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2018 Getty Images
Olympism in Action Forum

Unis par la diversité - Carrie Russell

Carrie Russell fait partie de la toute première équipe féminine jamaïcaine de bobsleigh. Initialement spécialisée dans l'athlétisme, Carrie Russell a concouru en bobsleigh aux Jeux Olympiques d'hiver de 2018 à PyeongChang et a désormais pour ambition d'apporter un peu de diversité à ce sport.

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En prélude au "Forum Olympisme en action" à Buenos Aires (5-6 Octobre 2018), nous avons mis en avant des groupes ou des personnes qui, inspirés par la capacité du sport à contribuer à l'édification d'un monde meilleur, ont tiré parti de leurs initiatives afin de lancer des projets et programmes qui changent le cours des choses.

Écoutez leurs récits.
How we do

Un changement de parcours

Carrie Russell avait 26 ans lorsqu'elle a vu la neige pour la première fois. Deux ans plus tard, elle concourt au sein de la première équipe féminine olympique de bobsleigh de Jamaïque.

"C'était en 2016, à Whistler, au Canada", déclare-t-elle. "Je viens d'une île tropicale, donc je n'avais littéralement jamais vu la neige avant cela. Au départ, je me suis dit 'non, cet endroit est trop froid pour moi'. Si je passe dix secondes de plus dehors, ce sera beaucoup."  

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Si le bobsleigh est un nouveau sport pour Carrie Russell, elle a en revanche toujours été une athlète. Elle a en effet passé toute sa vie sur une piste d'athlétisme en tant que sprinteuse. Elle commençait à plafonner dans son entraînement d'athlétisme et pensait déjà à essayer quelque chose de différent lorsqu'elle a reçu une invitation peu commune. La Fédération jamaïcaine de bobsleigh était sur le point de mettre sur pied un programme de bobsleigh féminin et lui a demandé si elle serait intéressée par un essai. L'entraîneur en sprint de Carrie Russell s'est dit que de toute façon l'entraînement pour le bobsleigh ne pourrait que lui permettre d'améliorer sa rapidité dans les starting blocks.

"J'ai fait un peu de recherches sur la pilote, Jazmine, et vu que c'était une bonne pilote. Je me suis dit pourquoi ne pas essayer ? Rien ne m'empêcherait de revenir à l'athlétisme dans le pire des cas. Mais plus je passais de temps à faire du bobsleigh, plus je comprenais ce sport et plus je l'appréciais."

La puissance de l'esprit

Cela peut paraître étrange comme changement de carrière mais le sprint et le bobsleigh ont un certain nombre de points communs. Les deux sports nécessitent effectivement de courir de petits sprints, exigent de la puissance et un départ explosif. Ces similitudes ont permis à Carrie Russell de continuer à s'entraîner pour les deux sports dans un premier temps, juste au cas où sa nouvelle carrière dans le bobsleigh n'aboutirait pas. Après un départ plutôt difficile, Carrie Russell a décidé de s'investir pleinement dans le bobsleigh.

"Dans ma toute première course, je me suis plantée", commente-t-elle. Et de poursuivre : "Je me suis fait une énorme brûlure à l'épaule droite et c'est là que j'ai commencé à me dire que je ne pourrai pas pratiquer ce sport. J'ai dû me faire violence pour surmonter cette pensée. Cela m'a pris toute la préparation jusqu'aux Jeux Olympiques pour m'investir dans le bobsleigh et décider de ne pas retourner vers l'athlétisme. Aujourd'hui, je commence à m'entraîner pour devenir pilote, et il n'est plus possible pour moi de pratiquer les deux sports, donc mon rêve olympique est désormais lié au bobsleigh."

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Lorsque Carrie Russell et son équipe se sont qualifiées pour les Jeux Olympiques d'hiver de 2018 à PyeongChang, elles étaient la première équipe féminine de bobsleigh à se qualifier de l'histoire de la Jamaïque. Carrie Russel pense que le public s'est intéressé à son équipe non seulement en raison de sa place dans l'histoire, mais aussi parce que cette équipe apporte de la diversité dans ce sport. À cet égard, le bobsleigh permet non seulement à Carrie Russell de concourir au plus haut niveau qu'elle adore, mais lui fait aussi sentir qu'elle fait une différence.

"J'idéalise vraiment Merlene Ottey et la voie qu'elle a ouverte pour les femmes en athlétisme en Jamaïque. Elle a créé une voie et aujourd'hui tout le monde suit son exemple. Je souhaite écrire mon propre script que les autres puissent suivre. Dans les cinquante prochaines années ou environ, le public dira : 'Vous vous souvenez de Merlene Ottey, Usain Bolt, Arthur Wint, ce qu'ils ont fait pour l'athlétisme ?' C'est ce que j'aimerais faire avec le bobsleigh. Nous nous rappelons Dudley Stokes, tout le monde connaît "Rasta Rocket", mais pour les femmes en bobsleigh, je souhaiterais que le public se souvienne de 'Carrie Russell, Jazmine Fenlator-Victorian'. Je veux faire partie de l'histoire des athlètes des sports d'hiver."  

L'amour du risque

Alors qu'elle espère que l'histoire de l'équipe féminine jamaïcaine de bobsleigh favorise le développement du bobsleigh et d'autres sports d'hiver dans les Caraïbes, pratiquer un nouveau sport a aussi permis à Carrie Russell de s'épanouir.

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"Le bobsleigh m'a énormément appris au niveau de la patience et de la compréhension. Je suis dans un environnement complètement nouveau, donc j'ai dû être patiente avec moi-même et apprendre à m'adapter à la météo notamment. J'ai aussi dû me faire à l'idée d'une éventuelle chute. Enfin, il n'y a pas de course parfaite en bobsleigh. C'est la personne qui commet le moins d'erreurs qui fait le meilleur temps. Donc avec tous ces aspects associés, j'ai appris la patience et que je devais accepter certaines choses. Cela m'a vraiment aidée à comprendre différents aspects de la vie."  

"Tu dois accepter les fondamentaux. Or les fondamentaux du bobsleigh sont que tu dois glisser, tu dois être dehors dans le froid et comprendre qu'il y a des fois où tu ne pourras éviter la chute. Tomber est la partie normale du sport. C'est comme pratiquer l'athlétisme, lorsque vous avez une crampe au mollet ou quelque chose mais en bobsleigh, c'est l'accident. Les choses vont mal, tu te remets droite, tu te relèves et tu descends à nouveau." 
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