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Tokyo 2020

Sur la route de Tokyo : Dorota Banaszczyk

La karatéka polonaise revient sur sa victoire spectaculaire lors des Championnats du monde 2018 et évoque son enthousiasme à l’idée de voir le karaté faire ses grands débuts olympiques l’année prochaine, dans son pays d’origine.


Dorota Banaszczyk ne fait décidément rien comme tout le monde. Après avoir tenu tête aux garçons de sa classe, qui s’étaient amusés de la voir s’essayer au karaté à l’âge de sept ans, elle a surpris tous ses compatriotes en offrant à la Pologne son premier titre mondial dans ce sport.

À 22 ans, la jeune femme occupe aujourd’hui la sixième place mondiale dans la division kumite, moins de 55 kg. Elle fait d’ores et déjà partie des favorites dans la course aux médailles l’année prochaine, pour les débuts olympiques du karaté à Tokyo. Il y a encore un an, la situation était pourtant bien différente.

Arrivée à Madrid en 28e position, la Polonaise est repartie avec une médaille d’or et le titre de meilleure compétitrice. "J’en suis la première surprise", confie Banaszczyk à olympic.org. Pourtant, son étonnement n’est rien comparé aux réactions suscitées par son titre en Pologne.

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"Je crois que personne ne s’y attendait vraiment. Même mes amis au sein de l’équipe avaient du mal à y croire. C’était une énorme surprise, poursuit notre interlocutrice. C’était la première fois que nous entendions notre hymne national depuis la création des Championnats du monde. L’événement était d’autant plus extraordinaire pour nous autres Polonais que tout ça s’est produit la veille de la fête de l’indépendance."

"Malheureusement, en Pologne, les conditions ne sont pas réunies pour mettre en place une structure professionnelle. J’ai réussi en partant de rien. J’étais seule avec un entraîneur et un petit groupe de gens. Nous avons mérité ce succès et nous avons prouvé qu’avec de la volonté, on peut réaliser ses rêves. Maintenant, nous travaillons dur en prévision du prochain rendez-vous : les Jeux Olympiques de Tokyo."

Originaire de la ville industrielle de Lodz, dans le centre de la Pologne, Dorota Banaszczyk semblait faite pour le karaté, malgré les réactions parfois mitigées de son entourage. "Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours été attirée par les arts martiaux. Mon père était judoka et j’adorais me battre contre mon frère, qui avait un an de moins. J’ai assisté à mon premier cours de karaté à sept ans. Je ne vous étonnerai pas si je vous dis que je ne l’ai jamais regretté."

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"À l’époque, j’étais encore à l’école primaire. Je me souviens que les garçons de ma classe, qui étaient aussi inscrits au cours [de karaté] ont souri [en apprenant] qu’une fille allait suivre les cours. Ensuite, je leur ai montré ce que je savais faire..."


Pour Dorota Banaszczyk et les karatékas du monde entier, l’année 2020 marque l’entrée de leur sport au programme des Jeux Olympiques. L’événement est d’autant plus marquant qu’il aura lieu dans le pays où cet art martial a vu le jour. "Tous les athlètes rêvent de participer aux Jeux Olympiques. C’est la plus grande compétition sportive. Nous en sommes tous conscients et nous voulons tous être du voyage. Le karaté est un sport populaire. Nous avons donc envie de recevoir une forme de reconnaissance. Si notre discipline était intégrée au programme olympique de manière permanente, ce serait évidemment une motivation supplémentaire pour nous."

Dorota Banaszczyk s’est déjà rendue trois fois au Japon. Elle a visité Okinawa, l’île où le karaté est né, Kobe (pour les Championnats du monde universitaires) et Tokyo. Si elle assure que l’essentiel "est d’être présente aux Jeux Olympiques", elle reconnaît que les débuts olympiques du karaté au Japon "ont une valeur symbolique".

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"Au Japon, le karaté est très développé. C’est là que tout a commencé et tout le monde se soucie de maintenir un niveau très élevé. Pendant les Championnats du monde à Madrid, j’ai dû affronter la représentante du Japon. Je ne vous le cache pas, ce combat a été l’un des plus difficiles."

Les deux disciplines du karaté auront lieu au célèbre Nippon Budokan de Tokyo, le temple des arts martiaux japonais. Lors des Jeux Olympiques de 1964, les compétitions masculine et féminine de judo s’étaient déroulées dans cette enceinte. L’épreuve de kata consiste en une démonstration d’une série de mouvements contre un adversaire virtuel. Les gestes seront notés par des juges.

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En kumite, deux karatékas s’affrontent en utilisant des frappes, des coups de pied et des coups de poing. Les juges évaluent cette fois la forme, la puissance et la maîtrise. Pour gagner, il faut obtenir un écart de huit points avec son adversaire ou cumuler le plus grand nombre de points à l’issue du combat (d’une durée de trois minutes). En cas d’égalité, le concurrent qui a marqué le premier point est déclaré vainqueur.

"J’ai choisi le kumite car j’aime le caractère imprévisible des combats. Chaque adversaire est différent, poursuit Dorota Banaszczyk. Il faut être plus rapide et plus intelligente que sa rivale, anticiper ses mouvements et développer sa stratégie. La dynamique, le fait d’agir au bon moment et de choisir la bonne technique sont autant d’éléments décisifs. Si ces qualités ne sont pas au rendez-vous, les juges ne donnent pas de points. Pour les spectateurs, c’est intéressant car tout peut arriver. La discipline est assez spectaculaire."

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Dorota Banaszczyk espère maintenant rééditer l’exploit à Tokyo.

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