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Tokyo 2020, c’est parti : nouvelles dates, même engagement

IOC Headquarters 2020 Getty Images
Lors de la téléconférence de presse tenue ce jeudi, quatre directeurs du Comité International Olympique (CIO) ont répondu aux questions portant sur les défis complexes que pose la décision historique du report à l’été 2021 des Jeux Olympiques de Tokyo 2020.

Les directeurs du CIO ayant rejoint la conférence téléphonique sont Christophe Dubi (directeur exécutif des Jeux Olympiques), James Macleod (directeur des relations avec les Comités Nationaux Olympiques et de la Solidarité Olympique), Kit McConnell (directeur des sports) et Timo Lumme (directeur des services de télévision et de marketing).

D’après la Charte olympique, les Jeux d’été doivent se tenir la première année d’une Olympiade. Par conséquent, cela signifie-t-il que le report des Jeux s’accompagnera d’une modification de la Charte olympique ? La commission exécutive du CIO est-elle habilitée à modifier la Charte sans l’approbation de la majorité des membres du CIO?

Christophe Dubi : Nous n’agissons pas à l’encontre de la Charte. Ce que nous avons fait, c’est d’assurer que la mission prioritaire du CIO, à savoir la tenue des Jeux, soit entièrement respectée ; dans ce sens nous n’allons pas à l’encontre de la Charte, nous allons dans la direction de ce qui constitue la mission principale du CIO.  Et je pense que tout le monde est d’accord avec la décision prise.

À votre avis, quel est l’impact du report sur les Jeux Olympiques d’hiver de 2022 à Beijing?

Christophe Dubi : En fait, nous considérons qu’il s’agit d’une occasion fantastique. La situation dans laquelle nous nous trouvons avec Tokyo générera un immense suivi et l’impact des Jeux de Tokyo sera absolument exceptionnel. Et juste après tout cet enthousiasme, à quelques mois d’intervalle, il y aura les Jeux d’hiver à Beijing. Nous pensons véritablement qu’il s’agit d’une grande montée en puissance vers les Jeux de Beijing. Nous sommes en discussion avec le comité d’organisation, et à l’interne aussi avec nos partenaires, pour tirer le maximum de cette occasion qui nous est donnée d’avoir, pour une fois, deux éditions des Jeux pas trop éloignées l’une de l’autre mais au contraire qui se suivent de près. En fait, nous voyons vraiment le bon côté des choses avec cette possibilité qui nous est donnée de pouvoir avoir des Jeux Olympiques d’été et d’hiver qui se suivent d’aussi près.

À l’heure actuelle, les cas d'infection au nouveau coronavirus augmentent progressivement à Tokyo et au Japon avec, à la clé, des contrôles beaucoup plus stricts à travers tout le continent asiatique dans un futur proche. En outre, en Suisse vous travaillez à distance. Vous venez d’expliquer l’énormité de la tâche que représente le fait de refaire six ans de travail, voire plus, dans les 16 prochains mois. De quelle manière votre travail et l’accomplissement de votre tâche se trouvent-ils affectés par cette situation à distance et la situation liée au coronavirus ?

Christophe Dubi : Tout d’abord, il s’agit de santé, de sa santé, de sa famille, de ses amis et nous devons tous faire ce qui est juste en matière de santé. Toutes nos décisions ont été dictées par ce mantra : la santé d’abord. Donc, il va de soi que les déplacements ont été supprimés. Nous organisons notre travail par visioconférences et téléconférences, ce qui suppose de nous réorganiser afin de continuer à travailler. Nous l’avions fait par le passé évidemment, mais à présent la réorganisation est d’une tout autre ampleur puisqu’elle est à la fois interne au sein du CIO et entre le CIO et Tokyo 2020. Et ça marche.

Les réunions sont empreintes d’une grande discipline : les ordres du jour sont très clairs, tout le monde prend la parole d’une manière très structurée. Nous travaillons vraiment avec une grande efficacité même si c’est toujours bien de se réunir ; l’être humain est en effet fait pour interagir avec ses pairs.  Nous suivons la situation au Japon et dans le monde avec un groupe de réflexion réunissant tous les partenaires grâce auquel nous évaluons constamment la situation. Par bonheur, les autorités sanitaires au Japon et nous-mêmes pouvons compter sur l’OMS (Organisation mondiale de la Santé) qui nous fournit une aide extrêmement précieuse.

Quel impact réel cette situation liée au coronavirus et ce report sans précédent exercent-t-ils sur le Mouvement olympique ? La promotion de la valeur du sport a dans un sens été remplacée par la crainte pour l’avenir du monde. Et il semble bien qu’il n’y ait pas de place pour le sport dans cette société. Comment le sport et le Mouvement olympique peuvent-ils survivre à cette situation ?

Christophe Dubi : Je vais commencer par répondre au sujet de la manière dont nous voyons les choses s’agissant des Jeux et des Jeux du futur sachant que les éditions 2030, 2032 et suivantes suscitent un intérêt marqué. Un des éléments qui a véritablement modifié l’environnement dans lequel nous évoluons est l’Agenda olympique 2020 et la nouvelle norme. Tout le monde a bien compris que se projeter dans l’avenir s’effectuera sur une base financière différente car le coût des Jeux sera bien moindre à l’avenir que par le passé. Si certaines mesures ont déjà aidé Tokyo, la souplesse est bien plus grande s’agissant de la manière d’envisager les Jeux et de tout ce qui se passe durant et autour des Jeux.

Cette souplesse signifie que vous courez bien moins de risques pour organiser des Jeux. Preuve en est le plan directeur des Jeux Olympiques d’hiver de 2026 à Milan Cortina dont le budget est bien plus bas que n’importe quels Jeux précédents ; aucune construction n’est nécessaire et la charge des Jeux est répartie sur plusieurs noyaux de sites. Je pense vraiment que le travail fourni a permis d’accroître la souplesse et de mettre en place les conditions pour que les futures parties intéressées puissent présenter un projet modulable et léger. À ce niveau, nous sommes vraiment bien positionnés. Mais peut-être que certains de mes collègues voudront prendre la parole à ce sujet.

Kit McConnell : Les principes soulignés par Christophe sont ceux que le CIO a mis en place très tôt : placer la santé du public et des athlètes au cœur de toutes les décisions portant sur les Jeux.

Cela se voit aussi dans le monde du sport au sens large. Pour l’instant, le sport est à l’arrêt. Nous ressentons tous dans notre existence l’absence du sport sur le terrain, nous qui sommes tellement habitués à bénéficier pratiquement 24 heures sur 24 d’une couverture des manifestations sportives dans le monde. Cependant, on constate également la manière dont le mouvement sportif dans le monde réagit : les athlètes, les clubs, les fédérations, les manifestations elles-mêmes ainsi que les organisations comme le CIO véhiculent tous ce message de santé publique, parfois en se servant de la renommée de certains grands noms du sport et de vedettes locales. Ils s’emploient très activement à faire passer les messages dispensés par les autorités sanitaires demandant de rester à la maison, de prendre des précautions spécifiques et d’adopter certains comportements tout en prodiguant espoir et conseils sur la manière de faire de l’exercice et de résoudre les problèmes de santé mentale auxquels certains athlètes confinés pourraient être confrontés. Toutes ces choses sont à la fois positives et réalistes et adaptées à l’environnement actuel. Il s’agit d’un message d’espoir et de mobilisation que l’entier de la communauté sportive internationale véhicule d’une manière incroyablement forte.

Projetons-nous maintenant sur ce qu’il adviendra une fois que les restrictions seront levées, que le monde sera sorti de cette situation et aura trouvé la solution aux défis de l'épidémie de COVID-19 : le sport, et les Jeux Olympiques de l’année prochaine notamment, reviendront et joueront un rôle encore plus important car ils permettront aux gens de se recentrer sur quelque chose de positif qui soulève l’enthousiasme et donne espoir. Les Jeux Olympiques incarneront tout cela en été 2021. Il s’agit dans un premier temps de maintenir la place qu'occupe le sport en stimulant et en encourageant les citoyens, en leur donnant des conseils et en les soutenant et,  ensuite, d’offrir cette lueur d'espoir dans la perspective de l'année prochaine.

James Macleod : Les discussions que nous avons eues avec les CNO (Comités Nationaux Olympiques) ces dernières semaines ont révélé l’existence d’une très grande solidarité avec les pays et d’une entraide avec ces derniers tout au long de ce processus. Preuve en sont les échanges d’informations sur les meilleures pratiques, sur la manière dont les athlètes se préparent dans ces conditions difficiles, etc. Mais nous ne nous faisons pas d’illusions : cela aura évidemment des conséquences sur la suite et les CNO étudient d’ores et déjà la manière dont ils travailleront et fonctionneront à l’avenir. Mais ce que nous avons réussi à faire tout de suite, c’est les rassurer avec quelques programmes clés que nous préparons pour les Jeux Olympiques.

Vous avez peut-être vu hier que nous avons déjà confirmé les bourses de la Solidarité Olympique pour les athlètes qui se préparent pour les Jeux de Tokyo et pour le programme de soutien aux athlètes réfugiés. Il s’agit de programmes très importants pour les CNO et ces derniers ont ainsi la garantie que leurs athlètes bénéficieront de ce soutien à l’approche des Jeux. À l’heure actuelle, 1 600 athlètes issus de 185 CNO bénéficient de ces bourses. Grâce à cette décision, nous avions estimé qu’elle devait être prise rapidement, les CNO peuvent garder un esprit positif à l’idée que l’équipe qu’ils enverront aux Jeux continuera à bénéficier de ce soutien.

Vous avez dit vouloir fermer les sites dans les semaines à venir, y compris le village olympique ?

Christophe Dubi : Le village olympique fait partie de la première priorité car il s’agit du foyer des athlètes qui sont loin de chez eux. C’est une avancée fantastique qui a été accomplie. Oui, une de nos premières missions consiste à sécuriser à nouveau cette fantastique propriété qui a vu le jour et qui se transformera, en 2023, en une nouvelle communauté dans la baie de Tokyo. Oui, ça fait effectivement partie de la liste des choses urgentes que nous avons à faire.

Concernant les 57 % d'athlètes ayant pu conserver leur place, devront-ils de nouveau être sélectionnés par leur CNO pour être qualifiés ?

Kit McConnell : Nous avons essayé de prendre des décisions qui lèveraient les incertitudes. La première décision fut de reporter les Jeux afin de libérer les athlètes de cette incertitude ; quant à la deuxième, la définition des dates, il s’est agi de fournir un système de qualification aussi clair que possible.

Le premier élément que nous avons confirmé aux FI, aux CNO et à la communauté mondiale des athlètes était que les Jeux Olympiques de 2020 à Tokyo resteraient les Jeux Olympiques de 2020 à Tokyo. Toutes les qualifications restent en vigueur, qu’elles aient été obtenues par un CNO ou par un athlète.

La Charte olympique stipule que tout athlète participant aux Jeux doit être sélectionné individuellement par son Comité National Olympique car il représente le CNO. Sur les 33 sports, environ 57 % des 11 300 places de quota ont déjà été attribués par le biais de la compétition dans le cadre du processus de qualification. Dans certains sports, les sports de combat ou ceux qui s’appuient sur un classement individuel comme le golf et le tennis, la qualification est attribuée à un athlète spécifique qui obtient la place de qualification. Par contre, dans d’autres sports comme l’aviron, le canoë et la voile, c’est l'embarcation qui est qualifiée pour avoir obtenu certains résultats. Mais quel que soit le sport, c’est le CNO qui a le droit de sélectionner les athlètes individuels parmi tous ceux qui peuvent prétendre obtenir une place et cela restera en vigueur pour les Jeux de l’année prochaine.

Le CNO a-t-il le dernier mot et cela comprend-il les footballeurs de 23 ans admissibles  cette année mais qui ne le seront plus l’année prochaine ?

Kit McConnell : Un des éléments intéressants qui accompagnent le report de dates, c’est qu’il y a plusieurs sports, pas seulement le football, qui ont des dispositions spécifiques sur l’âge, qu’il soit minimum ou maximum. Ces dispositions sont prises parfois pour des raisons de santé et de sécurité mais parfois aussi pour définir des groupes d’âge spécifiques, en football masculin notamment, qui restreint la participation aux moins de 23 ans en autorisant quatre joueurs à être plus âgés.

Comme vous le savez, il n’y a que quelques jours seulement que la décision sur la date précise des Jeux a été prise, que nous discutons avec chacune des fédérations, la FIFA incluse, dont le système de qualification comporte des clauses spécifiques portant sur l’âge. Nous espérons parvenir à donner des assurances à tout le monde dans les semaines à venir. Pas encore de décision pour le moment mais vous imaginez bien qu’il y a une logique  derrière et sur le fait qu’il faut que ce soit les mêmes athlètes ou équipes ayant obtenu leur place de qualification qui doivent participer l’année prochaine. Notre intention consiste à pouvoir confirmer cela avec les Fédérations Internationales concernées, dont la FIFA, dans les prochaines semaines.

Le calendrier des paiements pour les diffuseurs est généralement assez proche des Jeux. Avez-vous l’intention de les faire payer avant car plusieurs FI (Fédérations Internationales) et CNO plus modestes comptent sur cet argent ?

Timo Lumme : Les obligations des diffuseurs étaient ciblées sur cet été, et maintenant nous avons reporté les Jeux d’une année. Les nouvelles dates viennent d’être annoncées et nous commençons tout juste à nous pencher là-dessus mais nous allons nous entretenir avec tous les diffuseurs pour nous assurer de trouver une solution équitable. Vous pensez bien que c’est un peu tôt et que tous ces arrangements font toujours l’objet d’un contrat mais nous chercherons à trouver des solutions justes avec tous les diffuseurs afin de garantir que nous les soutenons alors qu’ils continuent de planifier la couverture des Jeux en 2021.

Les FI et les CNO demanderont-ils ce financement néanmoins ? D’où viendra-t-il si les diffuseurs sont dans l’incapacité d’y contribuer ?

Timo Lumme : Cela fait partie du plan global sur lequel le CIO travaille. Nous avons d’une part l’offre des diffuseurs et d’autre part la demande de nos parties prenantes.

Les Japonais ont dit que le coût de ce report serait assez élevé. Que fait le CIO pour atténuer certains de ces coûts ? A-t-il l’intention d’en prendre une partie à sa charge ? Y aura-t-il des coupes dans certains services fournis au CIO et aux CNO comme les attributions des chambres d’hôtel, les familles et amis, les employés, les véhicules mis à disposition, etc.?

Christophe Dubi : La première chose, c’est le sport, le sport et le sport. Il reste au cœur de toutes nos actions et nous pouvons garantir que tout sera aussi bien organisé à ce niveau. Les athlètes sont eux aussi au centre ; là on ne changera rien de manière à ce qu’ils puissent maximiser leurs résultats et que nous puissions tous en être témoin. S’agissant de nous tous, je pense aux organes de presse, au CIO et à toutes les personnes qui travaillent à Tokyo, la situation est différente. Nous devons voir si nous ferons exactement la même chose dans une année ou si nous devrons nous adapter. Je ne dévoile aucun secret ici. Plus tôt dans la journée, nous nous sommes réunis avec certains grandes organisations de médias et nous avons posé exactement cette question : "Comment voyez-vous les Jeux dans une année ? Allez-vous fonctionner exactement de la même manière ? Devrions-nous changer certaines de nos hypothèses de base pour planifier ces Jeux une année plus tard en fonction de ce dont nous aurons besoin d’ici là ?"

Cela requiert de la part de tous des efforts coordonnés pour voir ce dont nous aurons besoin, ce qu’il faudra adapter et aborder. Ce travail a commencé avec Tokyo 2020 aussi car il y a plusieurs choses que les organisateurs pourraient envisager légèrement différemment. Est-il possible de revoir certains espaces logistiques ? D’optimiser certains d’entre eux ? Où pouvons-nous trouver des solutions différentes pour réduire la pression ? Le seul message que nous avons transmis à tout le monde lors de nos différentes conversations avec les parties prenantes est le suivant : “Assurons-nous tous de faire ce qu’il faut pour essayer de faire preuve d’innovation et de créativité. Nous avons du temps devant nous pour continuer à aider Tokyo. Même si nous pouvons compter sur cet incroyable engagement de l’État au plus haut niveau,  nous devons effectuer ce travail de soutien et faire en sorte que nous fassions ce qu’il faut”. Nous considérons la situation globale et regardons où nous pouvons gagner en efficacité.

Allez-vous verser quelque chose pour contribuer à ces coûts supplémentaires ?

Christophe Dubi : C’est vraiment un travail en cours. Le comité d’organisation de Tokyo aura des coûts supplémentaires. Et le CIO et la famille olympique auront des coûts supplémentaires. Nous examinons ces coûts en détail.

Avez-vous une idée ou même une estimation globale de ce que représente le coût financier de ce report pour le CIO ? Ensuite, est-ce quelque chose que vous pouvez simplement couvrir à partir des réserves en trésorerie ? Y a-t-il des raisons de faire une demande d’indemnisation au niveau de l'assurance ou de recourir à un autre mécanisme de financement pour régler ce problème de trésorerie auquel, nous le savons, nombre d'entités de toutes sortes seront confrontées ?

Christophe Dubi : il est vraiment trop tôt pour se prononcer et ce, pour deux raisons. Tout d'abord, cette situation est tout à fait inédite et nous devons prendre en compte chaque élément. J'ai vu des chiffes mais ce sont de pures spéculations, car je peux vous assurer que le chiffrage des coûts est actuellement en cours et que des dizaines de milliers de lignes budgétaires sont à revoir. Il est donc vraiment prématuré de s'avancer sur cette question. Comme je l'ai dit auparavant, nous nous engageons à apporter notre aide pour trouver la bonne solution. N'oubliez pas que Tokyo 2020 était dans une situation financière excellente avant le déclenchement de la crise. Il y a eu également des imprévus qu'il a fallu intégrer dans tout ce que nous devons faire pour le reste de l'organisation. Il y a donc beaucoup de facteurs changeants mais s'il y a bien une chose que nous pouvons dire, c'est que la fantastique campagne menée en termes de marketing, de vente de billets et de logements nous aide énormément car les revenus dégagés sont très importants et nous pouvons compter dessus.

Quel sentiment d'urgence ou quel besoin ressentez-vous au sein des FI ? Et quelles options ont-elles ? Comment le CIO s'inscrit-il dans cette stratégie qui est de jouer un rôle pour aider les FI dans leur planification financière ?

 Kit McConnell : tout d'abord nous sommes tout à fait conscients de l'impact du coronavirus sur l'ensemble du monde sportif et le sport ne s'exerce pas à l'écart de la société. Nous savons que les fédérations ont perdu un certain nombre de manifestations cette saison et que leurs revenus, non seulement de cette saison, mais éventuellement de la prochaine année civile seront eux aussi touchés. À l'instar des travaux qui sont réalisés avec le comité d'organisation à Tokyo, nous avons compris cela et avons déjà discuté de ces questions avec les fédérations. Nous comprenons bien que ces dernières considèrent cette situation selon leur point de vue. Maintenant que nous connaissons les dates des Jeux et que cette annonce a eu lieu il y a trois jours seulement, les fédérations examinent ces conséquences en termes  d'ajustements de leur agenda sportif. De la même manière, je pense que plusieurs d'entre elles ont examiné, comme le CIO l'a fait, quel était l'impact global pour elles en tant qu'organisations sportives.

Il ne s'agit pas uniquement des FI, mais aussi des fédérations nationales, de leurs organisateurs d'événements et de tout le monde. De nouveau, il est trop tôt pour nous de spéculer et de dire ce qu'il ressortira de cette situation et quel sera le rôle du CIO auprès des fédérations. Nous reconnaissons les défis auxquels un grand nombre d'entre elles sont confrontées et le fait qu'elles les évaluent elles-mêmes en ce moment. Nous poursuivrons le dialogue avec elles pour examiner et voir quel rôle nous pouvons jouer auprès d'elles en réponse à cela.

Qu'en est-il des sites et comment les organisateurs de Tokyo 2020 ont-ils pu garantir qu'ils seront disponibles l'année prochaine pour les Jeux ? Et si ce n'est pas le cas, y a-t-il des plans d'urgence en place ?

Christophe Dubi : s'agissant des sites, ils sont de trois ordres. Tout d'abord, il y a ceux qui sont entièrement dédiés au sport sur une base quotidienne. Ensuite, il y a ceux qui ont une vocation uniquement temporaire, et enfin il y a d'autres bâtiments, en particulier les centres de convention, plus spécialement celui de Chiba qui est actuellement en cours de transformation en vue d'accueillir des sites dédiés aux Jeux Olympiques et Paralympiques.

Nous pouvons avoir toute confiance. Dans le même temps, des négociations sur ces trois catégories de sites doivent avoir lieu, et plus particulièrement sur cette dernière catégorie, les centres de congrès car ils ont un calendrier d'événements dont certains sont déjà programmés pour 2021. Apparemment, les négociations à ce sujet ont déjà commencé et les discussions portent actuellement sur la manière de réorganiser certains des autres événements prévus pour 2021. Somme toute, nous ne sommes pas encore à envisager des plans d'urgence. Le formidable atout du sport aujourd'hui, c'est d'être un secteur qui a énormément évolué et qui permet de faire des miracles, y compris avec des établissements temporaires. Nous sommes loin d'en être là aujourd’hui. Les administrateurs des 41 sites étaient tous incroyablement fiers d'accueillir les Jeux car c'est un critère déterminant pour toute infrastructure de recevoir de tels événements. Il est donc probable que ces négociations vont aller dans la bonne direction. C'est ce que nous espérons avec force, car nous avions mis en place un plan directeur exceptionnel et nous souhaitons pouvoir le reconduire.

Pouvez-vous confirmer que les élections de la commission des athlètes du CIO seront reportées à l'année prochaine et que les membres qui sont censés quitter leur fonction à la commission cette année garderont leur siège à la commission jusqu'aux élections organisées durant les Jeux reportés ?

Kit McConnell : Le mandat de certains membres de la commission des athlètes devait durer jusqu'au début des Jeux et les prochaines élections avoir lieu au moment des Jeux. Vous pourriez être en droit de penser que la reconduction des élections sera en place avec l'actuelle commission des athlètes, toutefois comme cette décision est liée aux membres du CIO dans un certain nombre de cas, il nous suffit de revenir en arrière, d'officialiser ce processus et de le faire approuver formellement. Et donc aucune décision formelle n'a été prise à ce stade même si l'on pourrait penser que cela serait le cas. Dès que nous aurons confirmé cette décision, nous vous la communiquerons.

En l'état actuel, il n'y a pas de Session du CIO avant le mois de juin de l'année prochaine. Pouvons-nous partir du principe qu'il faut organiser une Session du CIO cette année, éventuellement de nature virtuelle, ou êtes-vous d'avis que cela n'est pas nécessaire ?

Mark Adams, porte-parole du CIO : nous ne sommes pas encore en mesure de vous donner une réponse à ce sujet. La Session du CIO reste une question en suspens sur laquelle nous continuons de travailler.

S'agissant du programme de la Solidarité, il semble que les deux programmes mentionnés comme étant prolongés représentent environ 13 % du budget total sur la base des chiffres 2018 du budget global de la Solidarité. Voulez-vous dire que vous confirmez ces 13 %, soit environ 13 millions de dollars (USD), mais que les 87 %  restants ne vont pas l'être maintenant ?

James Macleod : la réponse à votre question est non. Ce que nous avons confirmé, c'est une prolongation du programme au-delà de l'année 2020. Comme vous le savez, la Solidarité Olympique travaille sur un plan quadriennal. Actuellement, ce plan couvre la période 2017-2020 et son budget s'élève à 509 millions de dollars (USD). Il englobe un certain nombre de programmes dédiés à l'assistance aux entraîneurs, aux athlètes, à la gestion des Comités Nationaux Olympiques, à la promotion des valeurs, etc. Ce que nous avons confirmé aujourd'hui, c'est que les programmes liés aux Jeux de Tokyo seront prorogés jusqu'en 2021 et qu'ils seront donc inclus dans le nouveau plan.

Cela se fera-t-il avec de l'argent supplémentaire ou toujours avec ces 509 millions de dollars ?

James Macleod : Nous chercherons à obtenir des fonds supplémentaires. Une partie de cet argent proviendra de plusieurs activités qui ont été reportées cette année en raison de l'impact de l'épidémie de COVID-19. Un certain nombre de plans et de cours ont été reportés ou annulés, etc. C'est pourquoi nous avons pu confirmer cette décision assez rapidement.

Qu'en est-il de la situation avec l'AIBA, l'Association Internationale de Boxe ? La reconnaissance de la fédération est actuellement suspendue à partir de ces Jeux qui devaient avoir lieu en juillet mais compte tenu de ses efforts en vue d'une réintégration et de réformes, pensez-vous que la fédération puisse être réintégrée à temps pour les Jeux Olympiques de Tokyo ?

Kit McConnell : Le moment de la suspension de la reconnaissance de l'AIBA était lié au déroulement des Jeux. Ce statut devait être réexaminé après les Jeux Olympiques de Tokyo 2020, ce qui reste valable, et donc avec le report du calendrier des Jeux Olympiques à 2021, l'idée de réexaminer la reconnaissance du statut de l'AIBA va, elle aussi, être reportée. Le reste du système de qualification continuera d'être géré par le groupe de travail spécial sur la boxe qui a été mis en place sous la présidence de M. Morinari Watanabe. Le groupe de suivi dirigé par M. Nenad Lalovic restera également en place.

De toute évidence, le report a des répercussions potentielles sur les CNO en termes de parrainages et, en particulier, concernant ceux qui devaient se terminer fin 2020.

Le CIO a-t-il donné des conseils aux CNO sur la manière de gérer une prolongation potentielle de ces parrainages et, si tel est le cas, quels ont été ces conseils ?

Timo Lumme : Nous sommes effectivement en train de rédiger des lignes directrices qui couvriront globalement les principes que nous invitons à appliquer ; mais, en règle générale, ce que nous proposerons, c'est que les CNO soient libres, pour l'essentiel, de décider s'ils veulent prolonger leur parrainage local ou leurs parrainages mis en place en général.

Ma question porte sur les sports et épreuves supplémentaires relativement aux Jeux Olympiques de Paris 2024. J'aimerais savoir si une décision finale sera prise à la fin de cette année ou après les Jeux Olympiques de Tokyo.

Kit McConnell : C'est une bonne question et l'une de celles que nous avons bien évidemment abordée en interne. Nous n'avons toutefois pas encore de réponse à y apporter. Je pense que c'est l'une de ces nombreuses tâches pour lesquelles nous avions un délai important étant donné la tenue des Jeux Olympiques de Tokyo 2020, mais maintenant nous devons examiner ce point. La priorité première était, bien sûr, de confirmer les dates de Tokyo 2020 . Cette interrogation sur le programme des épreuves et les quotas d'athlètes pour Paris 2024 est un sujet que nous pouvons étudier maintenant que les dates sont connues. Nous y travaillons intensément en interne et, bien sûr, avec le comité d'organisation à Paris et également en parlant du calendrier avec les fédérations. Comme vous pouvez l'imaginer,  cette question est survenue dans les jours qui ont suivi le choix des dates de Tokyo, et nous espérons y répondre bientôt.

Garderez-vous Sapporo pour le marathon et la marche et, si tel est le cas, le calendrier de la session sportive sera-t-il le même que prévu auparavant ?

Kit McConnell : nous disposons d'une base fantastique pour la planification des Jeux grâce à celle qui a été mise en place pour les Jeux de Tokyo cet été et cette base reste valable et en place pour l'été prochain. Par conséquent, le calendrier des compétitions de l'ensemble des Jeux reste inchangé. Il pourra, bien sûr, y avoir des adaptations vu que nous examinons de près tous les ajustement nécessaires mais le calendrier des compétitions reste en place, et cela inclut Sapporo.

Comment allez-vous résoudre la question du village olympique ? On sait que des appartements ont déjà été vendus et qu'ils doivent être livrés en décembre de cette année. Cela fait-il partie des négociations, et le village olympique sera-t-il prêt à accueillir des participants ?

Christophe Dubi : Les discussions ont commencé. En fait, c'est un consortium qui construit ce village olympique et celui-ci devait être restitué aux promoteurs à la fin de l'année. Des transformations étaient prévues en 2021 et 2022, avec l'ajout d'écoles, d'espaces de vie, d'aires de loisirs pour les citoyens qui pouvaient emménager dans les appartements début 2023. Les discussions en cours portent sur la situation économique mais aussi sur des considérations d'ordre pratique. Ces discussions progressent mais ce sujet est de toute évidence assez complexe. Le souhait de chacun, et j'imagine celui du consortium, c'est de pouvoir mettre ce village à disposition car permettre à une communauté d'habiter dans un lieu devenu mythique pour avoir hébergé des athlètes durant les Jeux revêt de toute évidence une dimension très spéciale.

Les Jeux Olympiques de Tokyo 2020 et de Beijing 2022 se dérouleront à six mois d'intervalle. Est-ce un nouveau défi pour le CIO ?

Christophe Dubi : c'est avant tout une nouvelle opportunité, avec la possibilité d'avoir deux éditions des Jeux Olympiques en l'espace de six mois, ce qui est sans précédent. Avant 1994 nous étions dans une configuration de deux éditions des Jeux Olympiques par an, mais plus de deux décennies se sont écoulées et c'est la première fois que nous avons de nouveau la possibilité d'organiser les Jeux à des dates rapprochées. Les discussions sont en cours, en particulier avec les organisateurs des Jeux de Beijing et toutes les parties prenantes concernées pour tirer parti de cette opportunité afin de générer de l'intérêt pour les Jeux Olympiques. Ce sera sans aucun doute une expérience formidable : pour Tokyo, les attentes sont immenses et, quelques mois après, nous connaîtrons un nouveau pic d'activités avec Beijing 2022. C'est l'occasion de faire quelque chose d'extraordinaire, de sublimer les deux éditions de ces Jeux et d'utiliser le temps qu'il nous reste avant ces deux événements pour travailler dans cette voie.

Des mesures sont-elles mises en place, si une situation similaire à la crise liée au  coronavirus devait survenir l'an prochain ? Comme l'Organisation mondiale de la Santé ne peut pas exclure une recrudescence du virus en hiver, n'y aurait-il pas d'autre alternative que d'annuler les Jeux ?

Christophe Dubi: Nous avons un groupe de travail qui réunit toutes les parties prenantes (All Partners Task Force, APTF), à savoir le comité d'organisation de Tokyo 2020, le CIO, mais nous avons aussi dans ce groupe de travail, et c'est très important, des représentants de l'Organisation mondiale de la Santé, du gouvernement du Japon et du gouvernement métropolitain de Tokyo qui nous aident à avoir une évaluation constante de la situation et de son évolution. Ce groupe s'est réuni à de multiples reprises dans le passé et continuera de le faire pour suivre de près l'évolution de la situation et voir comment toutes les mesures sont prises dans les différents pays ainsi que leur efficacité. Nous espérons voir un aplatissement de la courbe en Europe et sur les autres continents dans le sillage de ce qui a visiblement été fait en Asie.

Nous allons continuer nos efforts dans ce sens. Ce travail est très important car il nous fournira toutes les indications utiles pour toute action à mener dans le futur. La santé d'abord, c'est ce que nous démontrons à travers cette activité que nous appelons APTF, pour "All Partners Task Force".

Est-il possible que certains sports ne puissent être présentés l'été prochain ou ces Jeux Olympiques seront-ils au grand complet ?

Kit McConnell : Si l'on considère tous les sports, toutes les épreuves qui auront lieu à Tokyo l'an prochain, l'un des réels avantages d'avoir ces Jeux d'été l'an prochain, c'est le maximum de temps que cela nous donne pour les préparatifs. Nous savons que les athlètes eux-mêmes rencontrent en ce moment de grandes difficultés pour s'entraîner et se préparer, et donc le fait de programmer les Jeux l'an prochain en été optimise vraiment leurs chances, quel que soit leur pays d'origine, quelle que soit leur situation dans les différentes phases de la pandémie de COVID-19. Ce report leur offre les meilleures possibilités qui soient de se préparer sur le terrain pour Tokyo l'an prochain.

Du point de vue du monde du sport, nous allons de l'avant avec tous les sports, toutes les épreuves, conformément à la planification de cette année.

Nombreux sont les athlètes qui seraient formidables pour promouvoir les Jeux mais qui ont prévu de prendre leur retraite après Tokyo 2020. Le CIO est-il en contact avec eux et avec leurs Fédérations Internationales respectives pour les encourager à s'entraîner une année de plus et participer aux Jeux de Tokyo en 2021 ?

Kit McConnell : nous sommes en contact avec un certain nombre d'athlètes et, bien sûr, nous avons établi un dialogue constant avec les FI et la communauté des athlètes au sens  large. Nous nous sommes entretenus par exemple, à maintes reprises, avec les FI au cours de ces deux dernières semaines. Nous avons été constamment en relation avec notre commission des athlètes et tenu deux conférences téléphoniques avec la communauté mondiale des athlètes. Cette dernière a approuvé aussi bien la décision que la rapidité avec laquelle cette décision a été prise.

Les athlètes ne sont pas tous au même stade de leur carrière, il y a des athlètes pour lesquels cette situation offre des opportunités. Le plus important maintenant pour eux, c'est de savoir avec certitude quand auront lieu les Jeux, ce qui leur permettra de se préparer au mieux l'an prochain sur le terrain.

Y a-t-il des défis en termes d'âges et de niveaux de carrière ? Oui, pour certains athlètes ces défis existent, et je pense que cela peut dépendre du calendrier des Jeux. Ce report arrive à des moments différents dans la carrière des athlètes. Pour d'autres, il peut leur donner des opportunités s'ils se remettent d'une blessure, s'ils n'ont pas eu la chance de se préparer correctement cette année à cause de l'impact de l'épidémie dans leur pays et sur leur propre sport.

Pouvez-vous expliquer comment le CIO s'organise pour planifier cette reprogrammation ?  Les collaborateurs de Lausanne travaillent-ils tous chez eux et y a-t-il quelqu'un du groupe de travail sur place à Tokyo, et quelle sorte de défis cela représente ?

Christophe Dubi : nous travaillons tous à la maison et comme je l'ai dit dans une réponse précédente, cette solution s'avère assez efficace. Nous disposons d'un bon environnement technologique. Nous avons tous pris nos nouvelles marques pour ce qui est des réunions soit par conférence téléphonique soit par visioconférence. Il règne une grande discipline. Les réunions respectent les horaires. Cela implique également une préparation très rigoureuse et il en est de même avec Tokyo. Pour certains d'entre nous, cela signifie que nous commençons très tôt la journée de façon à optimiser le temps où nous sommes ensemble pendant les heures ouvrables.

Nous n'avons plus de personnel de l'administration du CIO à Tokyo. Nous avons toutefois certains membres du personnel des services de radiodiffusion olympiques qui ont travaillé à l'installation du Centre International de Radio et Télévision. La décision devra être prise de savoir s'ils reviennent ou s'ils restent plus longtemps mais tous ceux qui étaient sur le terrain à des fins de planification sont rentrés à Lausanne ou en Europe.

Nous nous sommes adaptés à ce nouvel environnement virtuel. Est-ce que nos collègues nous manquent ? Bien sûr, mais nous faisons ce qu'il convient de faire et nous contribuons à lutter contre l'épidémie de COVID-19 en le faisant avec toute notre énergie.

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