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Date
27 oct. 2016
Tags
Actu CIO , Rio 2016 , Athlétisme

Sprint en athlétisme : Bolt, van Niekerk, Thompson et Felix stars du stade olympique

Avec un nouveau triplé 100 m-200 m-4 x 100 m, Usain Bolt a définitivement cimenté à Rio sa légende de plus grand sprinter de tous les temps. Le Sud-Africain Wayde van Niekerk a fait sensation en battant un record du monde vieux de 17 ans sur 400 m, Elaine Thompson, la compatriote d’Usain Bolt, a réalisé le doublé 100 m-200 m, tandis que l’Américaine Allyson Felix est devenue la femme la plus titrée de l’histoire en athlétisme.

La Jamaïcaine Elaine Thompson, 24 ans, a accédé le 13 août au statut de nouvelle reine du sprint mondial en devenant championne olympique du 100 m en 10 sec 71 (vent : +0,5 m/s), sur la piste bleue du Stade Olympique de Rio. Thompson, qui détenait la meilleure performance de la saison en 10 sec 70, a devancé l'Américaine Tori Bowie (10 sec 83) et la Jamaïcaine Shelly-Ann Fraser-Pryce (10 sec 86), double tenante du titre.

Thompson a ainsi privé ainsi sa compatriote d'une nouvelle médaille d’or dans l'épreuve reine. Si Fraser-Pryce (29 ans) avait gagné, elle aurait été la première femme de l'histoire à remporter trois titres olympiques dans une même épreuve individuelle. Mais la jeunesse semble désormais avoir pris le relais avec Thompson. Lors de la finale, Cette dernière a résisté au départ supersonique de Bowie (112 millièmes de temps de réaction) pour prendre la tête de la course aux 60 m et parvenir à creuser un très bel écart dans les derniers mètres.

Fraser-Pryce, également très impressionnante dans la première moitié de course, n'a pas réussi à tenir la distance mais a réalisé au final son meilleur chrono de la saison. Avec le succès de Thompson, la Jamaïque a poursuivi sa moisson de victoires sur la distance reine, le 100 m, qu'elle domine depuis 2004 chez les femmes avec Veronica Campbell-Brown puis Fraser-Pryce, et chez les hommes depuis 2008 avec Usain Bolt.

« Quand j'ai franchi la ligne et regardé autour de moi pour voir si j'étais bien seule, je n'ai pas su comment célébrer ma victoire, a expliqué Elaine Thompson. Je suivais bien sûr Shelly-Ann Fraser-Pryce quand j'étais plus jeune, je l'ai regardée à Londres en 2012. Je viens d'un coin qui n'est pas trop connu en Jamaïque, mais j'en suis fière. » Shelly-Ann Fraser-Pryce n’était pas déçue de terminer en bronze : « C'est un sacré voyage que je fais. Ca a vraiment été un travail très dur pour être ici. Je connaissais les circonstances et je suis heureuse, et je remercie dieu d'avoir eu l'opportunité de courir et d'avoir cette médaille. »

Wayde van Niekerk efface Michael Johnson des tablettes sur 400 m
Lors de la deuxième journée d’athlétisme, le 14 août, le Sud-Africain Wayde van Niekerk a battu le mythique record du monde de l'Américain Michael Johnson (43 sec 18), vieux de 17 ans, en remportant en 43 sec 03 l'or du 400 m. Il a devancé les deux derniers champions olympiques, le Grenadin Kirani James (43 sec 76), sacré en 2012, et l'Américain LaShawn Merritt (43 sec 85) titré en 2008. 

« Je croyais au record du monde. J'avais rêvé de cette médaille depuis toujours », a indiqué le nouveau champion olympique, 24 ans, qui avait frappé son premier grand coup en 2015 à Beijing en remportant le titre mondial sur le tour de piste. 

Placé au couloir 8, en aveugle, van Niekerk a eu d'autant plus de mérite d'abattre une marque que Johnson avait réalisée le 29 août 1999 en finale des Mondiaux de l’IAAF de Séville (Espagne). Merritt et James étaient respectivement aux couloirs 5 et 6. Le médaillé d'argent est resté époustouflé. « Félicitations à Wayde. Je suis heureux d'avoir participé à cette course historique. On a mis cette discipline (le 400 m) sur un piédestal. Généralement, on décélère dans la dernière ligne droite. Et là, presque pas », a souligné James.

« Je ne m'y attendais pas. Je me pince encore. Quand j'ai passé la ligne, j'ai regardé à ma gauche et je n'ai vu personne, a réagi Wayde van Niekerk. Je pensais que quelqu'un allait me rattraper pendant la course, je me disais : ‘Mais que se passe-t-il ?’, mais ça m'a donné de la motivation. Je me suis mis à genoux et j'ai dit : ‘Merci, mon Dieu, pour cette bénédiction’. Je crois qu'après ça, je n’ai plus de limites. »

Usain Bolt réalise un triplé olympique de légende sur 100 m! 
Ce même 14 août, le clou de la soirée a vu le Jamaïcain Usain Bolt surmonter un mauvais départ et prendre l'ascendant dans un final ébouriffant pour devenir le premier homme à remporter trois fois la finale de l'épreuve reine du sprint aux Jeux Olympiques.

Le départ de la finale du 100 m a été donné à 22 h 25 locales. Le public a fait silence dans les gradins. Puis a explosé quand les sprinters ont jailli des blocks, les décibels montant encore 9 secondes et 81 centièmes plus tard. Au couloir 6, Usain Bolt a eu l’avant-dernier temps de réaction des huit finalistes (155 millièmes). Dans la phase d’accélération, au moment où tous les coureurs relevaient la tête, le tenant du titre était encore en retrait, l’Américain Justin Gatlin courant à l’avant du paquet. Dans les 30 derniers mètres, Bolt a atteint sa vitesse maximale et s’est irrésistiblement porté en tête, le Canadien Andre de Grasse semblant avoir suivi la même courbe de performance, pour prendre sa foulée. Tout en fluidité, l’Éclair a contrôlé les 10 derniers mètres et l’a emporté en 9 sec 81 devant Gatlin (9 sec 89) qui a réussi à casser devant De Grasse (9 sec 91). 

Bolt s’était imposé en 9 sec 69 à Beijing 2008, puis en 9 sec 63, record olympique, à Londres 2012. Il est également loin de son record du monde (9 sec 58), mais son chrono de Rio est suffisant pour entrer à jamais dans l'histoire des Jeux Olympiques. « C'était brillant. Je ne suis pas allé si vite que ça mais je suis satisfait de la victoire. Je vous avais dit que je le ferais. Je savais que ce serait dur, mais la demi-finale m'a donné beaucoup de confiance et, en finale, à partir des 50 mètres, je me suis dit que je pouvais rattraper Gatlin et que j'allais gagner », a réagi la star de l’athlétisme mondial. 

« C'est le public qui donne de l'énergie et les jeunes doivent comprendre que tout part de là, que les spectateurs font partie de la compétition », a expliqué Bolt en évoquant une dimension essentielle de sa réussite. « Il faut le faire participer. Moi, j'essaie de vivre le moment présent, je pense au Brésil. Ce que je vis ici, par exemple, depuis mon arrivée est extraordinaire jusqu'à présent. Il faut garder ça en tête. »

Shaunae Miller plonge pour la victoire sur 400 m! 
Le 15 août, la Bahaméenne Shaunae Miller a empêché l'Américaine Allyson Felix de devenir la première athlète féminine à remporter cinq médailles d'or olympiques en plongeant sur la ligne d’arrivée pour remporter le 400 m.

En 49 sec 44, Miller a devancé Felix de 7 centièmes pour prendre sa revanche des Mondiaux 2015 à Beijing, où elle avait terminé 2e derrière Felix. La Jamaïcaine Shericka Jackson a complété le podium (3e en 49 sec 85), comme aux derniers Championnats du monde.

Au couloir 7, quasiment en aveugle, Miller a pris un départ rapide et est sortie en tête de la courbe. Felix est progressivement revenue sur elle dans la ligne droite mais la Bahaméenne est parvenue à conserver la tête en s'écroulant sur la ligne d’arrivée. Ses plaies à la hanche droite en témoignent. « Je n'avais jamais fait ça avant », a assuré l’athlète de 22 ans, qui a fait honneur à son statut de porte-drapeau des Bahamas. « C'était juste une réaction sur le moment. Je ne sais pas ce qui s'est passé en fait, mon esprit a fait le vide et je me suis retrouvée par terre. Je ne savais pas si j'avais gagné. »

Elaine Thompson réalise le doublé 100 m-200 m! 
Elaine Thompson a réalisé le premier doublé 100 m-200 m aux Jeux depuis l'Américaine Florence Griffith-Joyner en 1988 à Séoul, en remportant le 200 m le 17 août, quatre jours après le 100 m, en 21 sec 78 (vent : -0,1 m/s), Elle a précédé la Néerlandaise Dafne Schippers (21 sec 88) et l'Américaine Tori Bowie (22 sec 15).

Au couloir 6, la Jamaïcaine est partie très vite. Elle est sortie du virage en tête, Dafne Schippers a tenté de revenir dans la ligne droite, mais Thompson lui a tenu tête jusqu’au bout, pour passer la ligne d’arrivée avec 10 centièmes d’avance. Elle a ensuite paru incrédule, s’est allongée sur le dos en attendant de voir les résultats s’afficher sur le tableau géant. Une fois que les temps sont apparus, Elaine Thompson s’est relevée d’un bond en poussant un grand cri! 

« Je savais qu'elle avait un finish fort et donc que je devais sortir vite, aussi rapidement que possible », a raconté Thompson en parlant de Schippers. « J'ai l'or donc je ne peux pas me plaindre. J'ai passé ma jeunesse en regardant Veronica Campbell-Brown et Shelly-Ann Fraser-Pryce. Battre Dafne Schippers est un vrai combat », a-t-elle ajouté.


Elaine Thompson a expliqué qu’elle ne nourrissait pas de tels espoirs en arrivant aux Jeux de Rio 2016 : « Mes attentes pour ces Jeux Olympiques, c’était juste de courir aussi fluide que possible. Je me suis blessée aux ischio-jambiers lors des sélections nationales jamaïcaines. Mais je ne l’ai pas laissée me battre. Je l’ai traitée de la meilleure manière possible, et ça n’était pas si méchant que ça. J’ai eu quelques journées difficiles à l’entraînement, mais je suis une guerrière, j’ai la force en moi et j’ai tout mis dans ma préparation. C’est fabuleux, ça a payé ! »

Un triple-double pour sa Majesté Usain Bolt!
Usain Bolt, superstar du sprint, en a terminé avec ses chevauchées individuelles aux Jeux Olympiques par une médaille d'or, conquise le 18 août sur 200 m en 19 sec 78 (vent :-0,5 m/s). Après avoir réalisé le triplé sur 100 m, il a récidivé sur sa distance de prédilection, ce qui a cimente un peu plus la légende du plus grand sprinter de tous les temps. Le Canadien Andre de Grasse (20 sec 02) et le Français Christophe Lemaitre (20 sec 12) ont accompagné sa Majesté Bolt sur le podium. 

Pour la première fois peut-être, Bolt, très vite en action, sorti largement en tête du virage, a poursuivi son effort jusqu'à l'arrivée, grimaçant même, mais sans oublier néanmoins de tourner la tête sur la gauche et l'incliner à l'horizontale au moment de franchir la ligne, à destination des photographes.

Et, pourtant, son chrono est le moins bon de toute sa carrière en finale d'un grand événement (Jeux Olympiques et Mondiaux). C'est un signe, même si les conditions météo n'étaient pas optimales. Et c'est Bolt qui a validé l'analyse. « Je vieillis et mon corps prend de l'âge. Personnellement, je pense que c'était mon dernier 200 m, mais mon entraîneur ne sera sûrement pas de cet avis. Je n'étais pas content de mon temps, simplement mon corps n'a pas répondu dans la ligne droite », a-t-il fait remarquer. Et d'ajouter : « J'essaie d'être l'un des plus grands, entre Pelé et Ali. »

« Ça fait du bien. Il n'y a pas de mots pour décrire ça. Huit fois champion olympique, c'est merveilleux, a souligné Usain Bolt. Le 200 m est tellement plus significatif pour moi et j'ai pris du plaisir. Être huit fois médaillé d'or, c'est énorme, c'est choquant. J'ai travaillé toute ma carrière, toute ma vie pour ce moment, alors j'espère qu'on se souviendra de moi comme l'un des plus grands sportifs de l'histoire. J'ai rendu le sport excitant, j'ai donné envie à des gens de le regarder, j'ai mis l'athlétisme sur un piédestal. Je ne peux rien prouver de plus. »

Usain Bolt est immortel ! 
Usain Bolt a réussi son pari avec un nouveau triplé 100 m, 200 m et 4 x 100 m, sans équivalent dans l'histoire de l'athlétisme, qui a consacré l'icône pour ses adieux aux Jeux Olympiques. Il l’a emporté le 19 août au stade olympique avec Asafa Powell, Yohan Blake et Nickel Ashmeade. Le Japon a pris la médaille d’argent avec un record d’Asie et le Canada a terminé en bronze. « Allez c'est bon, je suis le plus grand. Je suis comblé. Juste content et fier de moi. C'est devenu réalité, la pression était réelle. Je vois ça comme un exploit », a déclaré Bolt.

Le géant jamaïcain a encore fait preuve de sa faculté à réjouir les foules après ce succès en 37 sec 27. Côte à côte, avec Asafa Powell, Yohan Blake et Nickel Ashmeade, la superstar du sprint a effectué quelques pas de danse qui ont enflammé le stade sur le Jammin' de Bob Marley.

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Le Jamaïcain est allé la chercher, cette neuvième médaille d'or. Car contrairement aux habitudes, ses copains du relais ne l'ont pas lancé dans les meilleures conditions. La faute à des Américains et Japonais accrocheurs, en particulier ces derniers dont le travail depuis des années porte ses fruits. En 50 mètres toutefois, Bolt a remis les choses en place, pour devancer le Japon (37 sec 60, record d'Asie) et le Canada (37 sec 64), finalement troisième après la disqualification des États-Unis pour un premier passage de témoin hors zone.

Bolt a encore assuré le spectacle après, dans les gradins, au moment de répondre aux télévisions. Une poupée à son effigie dans les mains, les bras en croix pour appeler au clapping avec ses supporters en tribune, Bolt a clairement pris le temps de savourer ses derniers instants olympiques, puisqu'il ne courra plus jamais aux Jeux.

 « Dès que j'ai mis la main sur le témoin [en tant que dernier relayeur], je savais que j'avais gagné, parce qu'il n'y avait personne à côté de moi qui pouvait aller plus vite que moi aujourd'hui. Avant le relais, j'ai parlé à l'équipe et je leur ai dit  : ‘Passons-nous le bâton correctement, soyons des adultes’. On arrive toujours à se passer le bâton, ce n'est peut-être pas toujours parfait mais tant que le témoin arrive dans ma main en tant que dernier relayeur, c'est ensuite différent. »

Pour Usain Bolt, la recette du succès, c’est « dur labeur, sueur et sacrifices. J'ai fait tellement de sacrifices pendant des années ». Et cette course était celle des adieux aux Jeux. « Je savais que ça allait arriver. J'ai des sentiments mitigés. Je n'ai pas d'expression pour qualifier ces triplés. Ce sport va me manquer, les Jeux vont me manquer parce que les Jeux sont pour un athlète le plus gros événement possible. Mais j'ai prouvé que je suis le plus grand de ce sport et pour moi c'est une mission accomplie. »

Les Américaines conservent leur titre sur 4 x 100 m
Ce même 19 août, les Américaines ont conservé leur titre de championnes olympiques du relais 4 x 100 m en réalisant le deuxième chrono de l'histoire (41 sec 01), ce qui a permis à Allyson Felix de devenir la première femme à remporter cinq médailles d'or olympiques en athlétisme. Les trois multi-médaillées d’or Jamaïcaines Elaine Thompson, Veronica Campbell-Brown et Shelly-Ann Fraser-Pryce ont pris la médaille d’argent avec Christiana Williams, devant la Grande Bretagne en bronze. 

Les Américaines (Tianna Bartoletta, Allyson Felix, English Gardner et Tori Bowie) ont facilement devancé la Jamaïque (2e en 41 sec 36), qui alignait pourtant la double championne olympique du 100 m et du 200 m Elaine Thompson, et la Grande-Bretagne (3e en 41 sec 77). La Jamaïque avait déjà été médaillée d'argent aux Jeux de Londres 2012 derrière les États-Unis, qui avaient alors battu le record du monde. Elaine Thompson, Veronica Campbell-Brown et Shelly-Ann Fraser-Pryce, les trois dernières relayeuses jamaïcaines, pèsent désormais à elles trois 40 médailles aux Jeux et aux Mondiaux en incluant celles gagnées en relais 4 x 100 m.

Les Américaines avaient initialement été disqualifiées en séries pour un bâton à terre au deuxième passage, mais elles avaient porté réclamation, et avaient eu gain de cause, puisque Allyson Felix avait été gênée par une concurrente brésilienne au moment de transmettre le témoin à sa coéquipière English Gardner. Le quatuor américain avait donc obtenu une deuxième chance de se qualifier au temps pour la finale en recourant seul en piste pour signer un chrono de 41 sec 77, le meilleur des séries!

« C'était spécial », a dit Allyson Felix après avoir gagné sa cinquième médaille d’or aux Jeux. « Je sentais qu'on était vraiment fortes ce soir. L'épisode d'hier [la veille, quand elles avaient dû recourir leur série] nous a rendu encore plus déterminées et on s'est battues jusqu'au bout. Parfois, l'adversité te rend plus forte, il faut emprunter des chemins tortueux pour engranger de l’expérience. »

Ce n’est pas mal non plus pour Tianna Bartoletta qui a remporté deux titres mondiaux en saut en longueur à dix années d’écart (2005 et 2015), qui a fait entre temps un détour par le bobsleigh, qui a remporté le 4x100 m à Londres 2012 avec les États-Unis, puis est devenue championne olympique du saut en longueur avec un bond à 7,17 m le 17 août à Rio. Elle était plus que ravie de gagner une deuxième médaille d’or au stade olympique de la cité carioca : « Le parcours qui m’a amenée là a été pour le moins tumultueux. Alors c’est vraiment très spécial. »

Elaine Thompson ne s’est pas plainte d’ajouter la médaille d’argent après son doublé 100 m-200 m à Rio. « Ca a été une expérience fantastique, mes premier Jeux Olympiques! Deux médailles d’or, une en argent, je ne peux pas me plaindre. » 

Les Américains règnent sur 4 x 400 m, Allyson Felix toujours plus haut 
A la veille de la cérémonie de clôture des Jeux de Rio 2016, et pour les dernières épreuves d’athlétisme au stade olympique, les États-Unis ont remporté les deux relais 4 x 400 m. Les dames se sont imposées pour la sixième fois consécutive, permettant à Allyson Felix de rejoindre Merlene Ottey au rang d'athlète féminine la plus médaillée de l'histoire des Jeux et de la dépasser en terme de médailles d’or. Les garçons, eux, ont récupéré le titre qu’ils avaient laissé aux Bahamas en 2012 à Londres. 

En 3 min 19 sec 06, Courtney Okolo, Natasha Hastings, Phyllis Francis et Allyson Felix ont devancé la Jamaïque (2e en 3 min 20 sec 34) et la Grande-Bretagne (3e en 3 min 25 sec 88). La course s'est résumée à un duel entre les États-Unis et la Jamaïque à partir du deuxième tour de piste. Les Américaines ont toujours mené, les Jamaïcaines sur leurs talons, reléguant très loin leurs rivales.

Sur le dernier relais, Felix est parvenue à contenir Novlene Williams-Mills, qui se faisait menaçante, et a permis à la Jamaïque de figurer sur le podium pour la cinquième fois consécutive (argent en 2000 et 2016, bronze en 2004, 2008 et 2012). Les Américaines ont gagné ce relais sans discontinuer depuis les Jeux d'Atlanta en 1996.


À l’issue du relais 4 x 100 m, Allyson Felix était devenue la première femme de l'histoire à remporter cinq médailles d'or olympiques en athlétisme. Voilà désormais la Californienne de 30 ans nantie de six médailles d'or olympiques (une seule en épreuve individuelle) et trois d'argent (toutes en individuelle). Entre 1980 et 2000, la Jamaïcaine Merlene Ottey avait aussi décroché neuf médailles olympiques mais aucune en or.

De toute sa carrière, Felix n'a jamais gagné un autre métal que l'or en relais, trois fois au 4 x 400 m, deux fois au 4 x 100 m. « C'était une belle soirée. C'est vraiment spécial, quand je regarde tout ce que j'ai fait, je peux être fière. L'athlétisme a mis beaucoup de joie dans ma vie », a déclaré Felix, qui repart du Brésil avec trois médailles mais avec une défaite qu'elle a eu du mal à digérer sur 400 m (2e). « Ce furent mes Jeux les plus durs, sans aucun doute », a-t-elle ajouté.

Les garçons imitent les filles 
En 2 min 57 sec 30, les quatre Américains, Arman Hall, Tony McQuay, Gil Roberts et LaShawn Merritt, ont devancé sur le podium les Jamaïcains (2e en 2 min 58 sec 16) et les Bahamas (3e en 2 min 58 sec 49), titrés il y a quatre ans à Londres. La Belgique (4e), avec les trois frères Borlée, a échoué à 3 centièmes du podium dans une course très serrée.

Cette victoire américaine n’était pas écrite à l’avance. Le premier relayeur américain, Arman Hall, a ainsi terminé son tour de piste en 4e position, derrière William Collazo (Cuba), Alonzo Russell (Bahamas) et Isaac Makwala (Botswana). Tony McQuay s’est ensuite porté en tête, talonné par le deuxième relayeur botswanais, Karabo Sibanda. Au troisième tour de piste, le Botswana s’accrochait encore en 2e position derrière l’Américain Gil Roberts, qui a transmis à LaShawn Merritt. Ce dernier a alors pris la poudre d’escampette pour passer la ligne d’arrivée le premier, détaché, tandis que Javon Francis pour la Jamaïque, Chris Brown pour les Bahamas et Kevin Borlée dans un rush désespéré pour la Belgique, avalaient le quatrième relayeur botswanais Gaone Leaname Maotoanong dans les derniers mètres de la course. 

LaShawn Merritt a décroché sa troisième médaille d'or olympique, huit ans après les deux premières, et sa deuxième à Rio après le bronze du 400 m. « Je voulais juste venir ici et donner le meilleur de moi-même à chaque fois que je me suis lancé en piste, Il ne s’agissait que de ça, a-t-il dit. Vous rêvez de gagner, vous vous entraînez pour gagner, vous donnez tout et vous vous débrouillez avec les résultats. L’athlétisme et la vie continuent, et vous apprenez de toutes vos expériences. Nous voulions vraiment gagner ce 4 x 400 m. Cela n’avait pas été dans le sens que nous aurions souhaité il y a quatre ans et nous savions à quel point c’était important. Même si j’ai beaucoup couru dans ces Jeux Olympiques, j’ai fait confiance à mes coéquipiers pour qu’ils me transmettent le témoin. »


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