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Tokyo 2020

Tokyo 2020 en point de mire: Viktor Axelsen

Dans cette première d’une série d’entretiens avec des athlètes qui visent les Jeux Olympiques de Tokyo 2020, le Danois Viktor Axelsen, médaillé de bronze olympique en badminton aux Jeux de Rio 2016, parle de ses chances au japon, de l'aprentissage de nouvelles langues et de son avenir dans le sport.


L’histoire de Viktor Axelsen démontre très bien la puissance transformatrice d'un success olympique. Il s'agit presque de la parfaite étude de cas. C’était un samedi matin d’août dans l'enceinte Riocentro, l’avant-dernier jour des Jeux Olympiques de Rio 2016, que ce jeune Danois de 22 ans a remporté la médaille de bronze du simple hommes de badminton contre le Chinois Lin Dan, l’un des meilleurs spécialistes de ce sport.

Dans une image mémorable prise lors des célébrations d’après-match, on le voit les larmes aux yeux, les bras musclés tendus, les poings fièrement serrés. Il affiche l’expression d’un gamin aux anges. C’est enfin l’accomplissement d’un rêve d’enfance et l’émergence de la maturité sur le court de badminton. Depuis le succès fondateur de cette médaille à Rio, rien n’a pu stopper son ascension. Il est le champion du monde et d’Europe en titre. Il a également remporté les finales des Super Series de la Fédération mondiale de badminton (BWF) concluant les deux précédentes saisons.

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Pour le Danois, il est indubitable que ce qu'il a vécu à Rio a eu un impact hautement significatif et positif sur sa carrière : «Au Danemark, durant la preparation qui précède les Jeux Olympiques, les joueurs et les athlètes qui y sont déjà allés tentent d’expliquer comment c’est», explique-t-il. «Mais ce n’est pas quelque chose qu’on peut comprendre. On ne peut pas se préparer à ce qu'on va ressentir à l’arrivée dans la ville hôte ou au village olympique, tant qu’on n’y est pas allé soi-même. Entrer sur le court avec les anneaux olympiques sous le filet, a représenté, pour moi, une expérience absolument surréaliste! C’est très difficile à décrire et je crois que chacun devrait pouvoir en faire l’expérience, tant les athlètes que les fans, simplement pour comprendre et reconnaître que rien n’est comparable aux Jeux Olympiques.»

Rien n’est comparable aux Jeux Olympique Viktor Axelsen Danemark

Écouter ce Danois raconter ses émotions après le match contre Lin Dan, c’est se rendre compte des sacrifices considérables qu’implique l’accession au sommet d’un sport et la joie irremplaçable ressentie quand, au bout du compte, ces sacrifices se révèlent payants.

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C’est un rêve qui se réalise. Viktor Axelsen Danemark

«Je ne peux pas vraiment me souvenir de tout ce qui m’est passé par la tête. Seulement un immense afflux d’émotions et de bonheur. C’est un rêve qui se réalise», se rappelle-t-il. «Remporter une médaille olympique, c’est quelque chose qui obsède les athlètes tout au long de leur carrière… En avoir gagné une représente pour moi un immense accomplissement. C’est pourquoi, cela m’a ému à ce point. Ce n’était pas que la tension des Jeux ou le fait que je voulais vraiment réussir. C’est aussi toute la préparation qui précède. Cela ne se présente que tous les quatre ans et c’est une expérience folle.»

 


Cette expérience, il espère pouvoir la revivre à Tokyo 2020. Et si on attendait peu du Danois à Rio, du fait de son âge, en 2020, un résultat moins bon que sa médaille de bronze de 2016 serait certainement perçu comme décevant. Cela signifie-t-il qu’il se prépare pour ses deuxièmes Jeux Olympiques dans un esprit différent, maintenant qu’il n’est plus un debutant mais le favori du tournoi?

«Je me sens vraiment plus calme aujourd'hui, dit-il. Après avoir gagné les Championnats du monde et d’autres compétitions, je sais que si je me débrouille bien et que je m’améliore tous les jours, les résultats seront là. L’expérience que j’ai acquise me sera utile. J’ai eu de bons résultats et je sais ce que je dois faire à l’approche d’un grand tournoi pour être prêt. Je veux me concentrer là-dessus. Utiliser mon expérience en sachant qu'en étant en bonne condition physique et mentale, je pourrai alors obtenir des résultats. Être déjà allé une fois aux Jeux Olympiques et m’en être bien sorti, c’est aussi une experience fantastique. Bien sûr, je veux encore faire mieux, mais on a encore deux ans. Je m’efforce de m’améliorer tous les jours et je crois que c’est ce qu’il faut faire. Prendre un jour à la fois, une séance après l’autre, et je serai alors, espérons-le, au meilleur de ma forme pour Tokyo 2020.»

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Quand Viktor Axelsen se rendra dans la capitale japonaise pour les Jeux, il ne sera pas en territoire complètement inconnu. À 24 ans, il est le tenant du titre de l’Open du Japon, qui s’est aussi tenu à Tokyo, l’un des plus grands tournois du circuit mondial de la BWF. Il ne doute pas que Tokyo organisera aux Jeux des épreuves de badminton de classe mondiale. «Ayant été à Tokyo plusieurs fois et ayant pu constater comment cela se déroule, comment était l’organisation de l’Open, je sais que Tokyo sera prête.» Et d’ajouter: «Je pense que ce sera un endroit fantastique pour les Jeux et je suis impatient d’abord de me qualifier, puis d’y aller. Je suis sûr que ce sera génial et je sais que c’est l’attente les joueurs au Danemark n’attendent que ça!»

À l’ouest du Japon et au-delà de la mer de Chine orientale, il fait l’objet d’un fervent soutien d’un nombre impressionnant de Chinois, fans de badminton. Son statut particulier ne s’explique pas uniquement par la popularité ancienne du sport dans le pays, mais aussi par le fait qu’au début de sa carrière, il a pris la décision inhabituelle et tout à fait remarquable d’apprendre le mandarin. Il parle désormais la langue couramment, ce qui ne manque pas d’impressionner les fans, les médias et les autres joueurs chinois.

On parle presque plus de mon mandarin que de mon badminton! Viktor Axelsen Danemark

«Les gens me soutiennent vraiment. Ils s’intéressent à la manière dont je fais les choses, explique-t-il. Le fait de pouvoir désormais parler aux joueurs de Chine et d’autres pays aussi, c’est vraiment bien. On se fait de nouveaux amis! Au Danemark, cela a surpris. On parle presque plus de mon mandarin que de mon badminton! Alors c’est amusant. Peut-être qu’à l’avenir, j’apprendrai une autre langue, mais pour le moment le badminton et le mandarin sont mes priorités. Et j'ai encore une belle marge de progression! »

Ajouter une nouvelle corde à son arc linguistique ouvre des possibilités intéressantes après sa carrière de joueur. Ce jour est encore loin, mais il est peu probable qu’il se retrouve sans propositions commerciales le moment venu.

«Je n’ai pas encore beaucoup pensé à ce que je ferai après ma carrière. Je crois que je parle déjà plusieurs langues, que je comprends la vie en Chine, comment on y fait les choses et comment on les fait en Europe, et quelles sont les différences. Cela devrait m’être utile», estime-t-il. Lui qui a consacré la plus grande partie de sa vie au badminton, envisage-t-il un rôle de dirigeant dans le sport, comme ses compatriots Poul-Erik Høyer Larsen, président de la BWF, ou Thomas Lund, son secrétaire général? «Ce n’est pas quelque chose que j’exclus, admet-il. Je veux voir les choses avancer et j’adore le badminton. C’est ma passion et c’est ce que j’ai pratiqué presque toute ma vie. C’est une voie que je pourrais emprunter après ma carrière de joueur. Mais attendons de voir ce qui va se passer. On ne sait jamais.»


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