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Date
12 févr. 1976
Tags
Innsbruck 1976 , Patinage de vitesse , Norvège , Actu CIO

Stensen l'as de la glace remporte l'or du 5 000 m

Sten Stensen fut l’un des célèbres « 4 S » (« 4 As ») de la Norvège, lorsque le pays régna sur le patinage de vitesse dans les années soixante-dix. Ils étaient considérés comme les rois et reines de la discipline.


À ce titre, il se retrouva aux Jeux Olympiques d’hiver de 1976 à Innsbruck avec l’étiquette de favori du 5 000 m et du 10 000 m. Mais il n’allait pas pouvoir signer cet exploit, en raison d’une rivalité aussi inattendue – et haletante – que brève.

As des courses de fond, Stensen, alors proche de la fin de sa carrière sur glace, venait d’établir un nouveau record du monde du 10 000 m aux championnats d’Europe à Oslo, distance sur laquelle il avait également été sacré au niveau européen en 1975 et mondial en 1974.

L’introduction de combinaisons lisses et de casques profilés eut un certain retentissement à Innsbruck, annonçant l’entrée dans une nouvelle ère de l’innovation sportive.

Lors de la compétition olympique, les patineurs courent par paires contre la montre, autour d’un anneau de 400 m. Lors de ces affrontements exaltants et parfois périlleux, où généralement les coureurs atteignent des vitesses de plus de 60 km/h, les concurrents doivent changer de couloir dans la ligne opposée à chaque tour, avec priorité au patineur passant de l’extérieur à l’intérieur.

Ces courses sont éprouvantes physiquement, puisque les patineurs subissent en permanence des forces centrifuges de 50 à 60 kg, ce qui les oblige à se pencher fortement vers la glace.

Tout se déroula comme prévu sur l’anneau de vitesse olympique et Stensen récolta sa première médaille d’or dans le 5 000 m, parcouru en 7’24’’48.

Les conditions météo étaient exécrables – une tempête de neige avait débuté juste au début de la course – mais le robuste lieutenant de l’armée norvégienne réussit à résister aux assauts des deux Néerlandais Piet Kleine et Hans van Helden qui finirent dans cet ordre sur le podium.

Quelques jours plus tard, Stensen se prépara à réussir le doublé avec le 10 000 m. Moins d’un mois avant les Jeux, il avait abaissé le record du monde à 14’50’’31.

Comme la course précédente, le coup d’envoi du 10 000 m fut donné par une météo adverse, la neige abondante rendant la visibilité très mauvaise. Mais si le temps était identique, le résultat allait être très différent puisque Kleine, étoile montante de la discipline, était résolu à ne pas manquer la plus haute marche du podium une seconde fois.

Van Helden, déjà détenteur de deux médailles de bronze au 1 500 m et au 5 000 m, termina en 15’02’’02. Stensen, qui patinait en sixième paire, améliora le temps du Néerlandais de neuf bonnes secondes, avec 14’53’’30. Deux paires plus tard, c’était au tour de Kleine d’entrer en piste.

Le charpentier au chômage de près de 2 mètres entra en action avec une certaine sobriété, et au terme des 12 premiers tours, il était toujours derrière Stensen. À l’attaque des 13 derniers tours cependant, il commença à accélérer, puis épousa le même rythme que Stensen avant de prendre progressivement l’avantage.

À la surprise générale, Kleine décrocha ainsi l’or en établissant un nouveau record olympique de 14’50’’59, soit la 2e meilleure performance de tous les temps, à 28 centièmes à peine du record du monde du Norvégien.

Quelques semaines plus tard, Kleine récidiva aux Championnats du monde de 1976, enlevant les titres du 1 500 m et du 10 000 m, et moins d’un mois après, il améliora les records du monde du 5 000 m et du 10 000 m lors d’une rencontre en Allemagne de l’Ouest. Une nouvelle étoile du patinage de vitesse était née, comme on allait s’en réellement rendre compte quatre ans plus tard à Lake Placid.

Quant à Stensen, son éminente moisson sportive n’allait pas connaître d’autres récoltes olympiques.

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