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Date
17 févr. 2016
Tags
Lillehammer 2016 , JOJ , Curling , équipe mixte , Actu CIO

Une bonne alchimie et une médaille d’or pour le Canada en curling mixte


Karlee Burgess se souvient de la première rencontre des membres de l’équipe canadienne de curling mixte en vue des Jeux Olympiques d’hiver de la Jeunesse de Lillehammer 2016.

C’est à Montréal, en avril dernier, que les deux adolescentes de Chester, en Nouvelle-Écosse, ont fait connaissance avec les deux garçons venus de Fort Saint John, en Colombie-Britannique, une région distante de quatre fuseaux horaires de la côte atlantique du Canada.

« C’était génial parce qu’on savait tous qu’on allait représenter le Canada, dit-elle. Mais on était aussi un peu timides parce qu’on ne savait pas à quoi s’attendre. »

« C’était un peu tendu la première fois. On n’avait jamais rencontré les filles auparavant, mais on a appris à se connaître et notre confiance mutuelle a grandi », ajoute Sterling Middleton.

Moins d’un an plus tard, les Canadiens ont marqué cinq points en première manche contre les États-Unis, avant de s’imposer 10-4 pour décrocher la médaille d’or des Jeux Olympiques de la Jeunesse en curling mixte.

Le bronze est revenu à la Suisse qui a écrasé la Russie 11-3.

Le Suisse Philipp Hoesli en action lors du match pour la médaille de bronze en curling mixte à Lillehammer 2016. Photo : Thomas Lovelock, YIS/CIO

La façon dont les équipes mixtes du monde entier ont été formées pour les Jeux de Lillehammer défie les conventions traditionnelles du curling.

Habituellement dans cette discipline, les filles jouent entre elles et les garçons s’affrontent entre eux. Garçons et filles ne se partagent jamais la patinoire en compétition.

Le curling mixte n’existe qu’aux Jeux de la Jeunesse, même si l’entrée du curling mixte double aux Jeux Olympiques d’hiver est prévue pour 2018 à PyeongChang, en République de Corée.

Il faut généralement plusieurs années pour que l’alchimie opère entre les membres d’une équipe de championnat et qu’ils développent la confiance nécessaire pour gagner.

Mais aux Jeux Olympiques de la Jeunesse, il n’y a pas de temps à perdre.

Certaines équipes se rencontrent plusieurs mois à l’avance, d’autres quelques semaines à peine avant les Jeux.

« C’est intéressant, confie l’Américaine Cait Flannery. Il faut s’adapter les uns aux autres, apprendre à gérer les lancers [des nouveaux coéquipiers] et faire attention à ne pas les énerver ou créer de conflits. »

« Dans une équipe entièrement féminine ou masculine, on a plusieurs années pour apprendre tout ça et les choses deviennent parfois plus faciles avec le temps. »

Depuis avril 2015, les Canadiens se sont réunis une fois par mois pour se préparer aux Jeux de Lillehammer 2016. Ils ont également disputé quelques tournois avant de s’envoler pour la Norvège en février.

Les Canadiennes, Karlee Burgess et Mary Fay, jouent pour la même équipe dans leur ville natale et ont récemment remporté les Championnats juniors du Canada, où la compétition est rude. Leur prochaine étape : les Championnats du monde juniors au Danemark.

L’équipe américaine a suivi un parcours similaire. L’entraîneur Tom Violette travaillait déjà avec les deux garçons de l’équipe lorsqu’il est parti à travers les États-Unis à la recherche de deux filles. Il a trouvé Cora Farrell à Fairbanks, en Alaska, l’an dernier.

Les curleurs américains ont participé ensemble à plusieurs compétitions avant de traverser l’Atlantique pour se rendre aux JOJ.

« C’est un vrai challenge », a déclaré Violette au sujet de la formation des équipes. « Il faut que les personnalités des uns et des autres soient compatibles et cela demande normalement beaucoup de travail. Les joueurs doivent se faire pleinement confiance. L’alchimie doit fonctionner, et nous avons eu de la chance. »

L’entraîneur russe, Olga Andrianova, explique que son quatuor a eu droit à plusieurs séances d’entraînement et a pris part à un bonspiel (tournoi de curling) avant de se présenter aux Jeux de la Jeunesse. « Nous avons eu peu de temps pour nous préparer », raconte Andrianova.

Le Suisse Henwy Lochmann a déclaré que lui et ses coéquipiers avaient pu s’entraîner, mais qu’ils n’avaient fait leurs débuts en compétition qu’en arrivant à Lillehammer.

« Je crois que nous avions tous le même objectif. Nous voulons jouer ensemble, travailler ensemble, et nous nous sommes fait plaisir », dit-il.

Le fait de pouvoir réunir des jeunes venus des quatre coins de leur pays et les amener à poursuivre le même but, avec plus ou moins de préparation, en dit long sur la manière dont ces athlètes savent relever les défis.

« Tous les quatre font preuve d’un niveau de maturité vraiment incroyable », témoigne Helen Radford », l’entraîneur du Canada.

« La magie a opéré dès le départ », conclut Burgess.

Écrit par Alan Adams (YIS/CIO)

Alan Adams est un reporter du Service d’information des JOJ (Youth Information Service, YIS) de Lillehammer. Basé à Toronto, au Canada, il couvre les actualités sportives depuis le milieu des années 1980, notamment cinq éditions des Jeux Olympiques d’hiver.

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