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Sonia O'Sullivan Getty Images
Date
08 mai 2018
Tags
Actualités Olympiques , Sydney 2000 , Irlande
Sydney 2000

Sonia O’Sullivan : « À la cérémonie d’ouverture, on comprend tout de suite qu’on est aux Jeux Olympiques »

L’athlète Sonia O’Sullivan a représenté l’Irlande aux Jeux Olympiques de 1992, 1996, 2000 et 2004, et elle y a gagné une médaille d’argent en athlétisme sur 5 000 m en 2000. Cette même année, elle a été porte-drapeau de son pays lors de la cérémonie d’ouverture. Et en 2012 à Londres, elle a participé aux cérémonies d’ouverture et de clôture, cette fois comme chef de mission de l’Irlande.

C’est curieux que je n’aie pas participé à une cérémonie d’ouverture ou de clôture jusqu’à ce qu’on me choisisse pour porter le drapeau irlandais en 2000, lors de la cérémonie d’ouverture de mes troisièmes Jeux. Lors de mes deux premiers Jeux en 1992 et 1996, je n’ai pas pu y aller pour des tas de raisons, mais je dois avouer que j’étais si concentrée sur mes performances que ça ne m’a pas trop affectée à l’époque. Les épreuves d’athlétisme commencent la deuxième semaine des Jeux et, pendant la cérémonie d’ouverture de Barcelone et d’Atlanta, j’étais encore en stage de préparation, à des kilomètres de la ville hôte.

Tous les athlètes présents ont cependant fait en sorte de pouvoir regarder la cérémonie d’ouverture sur le petit écran. Nous avons tous revêtu notre uniforme et nous nous sommes retrouvés autour de la télé. C’était sympa. Quand l’Irlande a défilé, nous avons tous hurlé et, même si nous n’étions pas dans le stade, le fait de regarder la cérémonie d’ouverture nous a fait comprendre que les Jeux avaient commencé.

J’ai donc participé à ma première cérémonie d’ouverture à Sydney en 2000, comme porte-drapeau. On m’avait demandé très longtemps à l’avance si je voulais porter le drapeau irlandais et j’ai donc pu aménager mon programme par rapport à cela, afin d’être présente pour la cérémonie d’ouverture. C’était vraiment excitant de participer à ma première cérémonie olympique. Et comme porte-drapeau, c’était génial, car ça voulait dire que je ne faisais pas que défiler.


Sonia O'Sullivan Getty Images

À l’époque, en 2000, les réseaux sociaux n’existaient pas et il n’y avait donc pas besoin de cultiver le secret comme aujourd’hui. Je me souviens qu’en 2012, lorsque notre porte-drapeau a été choisi, c’était beaucoup plus difficile d’essayer de rester discret que lorsque j’avais été choisie en 2000. C’était vraiment super qu’on m’ait demandé de porter le drapeau et bien sûr un grand honneur, mais en réalité ce n’était pas plus excitant que d’aller simplement aux Jeux Olympiques, qui sont un monument en eux-mêmes. Le bon côté de tout ça cependant, c’est que j’étais certaine de participer enfin à la cérémonie d’ouverture, et c’était vraiment super d’y être pour la première fois.

Les heures qui ont précédé la cérémonie à Sydney ont été fantastiques : tout le monde se préparait au village des athlètes, enfilait son uniforme et ce qui est génial à ce moment-là, c’est qu’on rencontre beaucoup d’athlètes de la délégation pratiquant des sports différents. C’était vraiment super. Et en plus, comme j’étais porte-drapeau, tout le monde venait me parler et voulait être pris en photo avec moi.


Lorsque les athlètes prêtent serment, à propos de l’engagement, de l’honneur, du respect et de l’équité, c’est vraiment spécial. C’est vraiment un privilège d’être ici à ce moment-là, on ne mesure pas l’importance que cela revêt tant qu’on n’a pas participé à la cérémonie d’ouverture. Sonia O’Sullivan Irelande

Une chose m’inquiétait cependant, c’était le poids du drapeau. Lorsqu’on voit ce drapeau immense sur ce mât gigantesque, on s’attend à ce qu’il soit excessivement lourd, mais en réalité c’était parfait, ce n’était pas trop lourd.

Lorsqu’on participe à la cérémonie d’ouverture en tant qu’athlète, tout devient très réel et on comprend tout de suite qu’on est aux Jeux Olympiques. Lorsque les athlètes prêtent serment, à propos de l’engagement, de l’honneur, du respect et de l’équité, c’est vraiment spécial. C’est vraiment un privilège d’être ici à ce moment-là, on ne mesure pas l’importance que cela revêt tant qu’on n’a pas participé à la cérémonie d’ouverture.

J’ai arrêté de courir en 2007, mais j’ai ensuite été nommée chef de mission de la délégation irlandaise pour Londres 2012. J’aurais vraiment aimé à plus d’un titre m’asseoir dans les tribunes pour assister à la cérémonie d’ouverture à Londres, car je n’avais jamais eu la chance auparavant de n’être qu’une spectatrice. Mais on m’a demandé de défiler à côté de notre porte-drapeau, la boxeuse Katie Taylor, et j’ai rempli mon rôle.


Sonia O'Sullivan Getty Images

En ce qui concerne la cérémonie d’ouverture de Londres, je me souviens qu’avant le début des Jeux, nous étions sortis dîner à Londres en petit groupe, et nous avons vu tous les gens qui répétaient pour la cérémonie d’ouverture. C’était fascinant de voir ce que cela impliquait. C’était dans le noir et assez discret, mais en même temps, n’importe qui aurait pu passer devant et voir ce qui se passait.

La cérémonie d’ouverture est en deux parties : d’abord le spectacle et ensuite, le défilé des équipes. Le plus drôle, c’est que les athlètes ne voient jamais le spectacle, car ils sont confinés dans une zone d’attente avant d’être invités à pénétrer dans le stade.

En 2012, en tant que chef de mission, j’ai enfin pu savourer la cérémonie d’ouverture davantage que lorsque j’étais athlète. À Londres, j’ai eu l’impression qu’une partie de mon travail consistait à être là et soutenir les athlètes, et c’est aux Jeux de Londres 2012 que j’ai compris l’importance pour tous les autres de la présence des athlètes. Quand on est soi-même athlète et qu’on se concentre uniquement sur ses performances aux Jeux, on ne réalise pas combien il est important pour l’équipe de compter un maximum d’athlètes présents, mais en 2012, ça m’a enfin sauté aux yeux. Ce qui était vraiment fantastique, c’est que j’ai pu participer à une cérémonie d’ouverture sans me soucier des répercussions que cela pouvait avoir sur ma performance. Je me suis simplement contentée de l’apprécier.



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