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2015 Getty Images
Actualités Olympiques

Unis par un but : Karina LeBlanc

Même si elle a l’habitude de vivre avec un turbo dans le dos, l’ancienne gardienne de but du Canada Karina LeBlanc n’en a pas moins mené ces dernières semaines un train d’enfer : après l’inauguration d’un complexe sportif portant son nom dans sa ville natale de Maple Ridge, elle a fait une apparition aux Trophées des 150 femmes de mérite du Canada, avant de lancer sa propre fondation. Aujourd’hui, la double olympienne se prépare à s’envoler pour la Russie, où elle devrait jouer aux côtés de Pelé et de Maradona dans un match de légendes.

Le passage du statut de star du sport à celui de conférencière en motivation, d’animatrice média et d’ambassadrice humanitaire pour les filles propulse Karina Le Blanc sur le devant d’une autre scène.

Lorsqu’elle s’est mise en congé de l’équipe nationale canadienne de football en 2015 - après avoir décroché une médaille de bronze olympique et participé à cinq Coupes du monde, elle était la footballeuse ayant porté le plus longtemps le maillot de son pays. Arrivée à un carrefour dans sa carrière, elle était déterminée à utiliser son statut pour faire changer le monde en bien, en puisant pour une large part son inspiration dans son parcours olympique.

Rêve olympique

Karina LeBlanc est claire lorsqu’elle parle des Jeux Olympiques et de leur pouvoir de transformer sa vie et celle des autres. « Avoir un rêve olympique a changé ma façon d’être : moi qui étais une fille timide ayant peur de tout, je suis devenue une femme qui est maintenant assez confiante pour comprendre que son but sur terre est d’aider la prochaine génération à croire en elle-même. Sans mon expérience olympique, je ne l’aurais jamais su. »

« Les Jeux Olympiques, c’est bien plus que du sport. Ce sont des rêves qui se réalisent, mais aussi des rêves qui se concrétisent. Cela donne un but à la nouvelle génération. »

IOC
Des propos empreints de sagesse

Le déclic, qui a poussé Karina LeBlanc à penser à utiliser le sport comme outil social, s’est produit après la médaille de bronze remportée à Londres 2012 : « Mes coéquipières et moi avons fait en sorte qu’un maximum d’enfants touchent la médaille afin qu’ils voient qu’elle leur était destinée et qu’ils commencent à rêver en grand. »

Elle a également trouvé une source d’inspiration dans les propos pleins de sagesse de son entraîneur John Herdman : « Il m’a prise à part et m’a dit : "Si tu penses que le but de ta vie est de frapper dans un ballon de foot pour le Canada, alors j’ai eu tout faux avec toi". »

En 2013, Karina LeBlanc est devenue ambassadrice de l’UNICEF, ce qu’elle qualifie de « plus grande fierté de [sa] vie, avant le gain d’une médaille ».

Son premier voyage, au Honduras, a eu un grand impact : « Il y avait un stage de football pour des jeunes filles âgées de 13 et 14 ans qui avaient délaissé leurs poupées et n’avaient d’intérêt pour rien. Cinq d’entre elles portaient le tout premier maillot que j’avais revêtu lorsque j’étais gamine à Maple Ridge, en Colombie Britannique. C’était mes répliques en miniature. Tout est parti de là : c’est ce que je suis censée faire. »

Premières leçons

Karina LeBlanc n’a pas toujours été une extravertie ayant confiance en elle. Arrivée au Canada à l’âge de huit ans en provenance de la Dominique, une petite île des Caraïbes, elle était l’une des deux seules filles noires de son école et elle était très réservée.

« J’étais timide. Je n’étais pas à ma place. Je ne me liais pas beaucoup. Peu après la rentrée, un enfant m’a mis un pétard dans la main et j’ai pensé que j’étais en train de me faire mon premier ami, mais il a explosé dans ma main et j’ai pleuré, se souvient-elle. Le sport a changé la donne. J’étais enfin entourée de gens qui avaient les mêmes aspirations que moi. »

Invitée par les entraîneurs locaux à rejoindre le club d’athlétisme et les équipes de basketball, elle a trouvé un nouveau but : « Chaque fois que quelqu’un me demandait ce que je voulais faire, je répondais que je voulais être olympienne. J’ai confié mes rêves à tout le monde. »

Le rêve en question va finir par se réaliser sur un terrain de football plutôt que sur une piste d’athlétisme ou un parquet de basketball, mais cela n’a pas été un long fleuve tranquille : « J’ai été éjectée de l’équipe régionale et je me souviens avoir pleuré. Mon père m’a alors demandé ce que je comptais faire et si j’allais laisser une seule personne décider de mon avenir. Cela m’a transformée : chaque jour, je travaillais un quart d’heure de plus, soit avant soit après l’entraînement… et l’année suivante, j’ai été appelée en équipe nationale, la vraie. »

Les Jeux Olympiques, c’est bien plus que du sport. Ce sont des rêves qui se réalisent, mais aussi des rêves qui se concrétisent. Cela donne un but à la nouvelle génération. Karina LeBlanc
De solides fondations

En parcourant le monde avec l’UNICEF, Karina LeBlanc a découvert que son histoire et ses leçons de vie trouvaient un écho chez les jeunes femmes de divers milieux. Elle s’est ainsi demandé avec insistance ce qu’elle pouvait faire pour les filles de sa propre communauté.

Cette question a donné naissance à la Fondation Karina LeBlanc, dont l’objectif est de donner aux filles les moyens de réaliser leurs rêves et de « devenir les femmes qu’elles doivent être ».

Le mentorat sera un élément clé de cette démarche, étant donné l’impact « déterminant » qu’il a eu sur la vie de Karina lorsqu’à la croisée des chemins de sa carrière, elle a participé au programme de développement du leadership de la FIFA et à celui du réseau Femmes d’affaires d’EY.

« Mes mentors m’ont dit que grâce au sport, j’avais eu une vie meilleure que je n’aurais pu l’imaginer. J’ai réalisé que le sport m’avait appris à être un chef de file et à faire entendre ma voix, à parler de leadership et de travail collectif, et de la façon dont l’échec peut nous enseigner des leçons étonnantes. »

À titre d’exemple, elle mentionne la défaite du Canada en demi-finale des Jeux Olympiques de 2012 contre ses rivales des États-Unis. Karina et ses partenaires ont conquis le cœur des Canadiens grâce à leur réaction extrêmement positive à une défaite qui aurait pu être un crève-cœur.

« Même dans les heures les plus délicates, comme lorsque j’ai laissé filer un ballon entre mes jambes, j’ai fait en sorte de ne jamais laisser ce moment-là prendre le dessus, ajoute-t-elle. J’ai constaté que ce que j’avais à dire était plus important que le simple sport. »

IOC
Une véritable vocation

C’est d’ailleurs hors du terrain que Karina dit avoir constaté qu’elle pouvait avoir la plus grande influence.

« Quand vous défendez les couleurs de votre pays dans un stade plein à craquer, vous éprouvez une montée d’adrénaline et vous en tirez beaucoup de satisfaction. Mais comment continuer à ressentir cela ? Quand on peut consacrer son temps à aider et à influencer les autres, cela se situe à un tout autre niveau, mais c’est tellement gratifiant. »

Elle a ainsi un conseil simple mais puissant à donner à ceux qui cherchent à trouver leur véritable vocation, comme elle l’a fait : « Essayez d’imaginer chaque jour durant un quart d’heure la personne que vous voulez vraiment être et vous verrez que vous vous en rapprocherez. »

Puisque 2018 marque le 70e anniversaire de la Journée olympique, le Comité International Olympique a décidé de célébrer cet événement à travers la vidéo "United By'', consacrée à tous ceux qui font vivre le sport et l'Olympisme au quotidien, pour eux, pour leurs familles, leurs amis et leurs communautés.

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