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Date
16 juin 2019
Tags
Actualités Olympiques, Grande-Bretagne, Aviron
Actualités Olympiques

Valeurs olympiques : Entretien avec les célèbres co-équipiers d'aviron Steve Redgrave et Matthew Pinsent

Les Britanniques Steve Redgrave et Matthew Pinsent ont remporté à eux deux pas moins de neuf médailles d'or olympiques, dominant les épreuves d'aviron des Jeux de Los Angeles en 1984 à ceux d'Athènes en 2004. Dans le premier article d'une nouvelle série mettant en vedette des stars d'hier et d'aujourd'hui et analysant la magie durable du plus grand spectacle sportif du monde, le duo de titans dévoile comment les Jeux ont défini leur vie.


Matthew Pinsent était un adolescent enthousiaste et extrêmement talentueux lorsqu'on lui demanda de sauter dans un bateau avec Steve Redgrave, alors déjà double champion olympique d'aviron, pour voir s'il y avait « compatibilité ». Et ce fut le cas.

Le duo a noué un lien extraordinaire, gagnant la médaille d'or dans la catégorie du deux sans barreur à Barcelone en 1992 et à Atlanta en 1996, avant de remporter un troisième succès consécutif - le cinquième pour Redgrave - quatre ans plus tard dans l'épreuve du quatre sans barreur aux Jeux de Sydney en 2000.

Matthew Pinsent, qui a remporté sa quatrième médaille d'or à Athènes en 2004, convient sans équivoque avec son co-équipier que les Jeux Olympiques ont changé leur vie pour toujours.

Qu'est-ce qui vous rend le plus fiers d'être des olympiens plusieurs fois champions olympiques ?

Steve Redgrave (SR) : Les Jeux Olympiques sont la plus grande scène pour l'aviron, et réaliser ses meilleurs résultats sous la pression la plus intense est très satisfaisant.  

Matthew Pinsent (MP) : Il s'agit d'une grande question. Ça change ta vie, ça change tout. C'est difficile de décortiquer et de comprendre pourquoi. Je suppose que c'est le sentiment de se consacrer sur une longue période à une chose qui est loin d'être certaine quand on commence. Voilà l'essentiel.

Qu'est-ce qui vous a poussé à consacrer autant d'années de votre vie à gagner des médailles d'or olympiques ? 

SR : N'étant pas un athlète professionnel, j'ai eu la chance de pouvoir m'entraîner à temps plein et d'avoir mes amis et ma famille qui me soutenaient. Et quelle chance de pouvoir suivre mes rêves et de faire quelque chose que j'aimais. Je ne pouvais être qu'assidu et déterminé avec le soutien que j'avais autour de moi.  

Que représentent pour vous les « valeurs olympiques » ? 

SR : Pour la plupart des sportifs, les Jeux Olympiques représentent l'apogée de leur carrière.  Pour moi, les « valeurs olympiques » désignent l'intégrité, l'honnêteté et l'esprit sportif. 

Getty Images


Quels sont vos premiers souvenirs des Jeux Olympiques et quel impact ont-ils eu sur vous quand vous étiez enfants ? 

SR : Quand j'avais 10 ans, j'ai regardé les Jeux Olympiques de 1972 avec mon père et j'ai vu Mark Spitz remporter ses sept médailles d'or, battant le record du monde dans les sept courses. Cela a eu un impact considérable sur moi, et j'ai pensé alors que ce serait formidable d'être champion olympique.

MP : Je les ai découverts en 1980 avec l'édition de Moscou. Pour ce qui est de vouloir y participer, peut-être les Jeux de 1984 mais plus certainement ceux de 1988. En 1988, j'ai regardé les épreuves d'aviron et je me suis dit : « Je veux faire ça ».


Qui était votre héros quand vous étiez jeune, et pourquoi ? 

SR : Comme la plupart des enfants suivaient le football, je voulais être gardien de but. Peter Bonetti de Chelsea était mon héros. C'était un personnage extravagant. J'ai eu la chance de le rencontrer il y a quelques années et c'est aussi une personne charmante. Quand j'ai découvert l'aviron, le Finlandais Pertti Karppinen, trois fois champion olympique, est devenu mon héros. Il a toujours été capable d'améliorer ses performances aux Jeux.  

Quel est, selon vous, le meilleur changement apporté aux Jeux Olympiques depuis votre première compétition ?

SR : Je suis très conservateur. Je suis heureux d'évoluer avec mon temps, mais je pense qu'il est important de faire écho aux idéaux de Pierre de Coubertin, lesquels consistent à réunir les jeunes tout en étant capable d'innover et de garder l'idéologie olympique vivante et d'actualité.


Si vous pouviez changer une chose au sujet des Jeux Olympiques, laquelle choisiriez-vous ? 

SR : Premièrement, je ferais en sorte que les sports olympiques soient plus accessibles à davantage de pays. Deuxièmement, j'imposerais des restrictions au niveau du nombre d'entraîneurs étrangers de sorte que les équipes d'encadrement soient davantage composées de personnes originaires du pays en question, tout en leur permettant bien sûr de bénéficier de l'expertise de pays plus expérimentés afin d'élargir les connaissances et les capacités du pays. Certains pays ne recrutent pas d'entraîneurs à l'échelle nationale car ceux-ci pourraient ensuite partir et exercer leur profession n'importe où dans le monde. C'est un équilibre difficile à maintenir, mais il est important que les pays forment leurs propres entraîneurs pour l'avenir.

Quel est votre moment olympique préféré ? 

SR : Faire partie du comité d'organisation des Jeux Olympiques de Londres 2012 et être le témoin de l'impact que l'événement a eu sur le pays tout entier. C'est un moment dont je suis extrêmement fier et que je chérirai à jamais.

MP : Pas facile de choisir ! C'était plutôt cool de voir les Jeux organisés dans mon pays, à Londres. Après avoir passé 20 ans de ma vie à m'entraîner pour participer aux Jeux, c'était génial de les voir de mon vivant au Royaume-Uni. C'était un moment assez spécial, au succès incroyable.

Quel est votre objet souvenir préféré des Jeux Olympiques ? 

SR : J'ai eu la chance de porter trois torches olympiques - à Athènes (2004), Beijing (2008) et Londres (2012). Ce sont de magnifiques souvenirs à conserver. J'aimerais avoir les torches olympiques des Jeux auxquels j'ai participé car ce sont des symboles emblématiques des Jeux.[VG1]

2012 Getty Images

Qui a été votre meilleur et votre pire colocataire lors de vos cinq participations aux Jeux ? 

SR : Matthew Pinsent a été le meilleur et le pire colocataire. Le meilleur parce que nous avions une relation excellente et une vision similaire de la vie et que nous appréciions être ensemble. Le pire parce qu'il lisait avant de s'endormir et que la lumière m'empêchait de dormir. Et puis il finissait par refermer son livre, éteindre sa lumière et s'endormir en ronflant en quelques secondes, me laissant éveillé.

MP : Je n'ai partagé ma chambre avec Steve que lors de trois éditions des Jeux. Donc, je suppose qu'il a été mon meilleur colocataire. Ensuite, j'ai partagé ma chambre avec un autre gars à Athènes et je dirais, même si ce n'est pas sympa, qu'il a été le pire.

Getty Images
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