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Une aventure olympique source d’inspiration pour la nageuse réfugiée Yusra Mardini IOC/Getty Images

Une aventure olympique source d’inspiration pour la nageuse réfugiée Yusra Mardini

Sept mois après avoir fui la capitale syrienne de Damas, la nageuse réfugiée Yusra Mardini espère se qualifier pour les Jeux Olympiques de Rio 2016 et intégrer l’équipe des athlètes olympiques réfugiés.


La jeune Syrienne de 18 ans, qui a représenté son pays aux Championnats du monde en petit bassin en Turquie en 2012, a fui en août 2015 avec sa sœur Sarah le conflit qui sévit dans son pays natal et réside à présent en Allemagne. S’exprimant lors d’une conférence de presse tenue aujourd’hui à Berlin, Yusra a indiqué que participer aux Jeux Olympiques est une occasion unique que tout le monde n’a pas la chance d’avoir. Aussi est-elle déterminée à travailler dur pour réaliser son rêve. “Je veux que les réfugiés soient fiers de moi. Je veux les encourager”, a-t-elle dit.

Yusra explique que se perfectionner en tant que nageuse est très difficile en Syrie. “Le conflit est rude. Parfois on ne pouvait pas s’entraîner à cause de la guerre. Parfois on s’entraînait, avec une bombe dans la piscine”, a-t-elle indiqué.

Yusra espère faire partie de l’équipe des athlètes olympiques réfugiés qui a été créée par la commission exécutive du Comité International Olympique (CIO) et qui sera traitée comme toutes les autres délégations des 206 Comités Nationaux Olympiques (CNO) présents aux Jeux.

Les membres de cette équipe doivent remplir des critères sportifs spécifiques et avoir le statut officiel de réfugié vérifié par les Nations Unies. Ils vivront toutefois la même expérience olympique que les athlètes d’autres CNO et auront notamment leur propre cérémonie d’accueil au village olympique de Rio 2016.

“En accueillant l'équipe des athlètes olympiques réfugiés aux Jeux de Rio 2016, nous souhaitons envoyer un message d'espoir à tous les réfugiés du monde", a déclaré le président du CIO, Thomas Bach, après l’annonce de la création de cette équipe. Et celui-ci de poursuivre : "Alors qu'ils n'ont aucune équipe nationale à laquelle appartenir, ni aucun drapeau derrière lequel défiler, ni aucun hymne national, ces athlètes seront les bienvenus aux Jeux Olympiques derrière le drapeau et l'hymne olympiques. Ils auront un "foyer" au village olympique avec les quelque 11 000 autres athlètes des 206 Comités Nationaux Olympiques.”

Avec les cinq à dix athlètes que devrait comprendre l’équipe des athlètes olympiques réfugiés, Yusra aimerait être une source d’inspiration pour le monde entier.

Elle précise : “Je veux d’abord le faire pour tous ces gens. Je veux les encourager. Quand vous êtes face à des difficultés dans la vie, il ne sert à rien de s’asseoir et de pleurer comme un bébé.

Ces difficultés sont la raison pour laquelle je suis ici. J’en suis ressortie plus forte et je veux atteindre mes objectifs. Je veux inspirer le monde afin que chacun puisse réaliser ce en quoi il croit au fond de lui-même.”

Questionné lors de la conférence de presse sur l’impact que pourrait avoir, selon lui, l’équipe des athlètes olympiques réfugiés, Pere Miró, directeur général adjoint du CIO en charge des relations avec le Mouvement olympique et directeur de la Solidarité Olympique ainsi que des relations avec les CNO, a répondu : “Nous sommes convaincus que ces athlètes enverront un message clair au monde, montrant que la situation des réfugiés existe et que nous tous, ensemble, devrions faire quelque chose pour y remédier. C’est une question mondiale, très importante. Avec l’équipe des athlètes olympiques réfugiés, nous pouvons montrer que le sport a des valeurs, qui sont ces derniers temps parfois mises en doute pour diverses raisons. En ramenant ces athlètes aux Jeux, au sport, à la vie, et en proposant des activités sportives dans les camps de réfugiés pour améliorer la qualité de la vie quotidienne, nous retournons à nos racines et prouvons réellement que le sport peut servir la société.”

Tandis que Yusra continue de s’entraîner en vue de sa sélection pour les Jeux de Rio 2016, elle ne tarit pas d’éloges pour le soutien qu’elle reçoit de la Solidarité Olympique, entité qui vient en aide aux Comités Nationaux Olympiques.

Yusra dit notamment : “En fait, la Solidarité Olympique m’aide énormément et je pense que sans son soutien, je ne sais pas si je pourrais le faire, je n’en suis pas sûre en tout cas.”

La Solidarité Olympique se donne pour mission de veiller à ce que les athlètes talentueux aient des chances égales de parvenir jusqu’aux Jeux et de réussir dans l’arène olympique.

Depuis les Jeux Olympiques de 1992 à Barcelone, une assistance financière et technique spécifique est offerte aux athlètes se préparant pour les Jeux Olympiques afin que puissent se réaliser les rêves de ces athlètes qui, sans l’aide de la Solidarité Olympique, ne pourraient sans doute pas concourir.

Cette aide a été particulièrement mise en lumière aux Jeux de 2012 à Londres pour lesquels 1 264 bourses olympiques avaient été allouées par la Solidarité Olympique avec pour résultat 76 médailles remportées et 177 CNO ayant bénéficié du programme.

Si Yusra nourrit l’espoir de commencer son aventure olympique cette année dans le centre aquatique olympique de Rio, il lui aura fallu, pour arriver jusqu’à Berlin, plusieurs semaines de voyage difficile à travers l’Europe.

Après avoir rejoint le Liban puis la Turquie, Yusra et plusieurs membres de sa famille ont fait au péril de leur vie la traversée vers l’île grecque de Lesbos avant de commencer leur périple à travers de nombreuses frontières européennes pour arriver finalement dans la capitale allemande.

Peu après son arrivée en Allemagne, Yusra a été présentée au Wasserfreunde Spandau 04, un club de natation situé près du centre de réfugiés où elle se trouvait, club qu’elle a intégré et où elle espère maintenant atteindre la qualification olympique dans un bassin construit à l’origine pour les Jeux Olympiques de 1936 !

Après avoir vécu l’expérience traumatisante de fuir son pays natal, Yusra a aujourd’hui une ambition claire pour l’avenir : “Je pense que mon objectif est de me qualifier pour les Jeux Olympiques et de devenir un modèle d’inspiration pour chacun."

“Je souhaite que chacun défende fièrement ses objectifs dans la vie ; car si l’on a un but à atteindre, on peut tout faire pour y arriver et c’est ce qui compte ; et je pense que même si je n’y arrive pas, j’essaierai encore ; je serai peut-être triste d’avoir échoué mais je ne le montrerai pas et j’essaierai encore et encore jusqu’à ce que je parvienne à mon but."

“Je veux montrer à chacun que c’est dur de réaliser ses rêves mais que ce n’est pas impossible. Vous pouvez le faire; chacun peut le faire ; et si moi je peux y arriver, alors n’importe quel athlète peut y arriver.”

Note aux rédacteurs : un message vidéo mettant en scène Yusra Mardini est disponible sur notre plateforme de diffusion www.iocnewsroom.com.

 

 

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