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2016 / CIO / MEYLAN, Arnaud
Actualités Olympiques

Unis par la détermination : Josefina Salas

L’adversité, Josefina Salas en sait quelque chose. Ancienne skieuse de l’équipe nationale chilienne, elle a dû renoncer à son rêve de participer aux Jeux Olympiques d’hiver après avoir été victime à deux reprises d’une rupture du ligament croisé antérieur au même genou, en 2011 et en 2013, les deux fois après une chute à grande vitesse sur la piste.

Ses médecins lui ayant conseillé d’abandonner définitivement le ski de compétition, elle s’est tournée vers l’entraînement, mais son croisé antérieur a à nouveau lâché en 2017. Courageuse après une troisième opération, elle espère rechausser les skis en août.

Jeune ambassadrice de l’équipe du Chili aux Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) de Lillehammer 2016, la Chilienne, âgée de 24 ans, n’a jamais éludé un défi, pas même lorsqu’elle a été invitée à participer à un triathlon pour enfants à l’âge de neuf ans alors qu’elle "ne savait pas vraiment nager" ! Elle s’est classée quatrième ce jour-là et a tellement goûté l’expérience qu’elle s’est lancée dans ce sport qu’elle a pratiqué en parallèle au ski jusqu’à l’âge de 15 ans. Elle a alors décidé de consacrer toute son énergie à la piste et au slalom et au slalom géant en particulier.

Bien que ses espoirs de skier sur la scène olympique aient été depuis anéantis, Josefina est déterminée à rester associée au monde du sport. Elle pense d’ailleurs avoir trouvé une façon ingénieuse de concilier ses études universitaires en génie des transports avec cet objectif.

IOC/Arnaud Meylan

"Je me suis aperçue qu’il y avait beaucoup à faire dans l’organisation de grands événements sportifs en termes de transport et d’opérations de recherche, ce qui est ma spécialité à l’université", explique-t-elle. "Il m’a fallu beaucoup de temps pour comprendre comment je pouvais concilier l’ingénierie et le monde du sport, et j’ai eu le déclic l’année dernière : je me suis rendu compte que l’organisation de ces événements nécessitait beaucoup d’ingénierie. Je peux les améliorer et je veux vraiment m’investir là-dedans."

L’expérience olympique est bien plus vaste qu’on ne le pense. Josefina Salas Chili

Le Mouvement olympique a été au centre de cette ambition et sa mission de jeune ambassadrice à Lillehammer s’est avérée une expérience qui l’a transformée, comme elle l’explique : "Être une jeune ambassadrice m’a donné le gros coup de pouce dont j’avais besoin. Le fait d’être entourée par autant de gens qui changent le monde grâce au sport dans leur propre pays m’a vraiment fourni une source d’inspiration pour dire : "Vous savez, je peux le faire aussi". L’expérience olympique est bien plus vaste qu’on ne le pense."

"Ça a changé ma vie à plus d’un titre. Les Jeux Olympiques sont très imposants. Tous les pays se rassemblent et de jeunes athlètes donnent le meilleur d’eux-mêmes. C’est difficile de tout exprimer par des mots car il s’agit plutôt de quelque chose que l’on ressent. C’est écrasant."

"On nous dit que le monde est en train de s’écrouler et qu’il y a beaucoup de conflits, mais d’un autre côté, il suffit d’aller aux Jeux pour voir tous ces gens qui, ailleurs, pourraient se battre parce qu’ils voient les choses différemment. On se retrouve là et tout le monde vise le même but : être le meilleur possible. L’atmosphère des Jeux Olympiques est vraiment exceptionnelle."

IOC/Laura Godenzi

Évoquant son apport à l’équipe du Chili à Lillehammer 2016, elle ajoute qu’elle a senti qu’elle avait une influence : "Il n’y avait que sept athlètes dans notre délégation, dit-elle, ce qui m’a permis de me rapprocher d’eux. Je leur parle encore et certains d’entre eux viennent toujours me demander conseil."

"J’ai simplement essayé de les aider à gérer leurs attentes et j’ai puisé dans mon expérience d’entraîneur pour le faire. La plupart d’entre eux étaient habitués à gagner des compétitions en Amérique du Sud, mais ils n’avaient jamais vécu un événement aussi important que celui-ci et ils avaient peur de l’échec. Ils avaient en effet connu beaucoup de réussite dans ce qui était un environnement protégé."

L’atmosphère des Jeux Olympiques est vraiment exceptionnelle. Josefina Salas Chili

"J’ai aussi fait un travail de journaliste. J’ai interviewé les athlètes et j’ai envoyé leurs récits aux journaux. Quand ils commencent à bien se débrouiller et que les médias s'intéressent à eux, il faut gérer tout cela. J’ai fait un peu de tout. Je les ai aidés à l’entraînement et j’ai même fabriqué des chapeaux pour l’équipe parce que nous n’en avions pas pour la cérémonie d’ouverture."

Lillehammer 2016 a servi de source d’inspiration à Josefina pour chercher de nouveaux défis à relever lors de son retour au Chili : « J’ai réalisé à quel point j’aimais soutenir les gens, les écouter et les conseiller. J’ai toujours aimé aider les gens dans des situations difficiles et quand je suis rentrée chez moi, je me suis présentée pour représenter les étudiants et j’ai été choisie. Quand je faisais du ski, c’était pareil et j’ai réalisé depuis que mon rôle dans le sport est peut-être d’essayer de le rendre plus accessible et de changer la vie des gens par l’intermédiaire du sport, car cela a été mon cas."

L’histoire de Josefina incarne le pouvoir du Mouvement olympique, qu’elle a ressenti pour elle-même et qu’elle a hâte de revivre aux Jeux Olympiques de la Jeunesse de Buenos Aires 2018. Elle participera au forum "L’Olympisme en action" et fera aussi du bénévolat, de préférence au sein de l’équipe opérationnelle du comité local d’organisation.

"L’Olympisme est quelque chose qui unit le monde au-delà des frontières culturelles", confie-t-elle en insistant sur son attrait planétaire. "Les Jeux Olympiques sont un rassemblement culturel de tous les pays. Sur le plan sportif, je ne cesse de m’étonner de voir comment les athlètes peuvent dépasser leurs propres objectifs et diriger leurs efforts vers un unique but. C’est très impressionnant et à chaque fois mon cœur est à deux doigts de s’arrêter."

IOC/Arnaud Meylan

Bien que ses souvenirs des Jeux Olympiques passés soient fragmentés en raison de la couverture limitée de la télévision chilienne, certains moments l’ont néanmoins marquée : "Je me souviens de Turin 2006 parce que Noelle Barahona, une skieuse du club dans lequel je m’entraînais, était en compétition. Elle avait 16 ans et elle était la plus jeune aux Jeux. La regarder sur cette scène m’a vraiment inspirée et cela m’a fait penser que je pouvais y arriver moi aussi. On a fini par s’entraîner ensemble au sein de l’équipe nationale."

L’autre temps fort qu’elle retient, c’est le magnifique doublé en or d’Ester Ledecka à PyeongChang 2018, où l’athlète tchèque est devenue la première femme à remporter l’or dans deux sports différents lors des Jeux Olympiques d’hiver en remportant le super-G en ski alpin et le slalom géant parallèle en snowboard. "Venant du ski alpin, je sais à quel point c’est différent du snowboard. J’ai vraiment beaucoup de respect pour son exploit", indique Josefina. "Pratiquer les deux sports n’est pas si difficile, mais être très bon dans les deux, si, car on se retrouve en compétition avec des gens qui consacrent tout leur temps à une seule discipline. Si on se consacre aux deux, on passe forcément moitié moins de temps que les autres. C’est ce qui m’a le plus impressionnée."

"Suivre le gymnaste chilien Tomás González et la triathlète Barbara Riveros à Londres en 2012 a également été un grand moment. Bien que Barbara n’ait pas gagné la médaille qu’elle convoitait, c’était super de regarder sa course aux Jeux Olympiques. J’avais suivi toute sa carrière et je m’entraînais avec elle quand j’étais jeune. Alors la voir aux Jeux Olympiques en train de faire le maximum, c’est quelque chose de mémorable aussi."

Pour ce qui est de la Journée olympique, Josefina a un emploi du temps chargé : "Je vais aider les membres du CNO chilien sur quelques activités à Santiago. Ils organisent de nombreux projets sportifs pour les enfants défavorisés et je souhaite y contribuer. J’ai terminé mes études universitaires cette semaine et je ne sais donc pas exactement ce que ça va donner, mais ce qui certain, c’est que je serais mobilisée."

Puisque 2018 marque le 70e anniversaire de la Journée olympique, le Comité International Olympique a décidé de célébrer cet événement à travers la vidéo "United By'', consacrée à tous ceux qui font vivre le sport et l'Olympisme au quotidien, pour eux, pour leurs familles, leurs amis et leurs communautés.

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