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Olympism in Action Forum

Unis par le don de la vie

Le pouvoir du sport de transformer des vies est incontestable, et nulle part ailleurs cela n’est plus manifeste que dans la communauté mondiale de la transplantation. Le sport joue un rôle essentiel en aidant les receveurs de greffes à retrouver la santé et la forme physique tout en montrant la valeur du don d’organes et en redonnant espoir et enthousiasme à toutes les personnes en attente d’une greffe.

#Unitedby

En prélude au "Forum Olympisme en action" à Buenos Aires (5-6 Octobre 2018), nous avons mis en avant des groupes ou des personnes qui, inspirés par la capacité du sport à contribuer à l'édification d'un monde meilleur, ont tiré parti de leurs initiatives afin de lancer des projets et programmes qui changent le cours des choses.

Écoutez leurs récits.
How we do

Ce sont des objectifs tels que ceux-ci qui étayent les activités de la Fédération mondiale des Jeux des transplantés (WTGF), laquelle a été fondée en 1978 et compte désormais 65 pays membres du monde entier. Célébrant la transplantation réussie et le don de la vie – un lien commun qui unit tous ses membres, la WTGF vise avant tout à sensibiliser le public à l’importance et aux bienfaits du don d’organes, et à encourager les receveurs à faire du sport une partie intégrante de leur vie.

À la tête de la WTGF à titre honorifique se trouve l’Australien Chris Thomas, 55 ans. Ancien journaliste médical pour le Sydney Morning Herald notamment, Chris est aussi président-directeur général de Transplant Australia, un organisme caritatif national qui est actuellement engagé dans une campagne de don d’organes avec le Comité Olympique Australien dans le cadre d’un accord signé entre la WTGF et le CIO en 2016 en vue de sensibiliser le public au don d’organes et d’inciter les receveurs de greffes à être actifs.

La campagne a pour thème “Be a hero for someone else” (Sois un héros pour quelqu’un d’autre) et présente quatre olympiens qui parlent de leurs exploits sportifs. Parmi eux, la nageuse olympique Brooke Hanson, qui fait remarquer que l’on peut être un héros simplement en s’inscrivant comme donneur.

Soulignant l’importance de faire ce geste et d’en informer sa famille, Chris précise : “Si vous vous inscrivez comme donneur d’organes mais que vous n’en avez jamais parlé à votre famille, le taux de consentement de celle-ci est d’à peine 44 pour cent. Mais si vous vous inscrivez et que la famille, qui a en fait le dernier mot, est au courant de votre décision, ce taux de consentement est plus du double, à savoir 90 pour cent.”

La campagne se déroule en prélude aux 16es Jeux des transplantés australiens, qui se tiendront sur la Côte d’Or du 30 septembre au 6 octobre 2018. À l’instar des Jeux mondiaux des transplantés, qui auront lieu au Royaume-Uni en août 2019, la version australienne cherche à donner la preuve vivante et tangible que le don d’organes fonctionne et offre aux personnes une deuxième chance dans la vie.

Comme l’a expliqué Chris, le message a été diffusé dans toute l’Australie, un des 95 pays du monde à avoir en place un programme de transplantation : “Les dons d’organes ont doublé ces dix dernières années et je crois qu’on peut dire que nous avons joué un rôle significatif en aidant à améliorer la vie des Australiens en attente d’une greffe, et nous avons aussi contribué à sauver de nombreuses vies.

If you register as an organ donor but you’ve never discussed organ donation with your family, the family consent rate with those potential donors is just 44 per cent. But if you’re registered and families are given the final say, that consent rate more than doubles, to 90 percent. Chris Thomas WTGF

“Une des choses les plus importantes que nous faisons est de fournir un argument de poids aux gens en leur expliquant pourquoi le don d’organes est si important. Nous apportons la preuve vivante qu’il y a aujourd’hui des gens autour de nous qui sont en vie depuis cinq, 10, 20 voire 60 ans, et ils le doivent à la générosité d’une autre personne qu’ils n’ont jamais rencontrée et qui s’est inscrite comme donneuse, ou de la famille de cette personne qui a donné son accord au don d’organes en ce moment critique.”

Soulignant le rôle que joue le sport dans la récupération physique et mentale des patients transplantés, Chris a indiqué : “Ces personnes souffrent de maladies chroniques et ne reçoivent des organes qu’en dernier ressort. Elles doivent vivre avec un mauvais fonctionnement cardiovasculaire, une faible capacité anaérobique et une fonte musculaire, et l’activité sportive fait partie intégrante de leur rétablissement. Le sport est aussi idéal pour leur bien-être mental, notamment les sports d’équipe pour les jeunes enfants qui étaient souvent les derniers à être choisis dans leur équipe de football à l’école. Jouer ensemble avec ses coéquipiers, gagner ou perdre en tant qu’équipe, c’est très important pour favoriser l’intégration sociale et le développement personnel. Et quand vous voyez un jeune de six ans, transplanté du cœur, courir sur la piste, c’est vraiment source d’inspiration.”

Grâce aux actions désintéressées des donneurs, des moments tels que ceux-ci seront courants lors des prochains Jeux des transplantés australiens qui, comme les Jeux mondiaux des transplantés, reflètent les valeurs clés du Mouvement olympique que sont l’excellence, l’amitié et le respect, des valeurs qui ne connaissent pas de frontières, comme l’explique Chris : “Les receveurs d’une greffe viennent de tous les milieux culturels, religieux ou ethniques. Ils ont pourtant un lien en commun, ce quelqu’un d’autre qui, grâce à sa générosité et à son altruisme, leur a donné une chance de vivre à nouveau.

“L’esprit olympique n’a jamais été aussi visible qu’aux Jeux Olympiques de Rio lorsque les athlètes du 5 000 m Abbey D’Agostino et Nikki Hamblin se sont mutuellement aidées à franchir la ligne d’arrivée. Cet esprit existe à chaque édition des Jeux mondiaux des transplantés et au-delà, dans le domaine du don d’organes et de la transplantation. L’excellence, l’amitié et le respect sont là alors que le monde s’unit pour donner une nouvelle vie à d’autres.

Après avoir contribué à mettre sur pied le programme "Fit For Life" de la WTGF, qui vise à encourager et soutenir la population mondiale de transplantés à vivre une vie active et à faire du sport à tous les niveaux après une chirurgie transplantatoire, Chris est fermement convaincu par les bienfaits du sport pour tout le monde. Même s’il n’est pas lui-même un transplanté, il souffre d’asthme et ne se sent jamais aussi bien que quand il est actif physiquement.

Joueur/entraîneur pour une équipe locale de football dont les membres ont tous plus de 45 ans, il est aussi un fervent cycliste qui a parcouru en 2014 pas moins de 4 335 kilomètres, reliant les deux côtes, de Perth à Sydney, lors d’un impressionnant périple de 45 jours en solitaire qui lui a fait traverser la plaine aride de Nullarbo, balayée par les vents. “Cela m’a montré que j’avais des réserves d’énergie que je n’aurais jamais imaginées”, a indiqué Chris en évoquant son voyage épique à deux roues qu’il a raconté dans un blog. “Je parcourais 180 kilomètres un jour puis me réveillais le lendemain pour en faire 140. J’ai perdu huit kilos dans cette épreuve, même si ma théorie est que mes kilos ne m’ont jamais vraiment quitté; je les ai juste laissés loin derrière moi et dès que je me suis arrêté, ils m’ont rattrapé.”

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