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Date
04 juil. 2016
Tags
Actu CIO , Escrime , Montréal 1976

Tous pour un, un pour tous : Thomas Bach raconte la victoire du fleuret allemand à Montréal 1976


Le 25 juillet 1976 à Montréal, Thomas Bach, Matthias Behr, Harald Hein et Klaus Reichert s’imposent face à l’Italie en finale du tournoi olympique de fleuret par équipes. Le champion olympique devenu président du CIO en 2013 revient sur ces grands moments d’émotion.

Thomas Bach est un fleurettiste prometteur dès l’âge de cinq ans. Né à Würzburg en Bavière, il a débuté l’escrime non loin de chez lui, à Tauberbischofsheim. Le « Fecht-club » de la ville est encore une petite structure dans les années 1960, mais il va se développer pour devenir un des plus célèbres clubs d’escrime au monde, et son palmarès est fort de 21 médailles aux Jeux Olympiques, et 228 dans les championnats d’Europe et du monde.

Thomas Bach grandit avec son club. En 1971, à 17 ans, il remporte la médaille de bronze des championnats du monde junior disputés à Chicago (USA). Deux ans plus tard, il est en équipe d’Allemagne senior, et revient des Mondiaux 1973 disputés à Göteborg (Suède) avec la médaille d’argent du tournoi de fleuret par équipes après avoir joué la finale face à l’Union Soviétique.

Thomas Bach se remémore le triomphe de Montréal 1976

A Montréal, Thomas Bach ouvre les yeux en grand le 17 juillet 1976 lorsqu’il défile avec la délégation ouest-allemande lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux de la XXIe Olympiade. « C’était bien sûr un moment formidable d’être au milieu de tous ces athlètes du monde entier, en tant que jeune escrimeur pas du tout habitué à entrer dans un grand stade avec 60.000 à 70.00 spectateurs. Quelle émotion! »

Sur les pistes d’escrime de l’université de Montréal, les 24 et 25 juillet 1976, l’équipe de fleuret de la RFA ne fait pas partie des favorites. Aucun de ses tireurs n’a dépassé la phase des poules dans la compétition individuelle. Et pourtant… « Nous étions d’une part particulièrement motivés, et d’autre part extrêmement concentrés sur notre compétition.  Nous étions des outsiders. Les experts pensaient que nous pouvions gagner une médaille si tout se passait bien. J’étais avec mes coéquipiers et amis les plus proches. Nous nous regardions dans les yeux en nous disant : « on va le faire. Aujourd’hui, c’est notre jour » raconte Tomas Bach, qui ajoute : « Vous voulez donner le meilleur de vous-même, vous voulez contribuer au maximum de vos possibilités au succès de votre équipe. C’est votre approche, vous êtes centré sur l’objectif et vous prenez les choses pas à pas ». 

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Emmenée par les jeunes Matthias Behr et Thomas Bach, l’équipe ouest-allemande va en fait tout renverser sur son passage. Une défaite en poules face à l’Italie (9-7) ne ralentit pas son parcours vers les quarts de finale où elle élimine la formation polonaise tenante du titre, 9-4. En demi-finale, c’est l’Union Soviétique qui chute face à la RFA, 9-7. En finale, Behr, Bach, Harald Hein et Klaus Reichert retrouvent l’Italie (et Fabio Del Zotto, médaillé d’or en individuel) et l’emportent sans trembler, 9-6. Thomas Bach joue un rôle moteur et décisif dans cette victoire olympique, en remportant trois assauts en finale. « C’est toujours spécial de tirer en équipe, car là, tout le monde gagne, tout le monde perd et cela vous rassemble, vous rend très proches et c’est d’autant plus important dans un sport comme l’escrime qui à l’origine est une discipline individuelle.»

Au moment de monter sur la plus haute marche du podium, les émotions sont contrastées : « C’était une finale à haute tension. Mais avec un beau résultat à la fin ! C’est je pense un moment assez étrange. D’un côté, vous êtes submergé de  bonheur, et de l’autre, vous êtes si fatigué, et c’est un peu comme tomber dans un trou noir. Toute la tension s’évapore en un instant et vous réalisez qu’elle n’était pas là que lors de la finale, elle était présente depuis au moins quatre mois » !

Le retour en Allemagne reste également un des moments les plus émouvants vécus par Thomas Bach : « Nous venions d’une petite ville qui comptait à l’époque 11.000 habitants. Quand nous sommes revenus de Montréal, 30.000 personnes nous attendaient. Toute la ville… et plus, cela me donne encore des frissons aujourd’hui ! Et là, vous voyez que la médaille d’or olympique n’est pas seulement pour un athlète, elle va au-delà du simple fait de gagner une compétition olympique. C’est un moment d’émotion partagé avec un large public. C’est ce qui la rend unique, c’est ce qui rend les Jeux Olympique si uniques ».

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L’itinéraire d’un champion

La même équipe de fleuret ouest-allemande triomphe à nouveau en 1977 à Buenos Aires, en finale des championnats du monde de la FIE, et comme l’année précédente à Montréal, en battant l’Italie de Fabio Del Zotto en finale après avoir éliminé l’URSS en demi. Thomas Bach est champion d’Allemagne individuel 1977 et 1978, vainqueur la même année de la Coupe d’Europe des champions par équipes, et médaillé de bronze par équipes lors des championnats du monde 1979 à Melbourne. Il se prépare activement à aller défendre le titre collectif aux Jeux de Moscou 1980. 

Alors que le boycott des Jeux de Moscou se profile pour plusieurs pays, dont l’Allemagne de l’Ouest, Thomas Bach multiplie les prises de paroles au plus haut niveau, s’élevant contre une décision qui finit par tomber durant l’hiver 1980. Il décide ensuite de mettre un terme à sa carrière sportive à 27 ans, l’automne de la même année.

Encouragé par le président du CIO Juan Antonio Samaranch, il devient membre fondateur de la commission des athlètes de l’institution internationale, laquelle se réunit pour la première fois à Baden-Baden lors du congrès olympique 1981. Il préside à ses destinées jusqu’à la fin des années 1980, puis devient à 37 ans, en 1991, l’un des plus jeunes des membres du CIO. Membre de la commission exécutive (1996) puis vice-président (2000), Thomas Bach est élu président du Comité International Olympique le 10 septembre 2013 lors de la 125e session à Buenos Aires sur lieu de son titre mondial 1977.

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