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© 2017 / ComitÈ International Olympique (CIO) / WOODS, Philippe
Olympism in Action Forum

Unis par l’intégration - la princesse Reema bint Bandar Al Saud

Son Altesse Royale la princesse Reema bint Bandar Al Saud d’Arabie Saoudite a déjà assumé de nombreuses fonctions, entre autres celles de PDG, de femme d’affaires et de philanthrope. À l’heure actuelle, elle occupe les postes de présidente de la Fédération saoudienne pour la participation de masse et de directrice adjointe du département de développement et de planification de l’Autorité générale des sports d’Arabie Saoudite, organisations au sein desquelles elle s’engage avec passion pour l’intégration du sport dans la vie d’un nombre toujours croissant de ses concitoyens.

#Unitedby

En prélude au "Forum Olympisme en action" à Buenos Aires (5-6 Octobre 2018), nous avons mis en avant des groupes ou des personnes qui, inspirés par la capacité du sport à contribuer à l'édification d'un monde meilleur, ont tiré parti de leurs initiatives afin de lancer des projets et programmes qui changent le cours des choses.

Écoutez leurs récits.
How we do

Comprendre son nouveau rôle

La princesse Reema reconnaît qu’elle n’était pas une personne elle-même « sportive » avant son entrée en fonction dans le cadre de l’Autorité générale des sports. Certes, elle connaissait les bienfaits de l’activité physique sur la santé, mais ne pratiquait pas vraiment de sport. Cependant, lorsqu’il s’est agi d’assumer ses nouvelles responsabilités, elle s’est montrée capable de s’intégrer sans aucune difficulté. 

"Au départ, la fonction que j’étais appelée à remplir consistait à déterminer comment inclure les femmes dans les activités sportives," explique-t-elle. "Dans un premier temps, nous avons effectué une évaluation globale, afin de voir quelle était réellement la situation dans le pays et quels étaient les besoins actuels. Cette évaluation nous a permis de découvrir un aspect très intéressant de la question, c’est-à-dire que les besoins concernant les femmes étaient en fait les mêmes que les besoins identifiés concernant les hommes. En effet, les structures disponibles pour les hommes se concentraient en réalité essentiellement sur le football, en tant que sport, et non pas sur les sports et la santé de manière générale. "

"C’est pour cette raison qu’a été créé le département de développement et de planification, dans le cadre duquel je suis responsable de la diversité et de l’intégration, soit en premier lieu de l’inclusion des femmes, mais également de celle des personnes souffrant de handicap. Le deuxième domaine d’activités auquel je me consacre est celui de la compréhension des changements de comportement et de mentalité. Notre objectif est d’amener une nation, axée sur un seul sport – et j’entends par là le football – à s’intéresser à d’autres sports et à les pratiquer, en les mettant aussi à la portée de toutes les tranches de la population."

Outre le fait de donner un plus grand accès à tous aux activités sportives et d’allonger la liste des sports praticables, la princesse Reema souhaite également aider son pays à développer une économie du sport, cela dans l’intérêt de tous ses habitants. "Nous savons que si nous investissons dans le sport, nous aurons automatiquement une nation plus saine. La fréquence des problèmes cardiaques diminuera, de même que celle des problèmes dus au diabète et à l’obésité." Elle s’attaque donc d’emblée à des problèmes importants, qui ont un lien avec le monde du sport.

Rendre le sport plus accessible à tous

Par certains aspects, les activités de la princesse Reema sont propres à la situation existant en Arabie Saoudite. En effet, avant  2017, les femmes n’avaient pas accès aux stades sportifs construits dans le pays. En 2015, la princesse Reema s’était même vu interdire l’utilisation d’un stade pour l’organisation d’une manifestation, d’une envergure sans précédent, en matière de sensibilisation au cancer du sein. Cependant, c’est justement au moment où la princesse Reema est entrée en fonction au sein de l’Autorité générale des sports que les choses ont commencé à changer dans son pays.  

"Un jour, alors que j’assistais à une conférence de presse, j’ai entendu le Président de l’Autorité générale des sports faire une vingtaine d’annonces différentes. De manière tout-à-fait inattendue, il a déclaré : J’aimerais également faire savoir qu’en janvier l’Autorité générale des sports ouvrira trois sites d’installations sportives destinées aux femmes."

"J’en suis presque tombée de ma chaise. C’était réellement renversant et son annonce a marqué cette journée, qui restera mémorable pour les femmes dans l’histoire de mon pays. Auparavant, il était même interdit aux femmes d’être présentes lors d’un match de football en tant que simples spectatrices. Le seul fait que des femmes puissent assister aux matches implique, par ailleurs, que nous avons désormais besoin de femmes en tant que membres des équipes de sécurité, du personnel de service et de placeurs. Cela crée donc également une véritable vague de nouveaux emplois destinés à des femmes."

Le travail réalisé par la princesse Reema contribue ainsi à soutenir un changement sociétal considérable, qui modifie en profondeur la manière dont le pays envisage le sport. À l’avenir, les épouses et les filles pourront voir leur mari ou leur père pratiquer leur sport, devant elles dans un stade. De plus, une adolescente aura le droit de s’intéresser elle-même à ce sport. « Regarder un match à la télévision n’est pas comparable à l’expérience vécue lorsque l’on peut suivre le match depuis les tribunes », remarque la princesse Reema.

Priorité donnée à la famille harmonisée

La déségrégation des sexes est une priorité importante dans le pays, cela non seulement dans les stades sportifs, mais dans l’ensemble de la société.  "Pour sa part, la princesse Reema est convaincue que le sport aidera la société à évoluer dans ce sens. ", explique-t-elle.  

La participation publique des femmes aux activités sportives modifiera la vision qu’auront les familles de ce qui constitue une cellule familiale normale et permettra d’améliorer la communication entre les sexes Princesse Reema

"Il est vraiment très important pour une jeune femme de sentir qu’elle a le droit d’exprimer ses opinions, de dialoguer et de tenir son propre discours", déclare la princesse Reema. "Et il n’y a pas de lieu plus propice à cet apprentissage que le foyer familial. En effet, lorsqu’une famille vit en harmonie et selon un schéma exempt de ségrégation, les capacités en matière de communication sont différentes et les possibilités de dialoguer changent. Même l’engagement le plus élémentaire change entre hommes et femmes lorsqu’il y a ségrégation, alors que les choses évoluent dès que vous intégrez toutes les personnes présentes. Du point de vue du sport, avoir pour point de départ un foyer exempt de ségrégation inculque également l’esprit sportif et le sens de la compétition. Lorsque le sport amateur ou des activités de loisirs font partie intégrante de la dynamique d’une famille, cela montre à tous ses membres qu’un jour c’est un garçon qui peut gagner et, un autre jour, une fille. Il en ressort clairement que ce sont la stratégie et les capacités qui vous font avancer dans la direction souhaitée, et non pas le sexe."

Trouver ses points forts

Bien qu’elle n’ait pas entamé son chemin dans le monde du sport en qualité de compétitrice, la princesse Reema a trouvé sa juste place au sein de la communauté olympique. "Le fait que je sois une femme ne signifie pas automatiquement que je suis la personne la plus indiquée pour faire entrer les femmes dans l’univers du sport", déclare-t-elle. "Toutefois, si  nous parlons de la question de la diversité et de l’intégration, ainsi que de la manière dont il sera possible de faire participer un nombre aussi élevé que possible de personnes, en les aidant à se sentir acceptées dans le monde du sport – cela du point de vue de l’entreprise sociale et de l’entreprenariat social – alors, dans ce cas, nous parlons le même langage."

« Tout cela se traduit par une réalité, l’Olympisme, lequel sous-entend une vision saine de soi, vision qui permet de s’accepter et d’accepter les autres, ainsi que le droit pour soi-même comme pour les autres de mener une vie saine et bien équilibrée, fondée sur des activités physiques et une intégration sociale. À mes yeux, cela implique surtout un esprit de camaraderie, car – avant de travailler au service de l’Autorité générale des sports – ma compréhension du sport était très différente de ce que le sport permet d’accomplir aujourd’hui.  Il s’agit réellement d’un trait d’union entre les communautés. »

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