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PyeongChang 2018

Sven Kramer ambitionne trois titres à PyeongChang 2018

Le plus décoré des patineurs de vitesse aux Championnats du monde de l'ISU simple distance (22 médailles dont 19 titres) et toutes distances (11 podiums dont neuf médailles d'or) peut aussi le devenir aux Jeux d'hiver ! Déjà triple champion olympique et sept fois sur le podium, la fusée orange Sven Kramer ambitionne de gagner au moins trois titres à PyeongChang 2018 pour s'installer seul en haut du palmarès olympique de son sport.

Lors des Jeux Olympiques de Sotchi 2014, sur l'anneau de glace de l'Arena Adler, l'armada orange du patinage de vitesse réalise un exploit unique : elle amasse 23 médailles, s'adjuge huit titres, réalise quatre triplés, est présente sur la totalité des douze podiums, et termine en apothéose avec les poursuites par équipes messieurs et dames qui font exploser la concurrence. Sven Kramer, déjà quadruple médaillé olympique (médaillé d'or sur 5 000 m à Vancouver en 2010, deux fois médaillé de bronze en poursuite en 2006 et en 2010, argent sur 5 000 m à Turin en 2006), apporte sa contribution à ce triomphe total des Néerlandais au bord de la mer Noire en conservant son titre du 5 000 m, en gagnant la poursuite avec ses camarades Koen Verweij et Jan Blokhuijsen et en se contentant d'une médaille d'argent sur 10 000 m, battu par son compatriote Jorrit Bergsma.

Ah, le 10 000 m ! Le patineur de Heerenveen, multi-champion du monde sur la distance, espère bien qu'il mettra fin à une longue quête à PyeongChang 2018.  En effet, il y a huit ans, le 23 février 2010 sur l'Anneau de vitesse Richmond de Vancouver, il termine largement premier, de quatre secondes plus rapide que Lee Seung-hoon (République de Corée). Il pense avoir empoché son deuxième titre de la quinzaine olympique. Mais quelques minutes plus tard, c’est la désillusion. Il est disqualifié pour s’être trompé de ligne peu après la mi-course. Sur les ordres erronés de son entraîneur, le patineur a en effet pris le couloir intérieur au lieu du couloir extérieur.  "J’ai été très déçu à Vancouver. Cela peut paraître étrange, après tout, car j’avais gagné le 5 000m, mais j’attendais autre chose ! J’étais parti pour m’imposer dans le 10 000 m, mais nous avons commis une énorme erreur", a-t-il raconté. Il repart à l'assaut du "10 K" à Sotchi 2014, mais là, son coéquipier Jorrit Bergsma le bat de 4,57 et tous deux montent sur le podium en compagnie de Bob de Jong pour un triplé néerlandais sur la distance.

Trois médailles d'or à PyeongChang : "un objectif ambitieux et réaliste"

"Je ne laisserai pas tomber," confie-t-il en octobre 2017, "ni le public, ni moi. Je sais plus que quiconque que c'est un objectif élevé, mais je ne peux pas espérer moins. Je le dois. Je pourrais banaliser ça, tempérer les attentes, mais c'est mission impossible. Bien sûr, j'ai plus d'attentes sur le 10 000 m, mais je veux aussi défendre mon titre du 5 000 m, celui de la poursuite par équipes, et peut-être courir le 1 500 m et le départ groupé. C'est un sacré programme. Je regarderai sur le moment comment je me sens pour décider quels "matchs" je vais disputer." En fait, le but annoncé de Sven Kramer à PyeongChang est d'y gagner au moins trois médailles d'or, "j'aurai réussi mes Jeux si je rentre à la maison avec ça. C'est un objectif ambitieux mais réaliste."

Sven Kramer, fils d'un patineur professionnel, né dans l'un des hauts lieux mondiaux de son sport, et qui disait dès l'âge de onze ans : "Je veux devenir le meilleur patineur du monde", est déjà l'un des trois meilleurs patineurs de vitesse de l'histoire des Jeux avec ses sept médailles et ses trois titres. S'il réussit son pari en République de Corée, il peut s'installer tout seul au sommet, dépasser le Finlandais Clas Thunberg et l’Américain Eric Heiden, qui ont tous deux remporté cinq titres. Un record qu'il détient déjà aux Championnats du monde simple distance du côté des hommes avec treize sacres individuels et 19 médailles d'or en tout : huit sur 5 000 m, cinq sur 10 000 m, et six dans la poursuite par équipes, de 2007 à 2017. Il est également neuf fois champion du monde toutes distances, record absolu.

Sur un rythme d'enfer depuis Sotchi 2014

D'ailleurs, après ses troisièmes Jeux d'hiver à Sotchi 2014, le rythme du patineur "Oranje" ne baisse pas. Il remporte la totalité des titres mondiaux toutes distances de l’Olympiade : 2015 à Calgary (Canada), 2016 à Berlin (Allemagne), 2017 à Hamar (Norvège), pour compiler ses neuf médailles d’or depuis 2007. Il continue à se barder de récompenses dans les Championnats du monde simple distance, sur 5 000 m, 10 000 m et en poursuite par équipes, pour atteindre les 19 titres planétaires. Il gagne d’ailleurs ses 18e et 19e médailles d’or dans ses deux distances de prédilection sur l’Anneau de vitesse olympique de Gangneug, lors des Mondiaux simple distance disputés en février 2017 un an avant les Jeux de PyeongChang. Pour lesquels "il me reste encore beaucoup de travail à réaliser", indique-t-il alors.

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L'actuel recordman du monde du 5 000 m (6:03.32 en 2007) et de la poursuite par équipes (1:17.75 avec Koen Verweij et Jan Blokhuijsen en 2013) frappe toute de suite fort lors de la compétition d'ouverture de la saison internationale 2017-2018, début octobre sur l'anneau de vitesse d'Inzell (Allemagne), s'imposant sur 3 000 m et sur 5 000 m en battant à chaque fois le record de la piste, un mois avant la première épreuve de la Coupe du monde de l'ISU qui a lieu chez lui à Heerenveen.
Quand arrive son épreuve fétiche, sur l'ovale néerlandais le 12 novembre, il l'emporte. Puis il enchaîne en Coupe du monde avec une victoire sur 10 000m à Stavanger (Norvège); et un nouveau succès sur 5000 m à Calgary en décembre. Bref, Sven Kramer termine l'année 2017 sans avoir été battu sur les deux distances. 

Le champion de 31 ans a un jour dit "se contenter de la médaille d'argent ne correspond pas à ma vision du sport de haut niveau. Ce n'est pas pour cela que je m'entraîne, ce n'est pas pour cela que je cours. Je cours pour gagner." Toute sa carrière, son brillant palmarès, vont dans ce sens, et les Jeux de PyeongChang pourraient constituer pour lui une véritable apothéose. 

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