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Date
07 févr. 1976
Tags
Innsbruck 1976 , Ski alpin , Allemagne , Actualités Olympiques
Innsbruck 1976

Un double bain de jouvence pour Rosi Mittermaier

À l’entame des Jeux Olympiques d’hiver de 1976, transférés précipitamment à Innsbruck en Autriche parce que la ville américaine de Denver s’était désistée, en raison des coûts d’organisation, les espoirs de médaille de Rosi Mittermaier semblaient bien minces.


Âgée de 25 ans, la skieuse allemande qui participait à ses troisièmes Jeux, était la doyenne de la compétition, mais n’avait encore gagné aucune descente majeure.

Mais en sport, tout comme en politique, il peut se passer beaucoup de choses en une semaine. À l’heure de la cérémonie de clôture, la vétérane allemande, surnommée « Mamie » par ses jeunes adversaires, avait frappé un double grand coup et créé l’un des chocs des Jeux.

Rosi Mittermaier avait derrière elle une longue carrière internationale, qu’elle avait débutée adolescente en Allemagne de l’Ouest, en laissant entrevoir des promesses de classe mondiale. Elle n’avait que 17 ans lorsqu’elle gagna sa place dans le groupe olympique de 1968 et elle remporta 10 courses individuelles de Coupe du monde entre 1969 et 1976.

Cette année-là, même si elle fut sacrée championne du monde du combiné alpin et tenait la tête du classement général de la Coupe du monde, elle n’était parvenue à se classer dans les 20 premières sur aucune compétition de ski alpin.

Mais à Innsbruck, elle étonna les spectateurs en remportant l’or et la première descente de sa carrière internationale. En 1’46’’16, elle surclassa d’une demi-seconde la favorite autrichienne Brigitte Totschnig.

Quatre jours plus tard, elle réalisa l’inimaginable dans son épreuve fétiche, le slalom, en décrochant l’or dans la seconde manche après avoir bouclé la première sur les talons de sa coéquipière Pamela Behr. Sa réputation devint telle qu’elle ne put regagner son hôtel qu’avec l’aide d’une escorte policière.

La chérie des médias allemands (un journal n’avait pas hésité à titrer : « Notre Rosi ne pond que des œufs d’or ! ») allait-elle réaliser un triplé dans le slalom géant et égaler les exploits de Toni Sailer et Jean-Claude Killy ? Fièvre et attentes atteignaient des sommets.

Malheureusement pour Rosi Mittermaier, Kathy Kreiner ne l’entendait pas de cette oreille. À l’issue d’une manche de rêve, la Canadienne franchit la ligne d’arrivée en 1’29’’13. Quand l’Allemande s’élança à son tour, trois concurrentes plus loin, elle passa à l’attaque tous bâtons dehors, mais perdit de précieuses secondes à l’approche d’une porte dans la partie basse du parcours. Elle termina ainsi à 12 centièmes à peine de la médaille d’or.

En une fraction de seconde, son rêve de grand chelem s’était envolé, mais les deux médailles d’or remportées par « Mamie » avaient remis ses adversaires à leur place à Innsbruck. Kreiner en fut même presque désolée. Avec la Française Danièle Debernard, médaillée de bronze, elles hissèrent cependant Rosi Mittermaier sur leurs épaules, image emblématique de l’esprit sportif des Jeux d’hiver.

Rosi Mittermaier se retira peu après les Jeux de 1976. Elle publia ensuite une autobiographie, enregistra un album de musique folk et devint porte-parole de fabricants d’équipements de ski. Elle rédigea aussi des ouvrages sur les techniques de la marche nordique.

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