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Buenos Aires 2018

Un jour dans la vie de… Greg Massialas, entraîneur d’escrime aux JOJ

Dans le cadre de notre série d’articles consacrés aux coulisses des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ), olympic.org a rencontré Greg Massialas, entraîneur de l’équipe d’escrime des États-Unis à Buenos Aires 2018.

Une affaire de famille

“Buenos Aires était ma troisième expérience des JOJ. Mon fils Alex avait remporté deux médailles à Singapour en 2010 et ma fille Sabrina a décroché l’or dans le fleuret individuel femmes quatre ans plus tard à Nanjing. Les deux fois, j’étais là-bas avec un laissez-passer journalier pour les entraîner, mais je n’étais pas plongé dans l’expérience des JOJ. Être en Argentine était complètement différent parce que j’étais à Buenos Aires avec l’équipe pour toute la durée des Jeux.”

Un départ sur les chapeaux de roue

“Nous avons pris un vol de nuit pour Buenos Aires et avons atterri le matin de la cérémonie d’ouverture. Les compétitions de fleuret femmes et de sabre hommes étaient prévues pour le lendemain. Nous avions donc très peu de temps pour nous acclimater. Nous étions tout de suite plongés au cœur de l’action et après avoir assisté à la cérémonie d’ouverture, nous sommes retournés au village olympique de la jeunesse pour aller nous coucher.”

2016 Getty Images

Lever matinal

“Il y avait quatre jours de compétition d’escrime aux Jeux et nous suivions la même routine chaque jour, peu importe qui concourait. Les réveils étaient réglés à 6h du matin et, après le petit-déjeuner, nous prenions la navette qui partait du village à 6h45. Nous avions de la chance car le pavillon Afrique n’était qu’à 15 minutes de route et, à 7h15, nous étions déjà en train de nous échauffer. Les concurrents devaient être dans la salle d’appel pour 8h30 et, à 8h50, ils se rendaient sur la piste d’escrime.”

Le jour le plus long

“Kenji Bravo a remporté la médaille d’argent dans le fleuret hommes le troisième jour de la compétition et nous n’étions pas rentrés au village avant 22h. Les demi-finales débutaient à 18h et le match pour la médaille d’or à 19h15. La cérémonie de remise des médailles était à 20h mais, comme il fallait subir un contrôle de dopage, cela a ajouté encore 20 minutes supplémentaires à ce qui était déjà une longue journée. Nous avons enfin pu prendre la navette à 21h30 et dîner au village. Il était plus de 23h quand je suis allé me coucher.”

L’esprit sportif par excellence

“La médaille d’argent dans le fleuret hommes avec Kenji et la médaille de bronze dans le fleuret femmes avec May Tieu étaient bien sûr des temps forts. Autre moment remarquable : durant l’épreuve de May le premier jour, un des entraîneurs français est venu me voir pour me dire que l’escrimeuse togolaise n’avait pas d’arme et m’a demandé si nous pouvions l’aider. J’ai demandé à May si elle voulait bien prêter son fleuret et elle a tout de suite accepté. Je lui ai dit que l’athlète togolaise étant dans la même poule qu’elle et était donc une rivale, mais cela n’a absolument rien changé à sa décision. Pour moi, c’est l’essence même de l’esprit olympique et j’étais incroyablement fier de son attitude et de son altruisme. Je ne sais toujours pas pourquoi c’est un entraîneur français qui a fait la demande ni ce qui était arrivé à l’équipement de cette fille.”

2016 Getty Images


Homme à tout faire

“Buenos Aires était un grand défi personnel car j’étais le seul entraîneur avec l’équipe et les États-Unis étaient le seul pays à avoir le quota total de six escrimeurs. Je devais tout faire et j’étais à la fois entraîneur, administrateur et responsable d’équipe. C’était parfois mouvementé de s’assurer que les athlètes étaient toujours au bon endroit au bon moment avec le bon équipement et l’accréditation, mais rentrer à la maison avec deux médailles individuelles, ça en valait la peine.”

Explorateurs urbains

“L’avantage d’avoir quatre jours de compétition dès le début des Jeux, c’était que nous avions largement le temps d’explorer Buenos Aires après l’épreuve par équipes mixtes le quatrième jour. Pour la première fois, nous avons pu manger en dehors du village et, avec l’aide de mon épouse et de quelques autres parents qui avaient également fait le voyage pour soutenir leurs enfants, nous avons organisé des visites pour qu’ils se familiarisent avec la ville.”

Au revoir l’Argentine

“Toute l’équipe a assisté à la cérémonie de clôture dans le village et je dois reconnaître que j’étais époustouflé par l’ambiance. J’avais vu les cérémonies de clôture des Jeux Olympiques à Los Angeles en 1984 et à Séoul quatre ans plus tard. Tous deux étaient des événements incroyables, mais l’esprit des JOJ a vraiment brillé à Buenos Aires. La passion de tous ces adolescents enthousiastes était quelque chose de magnifique que ne n’oublierai jamais.”

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