skip to content
Date
02 mars 2017
Tags
JOJ , Lillehammer 2016 , Actualités Olympiques

Un jeune leader irakien des JOJ montre le pouvoir du sport

De l’exode consécutif à la guerre en Irak et la mort de son père aux brimades subies dans sa ville d’adoption, Ali Al-Saad a vécu une enfance extrêmement difficile. Tout au long de ces épreuves, le sport a joué un rôle essentiel dans sa vie, plus particulièrement les Jeux Olympiques de la Jeunesse de Lillehammer 2016.

« J’étais au plus bas, dit Ali Al-Saad. Je ne savais pas si j’allais me relever et entamer une nouvelle vie, mais Lillehammer m’est apparue comme une lumière dans l’obscurité, m’indiquant la bonne direction. »

Né en Irak, le jeune homme de 20 ans, qui a émigré vers la Norvège à l’âge de 10 ans, a posé sa candidature en 2015 pour intégrer le programme des Jeunes leaders des JOJ. Deux ans plus tard, il a reçu des fleurs et a été remercié personnellement par le Prince héritier de Norvège pour sa contribution aux Jeux de Lillehammer 2016

« C’était vraiment particulier, cela a changé toute ma vie. Aujourd’hui, je vois les choses différemment d’il y a un an, dit Ali. Cela m’a aidé à grandir, et pas seulement sportivement. Cela a été vraiment énorme pour moi. »

C’était vraiment particulier, cela a changé toute ma vie. Ali Al-Saad

Financé conjointement par le comité local d’organisation et par le Comité Olympique Norvégien (NIF), le programme Jeunes leaders a été conçu pour inciter une nouvelle génération de jeunes volontaires et responsables à s’impliquer dans le sport pour la jeunesse de tout le pays. Ali Al-Saad était l’un des 220 jeunes leaders qui ont participé à trois stages dans la période précédant les Jeux, destinés à assurer l’engagement à long terme dans le sport régional.

Pour le jeune Irakien, le premier résultat concret de son engagement s’est soldé par un appel très fort. « Au bout du compte, je vais travailler dans le sport, c’est sûr », dit le jeune homme avant d’ajouter : « J’ai l’impression d’être né pour travailler dans le sport. »

Ce n’est pas qu’une simple formule, car Ali entretient depuis longtemps une relation très forte avec le sport en tant que vecteur du changement. Le sport a joué un rôle inestimable lorsqu’il lui a fallu s’adapter quand il est arrivé à Grue, une ville de l’est de la Norvège, après avoir fui une guerre qui a tué son père. « Mon père et moi, nous étions vraiment très liés, et pas seulement dans une relation père/fils. Cela a été la plus grande perte de ma vie et j’ai pleuré des jours durant, dit Ali. J’arrivais dans une petite ville où tout le monde se connaissait et, pendant les deux premières années, j’ai eu beaucoup de mal à m’intégrer. J’avais l’impression d’être un intrus. Je peux le comprendre, mais en même temps, c’était vraiment difficile à vivre. »

Le club de football local a été sa bouée de sauvetage : « J’ai eu la chance que le club me propose de jouer. Cela a été le déclic. Avec des entraîneurs de valeur autour de moi – ils connaissaient ma situation et l’importance que le football avait pour moi – j’ai pu intégrer plus facilement l’équipe », dit-il.

Le Grue Sports Club est devenu le cœur de la nouvelle vie d’Ali Al-Saad et, lorsqu’il a été nommé capitaine de l’équipe des moins de 18 ans alors qu’il n’en avait que 15, il a compris qu’il faisait partie de la famille. Les compétences qu’il a acquises en tant que jeune leader et les expériences qu’il a vécues au sein de l’équipe des Jeux Olympiques de la Jeunesse ont renforcé depuis son envie de donner aux autres ce qu’il a reçu.

« Je veux changer les choses. Je veux voir les gens sourire, car lorsque j’étais dans une situation difficile, j’ai eu la chance qu’on me tende la main. Je veux être là pour ceux qui m’ont aidé il y a quelques années », dit Ali.

Je veux changer les choses. Je veux voir les gens sourire, car lorsque j’étais dans une situation difficile, j’ai eu la chance qu’on me tende la main. Ali Al-Saad

Il a déjà commencé. À 20 ans, il est arbitre au Grue Sports Club, il fait partie du bureau de la ligue régionale d’Hedmark et il est très sollicité. « C’est vraiment marrant, car les clubs me demandent si je veux leur donner un coup de main. Ils savent que j’ai été l’un de ces jeunes leaders, explique Ali. Il y a d’abord eu un club voisin (du Grue Sports Club) qui m’a demandé si je voulais faire partie de leur bureau pour représenter les jeunes. Ça me tentait bien, mais en même temps, je veux donner la priorité à mon club. »

Les clubs de sport locaux ne sont d’ailleurs pas les seuls à avoir remarqué la contribution d’Ali Al-Saad aux Jeux de Lillehammer 2016. « Tout le monde en ville me témoigne de l’estime. Quand je sors avec ma veste floquée Lillehammer, tout le monde me salue et me dit : "Comment c’était ? Nous sommes fiers de toi". Des gens m’ont même demandé s’ils pouvaient être photographiés avec moi. Quoi ? Avec moi ? C’est vraiment drôle », dit-il en riant.

Certains gamins qui faisaient des misères au jeune Irakien, lorsqu’il est arrivé à Grue, lui ont même emboîté le pas. Il y a quelques semaines à peine, l’un d’entre eux l’a abordé dans la rue pour lui présenter ses excuses par rapport au passé et lui dire que toute la ville était fière de lui.

À bientôt 21 ans – il les aura en mars – Ali va intégrer une université locale en septembre et suivre un cursus général de sport durant la première année, avant de décider de l’orientation de sa carrière : entraîneur, dirigeant ou enseignant. À ce stade il a l’embarras du choix.

« On m’a beaucoup apporté, dit-il, et l’heure est venue de rembourser ma dette. J’ai envie d’aider le sport norvégien. »
back to top En