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Buenos Aires 2018/Pablo Elias
Buenos Aires 2018

Unis par l'énergie : Gabriela Sabatini

L’ancienne joueuse de tennis Gabriela Sabatini a goûté pour la première fois à l’expérience olympique au début de sa carrière. Elle a en effet représenté l’Argentine l’année où son sport a effectué son retour officiel au programme des Jeux Olympiques. C’était en 1988 à Séoul.

Gabriela Sabatini, qui n’avait que 18 ans à l’époque, a remporté la médaille d’argent après avoir perdu 6-3, 6-3 contre Steffi Graf en finale du simple dames, quelques jours à peine après s’être inclinée face à l’Allemande en finale de l’US Open. Bien qu’elle n’ait pas réussi à décrocher l’or, elle garde de bons souvenirs de son séjour à Séoul, où, au titre de l’une des athlètes les plus en vue de l’époque, elle avait porté le drapeau argentin lors de la cérémonie d’ouverture.

"C’était une expérience extraordinaire, dit-elle. Je n’aurais jamais pensé que je serais habitée d’une telle énergie. Le fait de vivre avec les autres athlètes, de son pays et du monde entier, permet de connaître beaucoup de gens et ça, c’était sympa. C’était génial d’aller voir d’autres sports et mes compatriotes aussi et j’ai quitté les Jeux Olympiques avec une dose d’énergie que je n’avais jamais eue auparavant."

"C’était très différent pour moi parce que la seule autre fois où j’ai représenté mon pays, c’était en Fed Cup. Le fait d’être porte-drapeau a été particulièrement spécial pour moi. C’est un moment que je n’oublierai jamais. Quel spectacle que celui d’être suivie par tous les athlètes et de porter le drapeau dans le stade. C’est une expérience pour nous, les joueuses et joueurs de tennis. Nous apprécions toujours ce qui entoure un événement sportif, mais l’esprit qui préside aux Jeux Olympiques est inoubliable."

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Bien que le premier tournoi olympique officiel de tennis disputé en 64 ans se soit soldé par une déception pour la joueuse argentine, elle conserve précieusement la médaille qu’elle a obtenue : "Je voulais gagner l’or. On sent le drapeau tout près et on veut faire de son mieux pour gagner. Je n’ai pas ressenti de pression tout simplement parce que je représentais mon pays, mais j’avais sacrément envie de gagner."

"Quand j’ai perdu contre Steffi, je n’étais pas à prendre avec des pincettes. On pouvait lire sur mon visage de la tristesse et de la colère. Mais avec le temps, j’ai réalisé que ça restait quelque chose de spécial et que j’avais été capable de décrocher la médaille d’argent. Je la garde dans un endroit très spécial chez moi, bien en vue."

Gabriela Sabatini a pris sa revanche sur Steffi Graf en 1990 lors de la finale de l’US Open, en battant l’Allemande en deux manches pour remporter son seul et unique titre en simple dans un tournoi du Grand Chelem. À nouveau dauphine de Steffi Graf à Wimbledon en 1991, l’Argentine a également remporté deux tournois sur le circuit de la WTA et occupé le rang de numéro 3 mondial, son meilleur classement, en février 1989.

Ce succès, elle le doit à son engagement dans son sport qu’elle a commencé à l’âge de six ans. "La première fois que j’ai touché une raquette, cela a été le coup de foudre", se souvient Gabriela, joueuse naturellement douée, célèbre pour son revers à une seule main. "Je ne pouvais plus m’arrêter. Dès que je trouvais une partenaire, j’allais jouer et dans la foulée, je partais faire du mur au club."

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"Si mes parents sortaient prendre un café, pendant ce temps-là, je tapais la balle contre le mur. Je le faisais toute la journée, et quand je rentrais à la maison, je continuais à frapper la balle contre un mur de la cour. J’étais vraiment malade de tennis. Je ne pouvais penser à rien d’autre."

Sabatini s’est tellement investie dans le sport qu’elle se rappelle qu’il ne lui restait pas beaucoup de temps pour faire autre chose, y compris regarder les Jeux Olympiques, qui de toute manière ne bénéficiaient à l’époque que d’une couverture limitée à la télévision argentine. Lorsqu’elle est arrivée au village olympique de Séoul, elle a été un peu abasourdie de découvrir ce qu’étaient vraiment les Jeux Olympiques et qu’elle était une authentique vedette.

"Je me souviens qu’en allant à la cantine où se trouvaient plein d’athlètes, certains sont venus me demander de poser en photo avec eux, dit-elle. La même chose s’est produite lors de la cérémonie d’ouverture avant le défilé. Nous attendions à l’extérieur du stade avec le drapeau et des athlètes sont venus se faire prendre en photo avec moi. J’ai été surprise parce qu’on ne réalise pas vraiment à quel point on est célèbre dans d’autres pays ni vis-à-vis de sportifs d’autres disciplines. Dans l’ensemble, c’était très agréable de participer aux Jeux Olympiques et c’est une expérience très différente des tournois du circuit. "

Buenos Aires 2018/Pablo Elias

Gabriela Sabatini était également présente à Atlanta en 1996, où elle a perdu au troisième tour contre Monica Seles, quelques mois avant d’abandonner le tennis de compétition, à 26 ans seulement. "C’est un événement à ne pas manquer", dit-elle en résumant l’importance de concourir sur la scène olympique lorsqu’on est joueuse de tennis. « Je pense que c’est là où on apprécie vraiment la véritable signification du sport. Il n’y a que là qu’on peut vraiment voir ça. J’ai apprécié cela. J’ai travaillé pendant des années et j’ai fait des sacrifices pour vivre un moment comme ça. C’est le sport sous sa forme la plus pure."

"Tous ceux qui ont participé aux Jeux olympiques vous disent que cela a changé leur vie. Il suffit de regarder Juan Martin del Potro, quand il a joué contre Andy Murray en finale de Rio 2016. Dans sa carrière, il y a eu un avant et un après."

Fermement convaincue du pouvoir de transformation du sport et des Jeux Olympiques en particulier, Gabriela Sabatini remplira sa mission aux Jeux Olympiques de la Jeunesse de Buenos Aires 2018, en tant que modèle du tennis aux côtés de son compatriote argentin David Nalbandian. L’ancienne placée numéro 3 mondiale est enthousiasmée d’avoir l’occasion de parler aux jeunes athlètes du monde entier et de partager ses expériences avec eux. Elle brûle également d’impatience à l’idée de voir les JOJ venir dans sa ville natale.

« Ça va être génial pour la ville parce qu’après les JOJ, les appartements du village serviront à loger les gens. C’est un développement énorme et cela va beaucoup aider cette région. Les JOJ chez nous, ça va être extraordinaire. Je ne me souviens pas de la dernière fois où on a eu quelque chose d’aussi important à Buenos Aires. »

Buenos Aires 2018/Pablo Elias

« La ville va bénéficier d’une image très positive parce que des milliers de personnes vont venir. Il est important pour l’Argentine que les gens viennent voir la ville. Je suis très contente à ce sujet et je pense que les gens vont l’apprécier et seront contents eux aussi. »

Intronisée au Temple de la renommée du tennis international, Gabriela Sabatini, s’est également engagée dans des œuvres caritatives. Ancienne ambassadrice des Special Olympics (des Jeux pour les personnes souffrant d’un handicap mental), elle soutient également fermement une organisation caritative argentine qui lutte contre le cancer du sein.

Aujourd’hui, vous avez autant de chances de la croiser sur un court de tennis que sur un vélo. Elle a d’ailleurs vécu la Journée olympique en pédalant dans les montagnes suisses, à réfléchir sur l’importance des Jeux Olympiques dans sa propre carrière et dans celle des jeunes athlètes avec lesquels elle engagera bientôt le dialogue à Buenos Aires.

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