skip to content
2016 Getty Images

Troisième Grand Chelem olympique d’affilée pour la Chine en tennis de table

Deux champions olympiques en titre chinois, Li Xiaoxia (dames) et Zhang Jike (hommes), renversés en finale des simples dames et hommes respectivement par leurs compatriotes Ding Ning et Ma Long ; les quatre protagonistes épaulés par Liu Shiwen (dames) et Xu Xin (hommes) lauréats ensuite des deux tournois par équipes : la Chine a de nouveau raflé tous les titres en tennis de table à Rio, à l’issue de rencontres plus spectaculaires les unes que les autres !

Dans le simple dames, dont la finale a eu lieu le 10 août, Ding Ning, championne du monde en titre et classée tête de série No 1, a traversé le tournoi en trombe, alignant les victoires en quatre manches sèches, en ne laissant que très peu de points à ses adversaires successives jusqu’en demi-finale, où elle a concédé une manche à la pongiste de la République populaire démocratique de Corée Kim Song-i. La championne olympique 2012 Li Xiaoxia n’a pas été en reste, ne lâchant pas une seule manche et se montrant sévère en demi-finale pour la Japonaise Ai Fukuhara qui n’a marqué en tout et pour tout que 9 points (11-4, 11-3, 11-1, 11-1). 

Les deux championnes chinoises se sont donc retrouvées en finale pour la revanche de celle de 2012 à Londres, lors de laquelle Ding avait été pénalisée à de nombreuses reprises pour service irrégulier et avait cédé devant Li, 4-1. Cette fois, à Rio, Ding n'a pas faibli, en s'imposant 4-3 (11-9, 5-11, 14-12, 9-11, 8-11, 11-7, 11-7).
« Je pense que mon expérience des Jeux de Londres m’a rendue plus chevronnée et capable de me lancer des défis. J’ai réussi à oublier ce triste souvenir de la défaite en me rendant à Rio. Quand je me suis qualifiée pour la finale, je me suis dit que j’allais me battre pour mes rêves, a expliqué Ding Ning. Le match a été difficile ! Lorsque j’ai compris que c’était fini, je me suis sentie vraiment détendue et là, j’ai commencé à pleurer. » 

Sur les choix stratégiques qui lui ont permis de prendre sa revanche olympique sur sa compatriote, Ding raconte : « J’ai essayé de rester proactive au début du match, de contrôler le rythme des échanges. Mais comme vous avez pu le voir, Li est une joueuse d’expérience et ses coups sont de très grande qualité. À un moment, au milieu de la rencontre, je n’y arrivais pas bien, j’ai donc progressivement changé de tactique et de stratégie. » 

La championne olympique ajoute : « Nous appartenons toutes deux à l’équipe chinoise de tennis de table, nous nous voyons donc comme des coéquipières, même si nous jouons en simple. Là, bien sûr, nous sommes des rivales. Li Xiaoxia est la leader de l’équipe. Comme elle l’a dit, elle a souffert de blessures l’an dernier. Mais elle a su persévérer et se maintenir au plus haut niveau. Je sens que j’ai énormément appris d’elle. »
© Getty Images
Li Xiaoxia explique qu’en début d’année, elle avait décidé de raccrocher. « Mais pour diverses raisons, je suis revenue. Je n’ai aucun regret. Les joueurs et joueuses de équipe de tennis de table chinoise sont très forts et je veux juste partager mon expérience avec eux. Il y a quatre ans, j’étais allée aux Jeux Olympiques et je n’avais rien. Je n’avais pas de pression, je ne m’attendais à rien. Quatre ans plus tard, j’ai beaucoup plus d’expérience et j’ai ressenti un poids sur mes épaules dans la mesure où les leaders de l’équipe ont des responsabilités. »

La joueuse de la République populaire démocratique de Corée Kim Song-I a remporté le bronze face à la Japonaise Ai Fukuhara (11-7, 11-7, 11-5, 12-14, 11-5) en pratiquant un tennis de table très défensif. « Je pense que je viens de prouver que les joueurs défensifs peuvent jouer les plus beaux matches ! » a-telle fait remarquer. 

Ma Long domine le champion sortant pour s’adjuger l’or
En finale du simple hommes le 11 août, et comme chez les dames, le champion olympique sortant s'est incliné, avec la victoire de Ma Long, lNo 1 mondial et champion du monde, contre Zhang Jike,  vainqueur à Londres 2012, 4-0, facilement, 14-12, 11-5, 11-4, 11-4. Pour arriver en finale, Ma Long n’a connu qu’une alerte : en huitièmes face au pongiste de la République de Corée Jung Young-sik, lors d’un match où il a perdu les deux premières manches (6-11, 10-12, 11-5, 11-1, 13-11, 13-11). Il a également dû disputer six manches en demi-finale face au très performant Japonais Jun Mizutani. Zhang Jike n’a pour sa part pas rencontré de réels problèmes dans un parcours qui l’a conduit à sa deuxième finale consécutive aux Jeux. 

En finale, devant le public du Pavillon 3 Riocentro, Ma Long a tout simplement réalisé le Grand Chelem en tennis de table puisqu’il détient désormais le titre mondial, la coupe du monde et l’or olympique. « Je suis très heureux, pas seulement de ce Grand Chelem, mais d’être devenu champion olympique. C’est ce titre à lui seul qui me comble de bonheur, a expliqué Ma Long. Je n’ai pas stressé durant la finale, j’ai fait de mon mieux et j’ai joué libéré. Je suis ravi d’avoir pu gagner. C’est un moment particulier dans ma carrière. » 
Zhang Jike n’a pas semblé déçu d’avoir perdu son titre olympique. Il a préféré souligner la qualité du spectacle offert par deux joueurs évoluant au plus haut niveau mondial. « Cela restera un souvenir spécial pour nous athlètes, et pour ceux qui ont assisté au match que nous avons joué. Ma a été très bon, particulièrement dans le premier set. Il a gagné ce titre, et je le félicite très sincèrement pour avoir réussi le Grand Chelem. »

Pour la médaille de bronze, c'est Jun Mizutani (No 6 mondial) qui l'a emporté, devant le Biélorusse Vladimir Samsonov (No 9), assez facilement aussi 4-1 (11-4, 11-9, 6-11, 14-12, 11-5).
Jun Mizutani était ravi de monter sur la troisième marche du podium : « C’est mon rêve depuis que je suis enfant, je suis très content d’avoir cette médaille. Je connais bien Vladimir Samsonov, je l’ai affronté plusieurs fois dans le passéet je savais donc comment le jouer. J’ai fait en sorte de rester dans le match et de continuer à me battre. » En observateur avisé du tennis de table mondial, il ajoute : « Les joueurs chinois sont les plus forts parce qu’ils n’ont aucun point faible. Ils ont un super mental et de grandes facultés techniques qu’ils utilisent dans le jeu. »

L’équipe féminine chinoise sans discussion face à l’Allemagne
Si l’on s’accorde à dire que la Chine règne sans partage sur le tennis de table, Li Xiaoxia, Liu Shiwen et Ding Ning l’ont démontré avec éclat tout au long du tournoi féminin par équipes, ne concédant pas la moindre défaite dans les simples et en double, au premier tour face au Brésil, en quarts de finale devant la République populaire démocratique de Corée, en demi-finale contre Singapour et en finale face à l’Allemagne le 16 août. Parvenir à ce stade constituait déjà un exploit historique pour la formation européenne puisqu’elle n’avait jamais obtenu de médaille aux Jeux avant de battre l’équipe japonaise au terme d’un marathon de quatre heures en demi-finale, 3-2. 

Dans une première partie de finale à sens unique (3-0, 3-0) et expéditive, Liu Shiwen et Li Xiaoxia ont envoyé des smashes explosifs, et de prodigieuses balles liftées pour submerger Han Ying et Petrissa Solja sans perdre un jeu dans les matches de simple.
Les Allemandes Shan Xiaona et Petrissa Solja ont montré plus de résistance dans le double et réussi à enlever la troisième manche. Mais Liu et sa partenaire Ding Ning, championne olympique en simple, ont vite repris le contrôle pour parachever une victoire retentissante (3-1), pour un score sec de 3 victoires à 0. « Perdre cette manche a rendu la compétition plus excitante, mais bien sûr, je ne veux jamais perdre la moindre manche », a expliqué Liu. Malgré le côté déséquilibré de cette finale, la médaille d’argent représente le meilleur résultat jamais obtenu en tennis de table féminin par l’Allemagne. « L’écart avec la Chine est tout simplement trop important et c’est donc la première fois que je n’ai ressenti aucune pression en disputant un match. Finalement, cela consistait principalement à se faire plaisir ! », a expliqué la joueuse allemande Han Ying.

Le match pour la troisième place a donné lieu à une belle explication entre le Japon et Singapour. Ai Fukuhara, Kasumi Ishikawa, et Mima Ito sont finalement venues à bout de Yu Mengyu, Feng Tianwei et Zhou Yihan 3-1. L’adolescente japonaise Mima Ito, 15 ans, est devenue la plus jeune médaillée olympique de l’histoire en tennis de table en aidant son équipe à décrocher le bronze.

L’équipe masculine complète le Grand Chelem de la Chine 
Ma Long, Zhang Jike et Xu Xin ont clôturé le 17 août les épreuves de tennis de table des Jeux de Rio 2016 en apportant à la Chine son quatrième titre en quatre épreuves, après une finale par équipes hommes conclue sur le score de 3 victoires à 1, mais où la jeune équipe du Japon leur a donné du fil à retordre, 

Le médaillé d’or du simple, Ma Long, a démarré la finale en simple comme à la parade, en dominant le Japonais Koki Niwa 3-0. Mais Jun Mizutani a surpris Xu Xin dans le 2e simple. Le pongiste japonais a remporté les deux premières manches. Le Chinois à la prise porte-plume a fait une remontée tonitruante, remportant les deux manches suivantes avant d’obtenir deux balles de match à 10-7 dans la cinquième. Mizutani a alors aligné cinq points d’affilée pour s’imposer 3-2 et égaliser à une victoire partout !
Le Japon a poursuivi sur sa lancée dans le double, où Maharu Yoshimura et Koki Niwa ont remporté la première manche 11-4 face à Zhang Jike et Xu Xin, menaçant de créer une immense surprise. Le double chinois a cependant repris ses esprits et a fini par prendre le dessus 3-1. Ma Long est alors retourné sous les projecteurs, annihilant les espoirs du Japon et de sa dernière carte en simple, Maharu Yoshimura, avec une brillante victoire. Il ne lui a laissé en tout et pour tout 9 points : 11-1, 11-4, 11-4. Ma a ainsi bouclé le troisième Grand Chelem consécutif de la Chine aux Jeux Olympiques. 

« Je suis très satisfait, car les choses n’ont pas été si faciles ce soir, a expliqué Ma Long. Cette médaille d’or par équipes me parait beaucoup plus lourde que celle que j’ai gagnée en simple. Nous avons eu très peur pendant le double, parce que Xu Xin venait de perdre le deuxième match de simple et il n’a disposé que de cinq minutes de repos pour penser à la stratégie. Il a été très bon et il a gagné! »

Xu Xin s’est montré impressionné par la résistance des Japonais. « Ils sont vraiment forts et ils le deviennent de plus en plus ! Outre leur meilleur joueur, Jun Mizutani, les deux autres sont vraiment très jeunes : dans quatre ans à Tokyo, ils représenteront un danger encore plus important pour nous! »
Jun Mizutani, médaillé de bronze en simple, vainqueur du deuxième simple de cette finale, est en effet prêt à mener la charge face aux Chinois dans quatre ans, à domicile. « Disputer des finales aux Jeux Olympiques à ce niveau-là, sans parler de la façon dont nous avons perdu face à la Chine aujourd’hui, a encore plus de valeur pour nous que la médaille. Cela nous apporte énormément de confiance et j’attends avec impatience Tokyo 2020, avec en tête l’idée que nous pourrons battre les Chinois. »

Dans le match pour le bronze, l’Allemagne s’est imposée malgré une blessure au cou de Timo Boll, qui a réussi à remporter le double avec son partenaire Bastian Steger et son simple 3-0 devant Joo Saehyuk pour sceller la victoire 3-1 face à la République de Corée. 
back to top En