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Date
08 mai 2015
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Actu CIO

Un saut de géant dans les livres d’histoire

Fêtant son centenaire lors du programme olympique des Jeux d’Atlanta 1996, l’épreuve masculine du triple saut a battu tous les records et a été l’occasion de voir s’opposer deux des plus grands artistes de la discipline.

L’un des plus beaux chapitres de l’histoire du triple saut olympique a indiscutablement été écrit à Atlanta 1996. Non seulement la discipline fêtait ses 100 ans de participation aux Jeux Olympiques, non seulement les femmes y prenaient part pour la toute première fois, mais nous avons également assisté à l’une des oppositions les plus fascinantes de l’histoire de la compétition masculine.

Les deux protagonistes, Jonathan Edwards (GBR) et Kenny Harrison (USA), croisaient le fer dans ce qui allait être une lutte acharnée pour la médaille d'or. Au cours de leur bataille, ils ne se contentaient pas de battre le record olympique une fois, mais trois ! Ils produisaient, à ce jour encore, les plus longs triples sauts jamais enregistrés sur la scène olympique.

Un an plus tôt, aux Championnats du Monde de Göteborg (SWE), Edwards avait établi un nouveau record mondial de 18,29 m, une référence encore intacte aujourd’hui. Cependant, à Atlanta, il devait se contenter de la médaille d’argent puisqu’il était devancé par Harrison, le héros devant son peuple. Le Gallois, lui, allait monter sur la première marche du podium quatre ans plus tard, après avoir repoussé les assauts du Cubain Yoel Garcia à Sydney 2000.

En finale à Atlanta, il sautait à 17,88 m au quatrième tour, ce qui lui aurait permis de décrocher le record olympique… si Harrison ne l’avait pas déjà battu à deux reprises en sautant à 17,99 m et à 18,09 m sur ses première et troisième tentatives. Depuis, personne n’a dépassé cette dernière distance sur la scène olympique.

©Getty Images


Pour vous donner une idée du contexte, 100 ans plus tôt à Athènes, son compatriote James Connolly avait remporté la première épreuve olympique de triple saut (et la toute première médaille d’or remise dans l’ère olympique moderne) avec un saut à 13,71 m. En 1908, le Britannique Tim Ahearn avait porté le record olympique à 14,92 m (alors que son frère cadet Dan avait établi un nouveau record du monde à 15,52 m). Il fallait attendre 1936 pour voir le Japonais Naoto Tajima franchir un nouveau cap : 16,00 m exactement, nouveau record mondial et olympique.

Tajima conservait cet honneur pendant 16 ans, jusqu’à ce que le Brésilien Adhemar da Silva ne saute à 16,22 m pour décrocher l’or, mais aussi de nouveaux records mondiaux et olympiques, à Helsinki 1952, avant de faire encore mieux (16,35 m) quatre ans plus tard aux JO de Melbourne. À Rome 1960, le record olympique était battu pour la troisième édition de rang, le Polonais Jozef Szmidt sautant à 16,81 m. Un mois plus tôt, le Polonais avait écrasé le record du monde en passant la barre des 17 mètres pour la première fois, en sautant à 17,03 m. À Tokyo 1964, Szmidt ajoutait quatre centimètres à son record olympique pour enregistrer un saut à 16,85 m. Puis à Mexico 1968, l’Italien Giuseppe Gentile pour commencer, puis le Soviétique Viktor Saneyev, futur médaillé d’or, anéantissaient les records mondial et olympique. Ce dernier sautait à 17,39 m et décrochait le premier de ses trois titres olympiques d’affilée.

©Getty Images

Saneyev  s’accroche à son record olympique pendant 20 ans, mais les trois hommes qui occupaient le podium de Séoul 1988 le battaient. Ses compatriotes Aleksandr Kovalenko et Igor Lapshin se voyaient remettre les médailles de bronze et d’argent, avec des sauts à 17,42 m et 17,52 m respectivement, mais le Bulgare Khristo Markov était encore plus fort en sautant à 17,61 m : nouveau record aux JO et médaille d’or.

La barre des 18 mètres n’était plus qu’une question de temps, surtout que l’Américain Willie Banks avait établi un nouveau record du monde à 17,97 m. À vrai dire, à Barcelone 1992, son compatriote Mike Conley signait un saut à 18,17 m sur sa dernière tentative, du jamais vu. De forts vents l’ayant aidé, les livres des records ne retinrent pas ce saut. Conley quittait tout de même Barcelone auréolé du titre de détenteur du record olympique, puisqu’il avait déjà sauté à 17,63 m sur sa deuxième tentative. Mais quatre ans plus tard, Edwards puis Harrison lui volaient la vedette.

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