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Tessa Worley prête à briller sur plusieurs fronts à PyeongChang 2018

Elle est la championne du monde en titre du slalom géant et de l'épreuve par équipes avec ses camarades de l'équipe de France, le "Team Event" mixte du ski alpin qui entre au programme olympique sur les neiges coréennes. Tessa Worley progresse également en super-G, et pourra donc tenter de briller aux Jeux dans trois disciplines.

Tessa Worley a connu tous les bonheurs lors de l'hiver 2016-2017. Revenue au plus haut niveau après avoir subi durant deux saisons les conséquences physiques et morales d'une mauvaise blessure au genou droit contractée en chutant dans le slalom de Courchevel le 15 décembre 2013, la skieuse du Grand Bornand a remporté à Saint-Moritz (Suisse) son deuxième titre de championne du monde du slalom géant (après celui gagné en février 2013 à Schladming), et a fini la saison en n°1 mondiale de sa discipline, en s'adjugeant le petit globe de cristal FIS devant l'Américaine Mikaela Shiffrin. 

C'est bien en slalom géant que "La Puce" (1,57 m pour 57 kg) exprime le mieux ses qualités : explosivité, appuis de feu, douceur sur la neige, trajectoires au cordeau. Elle totalise avant de se lancer dans la saison olympique 2017-2018, dix-huit podiums dont onze victoires, ce qui fait d'elle la meilleure géantiste française de l'histoire. 

"J'ai envie d'arriver à PyeongChang avec un gros bagage, c'est à dire d'être préparée à toutes les situations possibles, puis d'être au départ et peu importe ce qui peut arriver ce jour-là. Il s'agira d'être dans les meilleures conditions pour réaliser mon meilleur ski et si j'y parviens, bien sûr, j'ai envie de viser la médaille d'or !" explique-t-elle en octobre 2017.  

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Le Team Event : "savoir s'entre-aider au bon moment" 
Mais la fille de deux moniteurs de ski, l'Australien Steve et la Française Madeleine, qui a passé toute son enfance sur les planches et les pentes enneigées dans les deux hémisphères, a d'autres cordes à son arc. Et notamment dans l'épreuve par équipes, le "Team Event" qui devient olympique à Pyeongchang 2018 et dont elle est avec Alexis Pinturault, Adeline Baud et Mathieu Faivre la championne du monde en titre… ayant également participé à la victoire du quatuor français lors des Mondiaux 2011 à Garmisch-Partenkirchen.  

"Le Team event, c'est un évènement qui prend de l'ampleur, qui est vraiment très sympa, et je prends beaucoup de plaisir à y participer. Mais ça devient aussi une épreuve importante et sélective. Il y aura bien entendu pas mal de monde qui voudra faire partie de la formation. A ce point, j'ai vécu des super moments avec cette équipe aux championnats du monde et j'aimerais évidemment pouvoir le faire aux Jeux Olympiques, mais comme je l'ai dit, il faudra passer par des sélections", avance-t-elle avec prudence. 

C'est une vraie compétition d'équipe, et c'est grâce à cela que nous avons réussi à décrocher l'or aux derniers Mondiaux, car nous avons tous su nous entre-aider au bon moment, on a tous su créer une vraie émulation, et voilà ce qui fait un résultat ! Tessa Worley France
Et d'ajouter : "Ensuite, c'est une vraie médaille collective. Il faut donc que nous arrivions à nous souder, à constituer une formation forte, comme on a pu le faire aux Mondiaux 2017 de Saint-Moritz, et comme on aimerait le refaire à PyeongChang. C'est une vraie médaille. Celle de Saint-Moritz, elle est là, je la chéris, mais elle est différente, comme l'est la compétition. Ce sont des moments que nous vivons à plusieurs. Par exemple, quand nous avons gagné nos titres mondiaux, il y a des moments où je n'étais pas à la hauteur, et parfois c'est moi qui était à la hauteur et d'autres coéquipiers qui l'étaient un peu moins. En fait, on se complète. C'est une vraie  compétition d'équipe, et c'est grâce à cela que nous avons réussi à décrocher l'or aux derniers Mondiaux, car nous avons tous su nous entre-aider au bon moment, on a tous su créer une vraie émulation, et voilà ce qui fait un résultat !" 

Des possibilités en super-G
Pour revivre un hiver au sommet, "il faut trouver une vraie balance", explique Tessa Worley.  "Il ne faut pas avoir trop de confiance, ni trop de doutes ou de pression. C'est ce que je recherche. Le ski est vraiment un sport où tout peut arriver sur une course. On peut être la meilleure mondiale et ne pas marquer de points ou ne pas faire de 2e manche tout comme on peut créer une grosse surprise et tirer son épingle du jeu. Aujourd'hui, je me considère comme si je n'avais pas de statut, c'est une nouvelle saison qui commence, donc on reprend les choses à zéro, mais surtout, au-delà de me servir d'un statut, il faut que je me serve de mon expérience".  

Et puis "la Puce" est également décidée à élever son niveau de jeu en super-G. "J'ai passé un cap l'hiver dernier en me rapprochant deux fois du podium. Je sais que ce n'est pas la marche la plus facile à gravir, les quelques centièmes qui restent à gratter, mais mon travail s'est clairement axé sur le super-G durant la préparation estivale". Bref, potentiellement trois épreuves pour Tessa Worley à Pyeongchang, et trois chances de briller ! 

Elle obtient d'ailleurs son meilleur résultat dans la discipline à moins de trois mois des Jeux, en se classant 4e à Lake Louise (Canada) le 3 décembre 2017, après être montée sur le podium du premier géant de la saison olympique, fin octobre à Sölden (Autriche).

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Etre prête à affronter toutes les situations 
Sa blessure de décembre 2013 ayant entraîné son forfait aux Jeux de Sotchi 2014, "Tess" n'a pour seule expérience olympique que ceux de Vancouver en 2010 qu'elle avait disputés à l'âge de  20 ans, et où elle s'était classée 16e du slalom géant à Whistler. "Ce que je retiens de mes premiers Jeux, c'est une expérience humaine très positive. J'ai adoré l'ambiance, j'ai adoré participer aux Jeux Olympiques, cela reste magique ! Quand on y est, on sait qu'on a une super chance dans sa carrière sportive". 

"Sur le plan sportif à Vancouver, ça avait été beaucoup plus compliqué. Le géant à Whistler s'est déroulé dans des conditions incroyables, on a fait la course sur deux jours ! C'est l'expérience que j'en tire, et c'est pour ça que j'ai envie de me préparer à tout pour les Jeux 2018, en me disant qu'il peut se passer tout plein de choses, et que malgré ça, il faut être à son meilleur niveau à ce moment-là. Peu importe ce qui peut éventuellement venir perturber cette journée, il faudra arriver à le surmonter !" 

La piste de géant de YongPyong, Tessa Worley la découvrira en février prochain, tout comme celle de Jeongseon pour le super-G. "Je ne les ai vues que de loin, en photo et en vidéo, je n'ai jamais couru en Corée du sud. J'avais eu l'occasion l'hiver dernier, mais c'était très compliqué par rapport à mon objectif du globe en slalom géant, donc j'ai fait l'impasse sur ce voyage. J'ai beaucoup entendu parler de la piste de géant, et cela ne me fait en aucun cas peur de la découvrir, c'est au contraire quelque chose que j'apprécie. Elle a l'air d'être très agréable, avec beaucoup de variété, de la pente, du plat, des portions techniques, d'autres de glisse, bref, un peu de tout, et ça permettra de sacrer une championne olympique qui sait tout faire". 

Et puis, les Jeux, c'est aussi l'ambiance unique du village olympique : "Il n'y a que là que l'on peut vivre ce genre de choses. C'est la particularité des Jeux, c'est pouvoir échanger avec des athlètes incroyables, de sports différents, de milieux et de nationalités différentes, j'apprécie tellement ça! Je n'ai pu le vivre qu'une seule fois. C'était génial. Aujourd'hui, avec un petit peu plus d'expérience sur le circuit mondial, avec plus de connaissances aussi, j'espère que cela va beaucoup m'apporter. Cela dit, on est tous là bas aux Jeux avec un but bien précis en tête." 

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