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Olympism in Action Forum

Unis par l’encouragement - Mothusi John Ramaabya

Jeune artisan du changement (YCM) originaire du Botswana, Mothusi John Ramaabya a pris part aux Jeux Olympiques de la Jeunesse de 2014 à Nanjing. Il est à l’origine de l’initiative « Je peux » qui aide les jeunes avec handicap, dans son pays et dans le monde, à pratiquer un sport.

#Unitedby

En prélude au "Forum Olympisme en action" à Buenos Aires (5-6 Octobre 2018), nous avons mis en avant des groupes ou des personnes qui, inspirés par la capacité du sport à contribuer à l'édification d'un monde meilleur, ont tiré parti de leurs initiatives afin de lancer des projets et programmes qui changent le cours des choses.

Écoutez leurs récits.
How we do

De la passion enthousiaste à la participation égalitaire

Pour Mothusi John Ramaabya, le sport est une passion, et cette passion il pense qu’elle devrait être accessible à tous. Or, alors qu’il étudiait à l’Université du Botswana, il a réalisé que les installations sportives de l’université étaient inaccessibles aux étudiants souffrant d’un handicap visuel, auditif, physique ou mental ; ces derniers étaient empêchés non seulement de participer à des activités mais également de nouer des relations sociales, si importantes.

“Au Botswana, la pratique du sport est encouragée tout de suite, dès l’école élémentaire”, explique-t-il. “Et dès le départ, rien n’est prévu pour les personnes handicapées. Or, c’est à partir du moment où nos enfants s’initient au sport que nous devons favoriser l’inclusion en mettant à disposition infrastructures et ressources à l’attention des jeunes enfants handicapés. Les activités sportives pour les personnes handicapées étant fortement limitées, il est de notre devoir d’être en mesure de leur en proposer davantage et de nourrir leurs talents dès le plus jeune âge. Les projets de construction d’infrastructures modernes pour des personnes valides doivent systématiquement englober un volet pour les citoyens souffrant d’un handicap”.

Mothusi John Ramaabya estime que le problème va plus loin que seulement fournir des infrastructures sportives afin de permettre aux personnes handicapées de pouvoir pratiquer un sport ; il s’agit d’une question de justice sociale dans une communauté bienveillante. “L’accès au sport signifie fournir aux gens handicapés une plateforme qui leur permet d’explorer leurs talents. L’existence même d’une telle plateforme exerce un effet rassembleur indépendamment de nos aptitudes. Faire quotidiennement du sport nous rappelle qu’handicap n’est pas synonyme d’incapacité”.

“Ouvrir le sport aux personnes handicapées revient à dire que nous les accueillons dans la communauté sportive”, ajoute Mothusi John Ramaabya.“C’est à cela que vous appartenez. C’est là où vous pourrez faire la preuve de votre talent en fin de compte.”

L’exclusion des personnes souffrant d’un handicap, physique ou autre, n’est pas l’apanage du sport. “Nombreuses sont les initiatives actuelles dans notre société qui oublient de prévoir des dispositions pour les personnes avec handicap. Étant moi-même passionné de sport et avide de faire la différence dans la société, je me suis dit que je devais faire quelque chose pour promouvoir l’inclusion. Il n’y aura pas d’égalité dans le monde sans un effort collectif. Nous devons construire des infrastructures et proposer des programmes sportifs adaptés aux personnes souffrant d’un handicap”.

“Tu peux”

Concernant le programme Young Change-Makers+ au Botswana, il a voulu que l’accès au sport pour les personnes handicapées de son pays devienne réalité. Sous le slogan “Je peux”, son projet doit faire naître de la motivation et susciter un sentiment d’autonomisation.

“Une personne qui affirme ‘Vous savez quoi, je peux le faire ; tout est possible malgré mes limites en tant qu’individu ; je peux le faire’ est un signe d’encouragement pour toute la communauté dans son ensemble, quels que soient les défis, quel que soit le parcours de vie de chacun. Ils peuvent le faire une fois qu’ils en ont décidé ainsi”.


Nous pouvons provenir de différentes communautés, différents pays, différents continents mais en fin de compte, en présence d’une activité sportive nous nous rassemblons tous en communauté. Mothusi John Ramaabya

“Le message s’adresse en particulier aux jeunes athlètes au sein de leur communauté sportive”, poursuit-il. “Si vous voulez ressembler à Usain Bolt, vous le pouvez pour autant que vous le décidiez, que vous travailliez dur et que vous soyez déterminé. Les mots ‘Je peux’ sont source d’inspiration. Ils encouragent les jeunes à devenir ces athlètes d’élite qu’ils ont toujours rêvé d’être.”

L’étude de l’approche intégrative dans le sport

Pour atteindre ses objectifs, l’étudiant à l’Université du Botswana a travaillé avec le département des sports et des activités récréatives, le département des services de soutien aux personnes avec handicap et le département en charge du bien-être des étudiants. Le succès est éclatant: “ Après avoir revu leurs politiques et processus, le département des sports et des activités récréatives et le département du bien-être des étudiants intègrent dorénavant dans leur programme les étudiants vivant avec un handicap”, explique-t-il. “Ils ont même établi un budget d’acquisition d’équipement pour ces étudiants vivant avec un handicap. Ces derniers peuvent pratiquer un sport”.


L’accès au sport signifie fournir aux gens handicapés une plateforme qui leur permet d’explorer leurs talents. Mothusi John Ramaabya

“C’est désormais pratique courante pour les différentes facultés de l’université que de s’occuper des étudiants avec handicap. Grâce à cette politique, ceux-ci sont très motivés et il ne se passe pas un jour sans que je ne sois interpellé à l’université par des étudiants qui me lancent ‘On va au stade aujourd’hui, tu viens?’ C’est un sentiment extraordinaire pour eux”.

S’il s’est focalisé jusqu’à présent sur les terrains de sport du Botswana, Mothusi John Ramaabya sait que l’onde de choc continuera de se propager. “Le sport est un langage international parlé dans le monde entier. Permettre aux personnes avec handicap de pratiquer un sport signifie que nous leur ouvrons les portes du groupe, du village ou de la communauté internationale”.

“Cette expérience m’a appris l’extrême importance de l’approche intégrative”, conclut-il. “Nous devons comprendre que nous vivons dans un groupe ou un village. Il ne s’agit pas de moi ou de l’autre mais de nous tous qui vivons ensemble. Il s’agit de l’égalité des chances. Nous pouvons provenir de différentes communautés, différents pays, différents continents mais en fin de compte, en présence d’une activité sportive nous nous rassemblons tous en communauté. C’est le sport qui nous rassemble”.

Le programme des Young Change-Makers+ (YCM+), lequel en est désormais à sa cinquième édition, invite les Comités Nationaux Olympiques à nommer des jeunes âgés de 20 à 25 ans pour jouer le rôle de modèles pour leurs athlètes et veiller à ce que ces derniers tirent le meilleur parti de leur expérience aux JOJ. Les YCM (jeunes artisans du changement) sont chargés de guider les athlètes à travers le programme éducatif, en les encourageant à s'ouvrir aux échanges culturels et en leur présentant les valeurs olympiques ainsi que tous les principes du Mouvement afin qu'ils rentrent chez eux en tant qu'ambassadeurs des anneaux. Les YCM sont aussi invités à faire des demandes de financement pour leurs propres projets sociaux afin de tirer parti du sport pour aborder un problème dans leur communauté. Le programme YCM+ – lequel est soutenu par Panasonic – a déjà permis à 19 YCM de mener à bien 28 projets dans 17 pays, touchant ainsi plus de 9 000 participants individuels.

 

Veuillez cliquer pour en savoir plus sur les Jeux Olympiques de la Jeunesse et sur le programme Young Change-Makers+.

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