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Date
19 oct. 1968
Tags
Mexique 1968

Toomey remporte le décathlon à force de détermination

Le décathlon donne l'occasion au public mexicain d'admirer l'exploit d'un champion hors du commun. Cet athlète exceptionnel reconnaît pourtant lui-même s'être intéressé à la discipline "faute de briller dans un domaine". Régulièrement confronté à l'adversité, cet homme n'a jamais baissé les bras.

À 12 ans, Bill Toomey s'est blessé en jouant avec une poterie en céramique. L'accident sectionne plusieurs nerfs dans son poignet droit. Les docteurs lui expliquent alors qu'il ne pourra plus se servir de cette main. Des années plus tard, l'Américain lance le poids, le disque et le javelot et saute à la perche, au mépris de ce pronostic pessimiste.

Toomey rêve de devenir champion olympique. En 1964, il paye de sa poche le voyage jusqu'à Tokyo pour assister à la compétition. Il se rend alors compte qu'en dépit de ses qualités, il n'excelle pas suffisamment dans une discipline pour espérer atteindre un jour le niveau olympique. Il décide alors de se diversifier et entame une carrière de décathlonien.

Il progresse rapidement et commence à se faire un nom dans les meetings internationaux. En pleine ascension, il contracte malheureusement une hépatite lors d'un séjour en Allemagne de l'Ouest. Entre la vie et la mort, il passe six mois à l'hôpital. Il finit néanmoins par retrouver la santé… et les pistes d'athlétisme.

Son retour à la compétition est hélas stoppé net par une mononucléose, elle-même suivie d'un accident de voiture au cours duquel Toomey est touché au ménisque.
Face à une telle malchance, tout autre que lui aurait renoncé, d'autant que Toomey occupe également un poste de professeur d'anglais dans une école. Sa volonté de fer lui permet pourtant de gagner sa place à Mexico, en tant que premier espoir américain.

La première journée se transforme rapidement en marche triomphale. Débuté par deux essais manqués, le concours du saut à la perche se révèle le plus problématique. Visiblement nerveux, Toomey avouera plus tard que son succès au troisième essai n'était dû qu'à sa "pure détermination". Dans la foulée, il efface 4m20 et améliore son record personnel.

Il décroche définitivement la médaille d'or après avoir remporté le 1 500 m, ce qui lui vaut également d'établir un nouveau record olympique. "Si c'était facile, ça ne vaudrait rien" déclare, essoufflé mais heureux, le champion olympique.

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