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Date
07 sept. 1960
Tags
Rome 1960

Thompson à toute vapeur vers l'or du 50 km marche

Lorsqu’il était jeune, Don Thompson était un coureur passionné, mais une blessure au tendon d’Achille a eu tôt fait de stopper sa progression. Il s’est donc tourné vers la marche et a tout de suite compris qu’il était fait pour ça.


L’athlète britannique participe à sa première course majeure en 1952, de Londres à Brighton, sur une distance de plus de 80 km. S’il termine second, il ne sera plus battu lors des huit éditions suivantes de l’épreuve. Sa percée confirme néanmoins son potentiel énorme et il représente la Grande-Bretagne aux Jeux de 1956.

Ses débuts olympiques se soldent cependant par une déception. Engagé dans le 50 km marche, Thompson abandonne en effet, déshydraté et épuisé, à seulement 5 km de l’arrivée, alors qu’il était cinquième.

Cette expérience va toutefois le guider dans sa préparation pour les Jeux de Rome. Il transforme ainsi chez lui sa salle de bains en une salle d’entraînement sur mesure. À l’aide de bouilloires remplies d’eau chaude, il sature la pièce de vapeur et de chaleur, et enfile son plus gros survêtement. Il peut commencer alors son programme d’entraînement, après avoir essayé de recréer la chaleur et l’humidité qu’il devra sûrement affronter à Rome.

Mais par inadvertance, il respire également les émanations d’un appareil de chauffage à paraffine, si bien qu’il est pris de vertiges et a la tête qui tourne.
Pour venir à Rome, Thompson, qui est clerc en assurances et ne mesure que 1,65 m, s’est équipé de lunettes de soleil et d’un bob tombant spécial course que lui a confectionné sa mère. Les journalistes italiens le baptisent d’ailleurs « Topolino » (« Mickey »). Son apparence peu conventionnelle et son tempérament décontracté masquent toutefois une détermination en acier.

Il prend ainsi les commandes du 50 km marche à mi-course alors que certains de ses plus proches rivaux succombent sous la chaleur pour laquelle Don Thompson s’est préparé avec tant de soin. D’autres sont disqualifiés et au fil des kilomètres, il apparaît clairement que la course va se jouer entre lui et le vétéran suédois John Ljunggren qui fêtera ses 41 ans deux jours plus tard.

À un moment donné, la paire n’est séparée que d’une seule seconde, mais Thompson va terminer en trombe. Il compte 100 m d’avance lorsqu’il pénètre dans le stade et, sous les ovations du public, il s’en va décrocher l’or pour 17 secondes, ce qui en fait l’arrivée la plus serrée qu’on n’ait jamais vue dans l’épreuve. Thompson établit de surcroît un nouveau record olympique, avec une performance qui témoigne de la valeur de son approche novatrice de l’acclimatation.

Il continuera à marcher jusqu’à 60 ans. Auparavant, il terminera un marathon, à l’âge de 50 ans, malgré une chute à 3 km de l’arrivée dont il se relèvera avec une fracture de la clavicule. Il réussira malgré tout à conduire, d’une seule main, jusque chez lui avant de se rendre à l’hôpital.
En 1991, alors âgé de 58 ans, il deviendra lors d’un meeting international d’athlétisme le plus vieil athlète à défendre les couleurs de la Grande-Bretagne. « Je suis peut-être obsessionnel, disait-il, mais de temps à autre, quand je m’entraîne ou que je suis en compétition, je ressens quelque chose d’incroyable : des picotements sur le crâne, comme si ma tête était sur le point de s’envoler ! »

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