est pourtant pas une inconnue à son arrivée à Mexico : elle a remporté trois médailles d'or lors des Jeux Olympiques de Tokyo, quatre ans auparavant. L'année précédente, elle a récolté deux notes parfaites à l'occasion des Championnats d'Europe. Elle s'apprête à réaliser un exploit historique en défendant son titre de championne du classement général sur deux olympiades, en passant par les Championnats du Monde et les Championnats d'Europe. Elle reste à ce jour la seule gymnaste à avoir réalisé une telle performance.
 
Les immenses qualités de Čáslavská sont donc déjà bien connues, mais sa popularité atteint de nouveaux sommets en raison de sa réaction aux événements qui se produisent dans son pays.

Deux mois avant le début des Jeux Olympiques, les chars soviétiques entrent en Tchécoslovaquie. Fermement opposée à l'intervention de l'URSS dans son pays, Čáslavská craint d'être arrêtée. Elle se cache pendant trois semaines, mais entretient sa forme en soulevant des sacs de pommes de terre. Finalement, son gouvernement lui accorde la possibilité de rejoindre le reste de l'équipe à Mexico.
Son séjour mexicain se solde par quatre médailles d'or, deux d'argent et une belle histoire d'amour avec le public mexicain. Chacune de ses apparitions suscite une véritable ovation. La championne répond en réalisant l'un de ses exercices au son du Jarabe tapatío, une danse très populaire au Mexique. Ces succès lui valent de devenir la première femme à conserver son titre au classement général.

Vingt-quatre heures après la fin de son concours, elle se marie à Mexico avec Josef Odlozil, lauréat du 1 500 mètres, devant une foule de 10 000 personnes.
En revanche, les autorités soviétiques accueillent son succès beaucoup plus fraîchement. À son retour, Čáslavská peine à trouver du travail. Le gouvernement tchécoslovaque finira par accepter de la renvoyer au Mexique pour entraîner l'équipe d'athlétisme, afin d'améliorer les relations entre les deux pays.

Après la chute du régime communiste, Čáslavská deviendra présidente du Comité National Olympique tchèque. Elle sera élue deuxième meilleure athlète de l'histoire du pays, derrière Emil Zatopek.

 

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