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Date
04 févr. 2018
Tags
Actualités Olympiques , PyeongChang 2018 , Norvège , Curling
PyeongChang 2018

Thomas Ulsrud : Revoilà Mister Pants !

Le charismatique capitaine de l’équipe de Norvège de curling est de retour. À PyeongChang 2018, Thomas Ulsrud et ses hommes vont représenter leur pays pour la troisième fois de suite aux Jeux Olympiques d’hiver. Ce sera l’occasion d’arborer une nouvelle fois les pantalons improbables qui ont fait leur gloire.

Il a poussé un gros ouf de soulagement. En battant in extremis l’équipe d’Allemagne le 23 novembre lors des derniers Championnats d’Europe, le capitaine de la Norvège Thomas Ulsrud a assuré son billet pour les Jeux de PyeongChang où il visera une nouvelle médaille, après l’argent obtenu en 2010 à Vancouver. Mais aujourd’hui, à 46 ans, la concurrence se fait de plus en plus pressante y compris dans son pays où l’équipe emmenée par Steffen Walstad, 29 ans, s’est imposée au Championnat national et représentera la Norvège lors des prochains Championnats du monde à Las Vegas. "C’était un énorme soulagement de se qualifier pour les Jeux", confirme Thomas Ulsrud qui écume les patinoires depuis plus de 25 ans, "notre sport s’est professionnalisé et l’opposition est de plus en plus forte."

Curling GettyImages
Des pantalons... viraux

Il faut dire que si le curling est un sport très ancien (on en trouve l’origine au XVIe siècle en Écosse et aux Pays-Bas), son retour au programme officiel des Jeux, après un début à Chamonix en 1924, ne date que de 1998 à Nagano. En 20 ans, cette discipline faite d’adresse, de pierres de 20 kilos et de balayeurs déchaînés, a acquis ses lettres de noblesse. Thomas Ulsrud et ses équipiers ont grandement contribué à la rendre populaire grâce à un événement anecdotique. "Nous n’avions pas reçu nos tenues officielles", raconte le souriant Thomas Ulsrud. Christopher Svae, un de mes équipiers a décidé d’acheter les fameux pantalons de clown sur Internet. Nous les avons essayés avant les Jeux de 2010. Devant le bon accueil à l’entraînement, on a décidé de les porter en compétition."

Et immédiatement, c’est le raz-de-marée. La télévision américaine s’empare du phénomène et la "Team Ulsrud" se retrouve avec 500 000 abonnés sur les différents réseaux sociaux. Et comme la finale olympique est plutôt déséquilibrée face au Canada à domicile, Thomas Ulsrud et ses équipiers marquent les esprits. La firme américaine qui commercialise habituellement des pantalons de golf se trouve rapidement en rupture de stock.

L'homme à battre s'appelle Niklas Edin

Thomas Ulsrud et ses hommes restent d’authentiques amateurs qui arrivent difficilement à boucler leurs budgets annuels. "On a quelques sponsors et une subvention du Comité olympique norvégien, mais on a tous un métier à côté de notre activité de joueur de curling. Christopher Svae et moi nous organisons des événements dans notre club de curling pour faire découvrir notre sport, Haavard Vad Petersson gère un magasin de bonbons et de smoothies et Torger Nergaard est ingénieur." Il faut dire que les longs déplacements au Canada sont impératifs pour se frotter à la fine fleur de la discipline et que les exigences du haut niveau valent également pour le curling. 

À PyeongChang, Thomas Ulsrud et ses hommes ne seront pas favoris face à l’équipe du Canada et surtout à celle de Suède emmenée par le redoutable Niklas Edin. Lors des derniers Championnats d’Europe à Saint Gall, Niklas Edin a battu deux fois l’équipe de Norvège : une fois lors de la phase de poule (9-7) et une autre fois en demi-finales (8-3). "Niklas Edin peut sembler imbattable par moments. Mais il reste un être humain", tempère Thomas Ulsrud. "Nous l’avons déjà battu dans le passé et il faudra juste que l’on se souvienne de la recette."

Curling Getty Images
PyeongChang, l'ultime défi

Thomas Ulsrud et ses trois compères peuvent présenter un joli CV riche de 12 qualifications aux Championnats du monde et 16 participations aux Championnats d’Europe. En point d’orgue, il y a bien sûr le titre mondial conquis en 2014 face à la Suède en finale et deux succès au niveau européen en 2010 et 2011. Pour les Jeux, c’est encore Thomas, le capitaine ou skip, qui aura la rude tâche de jouer en position de n°4. C’est donc lui qui déterminera la stratégie, mais surtout il aura comme rôle de lancer les dernières pierres de son équipe, celles qui peuvent faire basculer le destin d’une équipe de l’or olympique jusqu’à une quatrième place, toujours cruelle.

À 46 ans, Thomas Ulsrud sait probablement que les Jeux de PyeongChang représentent son défi ultime. "C’est sûr que remporter les Jeux vous fait rentrer dans un cercle très fermé", reconnaît-il. "Je ne sais pas encore ce que nous ferons ensuite. On fera le point à la fin de la saison." Quoiqu’il en soit, le champion norvégien a d’ores et déjà marqué l’histoire de son sport avec ses tenues pleines d’humour et des résultats de premier plan. 

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