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Surfer avec des enfants autistes, l'apogée de l'année pour Parker Coffin

Olympic Channel
Parker Coffin a surfé sur quelques-unes des plus grandes vagues du monde. L'une d'elles était tellement extraordinaire qu'elle lui a même valu la couverture du prestigieux magazine Surfer. C'est pourtant le souvenir d'une journée passée à surfer sur de petites vagues d'un mètre avec un groupe d'enfants qui lui fait garder le sourire pendant la pandémie de Covid-19. 


L'Américain Parker Coffin sait mieux que quiconque que le surf est un sport qui permet de s'émerveiller et de se surpasser. Frère cadet de Conner Coffin, candidat aux Jeux Olympiques de Tokyo 2020, il a passé toute sa vie sur une planche et a fait du surf en compétition depuis le début de son adolescence jusqu'à la fin de l'année dernière. Mais même lui a été surpris par l'impact de son sport sur un groupe de jeunes enfants autistes.

"J'ai vu une énorme différence dès le moment où ils étaient dans l'eau", a déclaré Coffin à propos du plus grand événement annuel de Surfers Healing qui se tient à Belmar, dans le New Jersey (USA). En compagnie d'autres surfeurs expérimentés, le jeune athlète de 24 ans a participé à cet événement et aidé 250 enfants autistes à découvrir les joies des vagues.

"C'est aussi pour cela que j'adore surfer. L'eau est tellement chaotique que bizarrement vous y trouvez le calme au milieu du chaos. Avec le recul, c'était probablement le sommet de mon année, simplement d'être là, de pouvoir donner un coup de main et offrir à ces enfants une journée vraiment spéciale. C'est le genre d'expérience qui vous apporte énormément personnellement."

L'expérience de Coffin a fait l'objet d'un reportage d'Olympic Channel dans le cadre de sa série Inspired by Sport. Ce sont 48 heures que ce jeune homme habituellement insouciant n'oubliera jamais.

 

"Je n'étais pas stressé jusqu'à ce que nous montions dans la voiture pour nous rendre chez Adam", a déclaré Coffin, faisant allusion à un garçon autiste de 10 ans à qui il a rendu visite la veille du Surfers Healing pour faire connaissance.

"Je n'étais pas inquiet de voir comment ça allait se passer avec lui, mais plutôt de comment les choses se passeraient avec sa famille. Je ne voulais pas les mettre mal à l'aise avec l'équipe de tournage."

En réalité, comme on peut le voir dans le film, la famille d'Adam était détendue et accueillante, mais Adam lui-même a eu plus de mal. Le jeune garçon était silencieux et évasif jusqu'à ce que Conner et lui sortent vers la piscine.

"C'était un moment crucial", se souvient Coffin, qui a participé pour la première fois aux séries qualificatives masculines de la Ligue mondiale de surf (WSL) en 2011. "Il s'est rendu compte que j'étais un ami et que j'étais là pour jouer et m'amuser avec lui. Il s'est vraiment ouvert à moi et cette baignade a créé un lien."

Le lendemain, Coffin et de nombreux autres surfeurs ont commencé à guider les enfants sur leurs planches dès le matin. Avec des milliers de spectateurs sur la plage, y compris des parents anxieux mais engagés, Coffin a immédiatement été submergé par ses émotions. Et elles se sont encore renforcées lorsqu'Adam est arrivé.


"J'ai dû surfer avec sept ou huit enfants avant de surfer avec Adam et j'ai l'impression que notre rencontre la veille nous a permis d'établir un lien et un climat de confiance. L'expérience et le sentiment étaient très différents par rapport aux autres enfants que je n'avais jamais rencontrés auparavant", a-t-il déclaré.

"Je pense qu'il savait ce que je faisais et il a été très réceptif. C'était incroyable. Honnêtement, son visage a complètement changé dès que nous avons touché l'eau.

Et après, il a joué dans l'océan pendant quatre heures d'affilée. On a surfé sur quelques vagues, il est revenu et il est reparti tout de suite. C'était la partie la plus émouvante, il y a eu comme un déclic. Tout d'un coup, il est parti pour le reste de la journée."

Pendant qu'Adam s'amusait, Coffin s'est retrouvé décontenancé.

"Ce n'était pas des larmes de tristesse. Je ne sais même pas comment décrire ce sentiment… heureux, reconnaissant. Cette sensation bizarre quand votre corps a besoin de pleurer. Cela ne m'arrive pas très souvent", a admis Coffin en y repensant quand il s'est confié devant les caméras.

"Je ne pouvais pas me retenir. J'ai essayé deux ou trois fois de me retenir, mais quand autant de choses positives se passent sur une plage, et que partout autour de vous les gens sont enthousiastes et passent une journée incroyable à regarder leurs enfants qui luttent tellement au quotidien, ça vous touche forcément."


Pour le surfeur, deux choses en particulier lui ont mis la larme à l'œil. La première était l'idée que quelque chose de si simple pour lui pouvait avoir un tel impact, et la seconde était l'excitation des parents qui pour une fois voyaient leurs enfants se sentir "normaux, pas isolés".

La dernière fois que Coffin avait pleuré, c'était lorsque ses amis et sa famille avaient organisé une fête surprise après qu'il eut réalisé un rêve d'enfance et fait la couverture du magazine Surfer en février 2018.

"J'ai surfé sur quelques vagues avec un enfant et cela a eu plus d'effet sur moi que de faire la couverture du magazine Surfer ou de gagner n'importe quelle compétition, c'est fou", a-t-il déclaré. "Cette vague d'émotion était incomparable. C'était vraiment bouleversant d'y assister."

Même après plusieurs mois, sa voix trahit encore l'importance de ce moment pour lui. Regarder le film a fait remonter des souvenirs et l'a aidé à soulager la douleur de ne pas pouvoir faire actuellement ce qu'il aime par-dessus tout : voyager dans le monde et surfer. Coffin, qui vit en Californie centrale, sait qu'il a de la chance car les plages locales sont ouvertes pendant le confinement dû à la pandémie de Covid-19. Il veille également à profiter des moments précieux passés à la maison.

"C'est étrange parce que nous ne savons pas quand cela va se terminer, mais j'ai l'impression que tout le monde fait ce qu'il peut", a-t-il déclaré joyeusement, avant de penser avec enthousiasme à ce qui se passera lorsque les choses reviendront à la normale, notamment aux Jeux Olympiques de Tokyo 2020.

"Je suis très heureux que Conner ait cette opportunité", a-t-il déclaré. Son frère a en effet terminé la dernière saison quatrième meilleur surfeur américain de la WSL. "Et en tant que fan de surf, je suis très impatient de voir ce sport aux Jeux Olympiques. J'espère que cela permettra au surf d'atteindre un autre niveau et de continuer à grandir et s'améliorer."

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