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Date
09 févr. 1972
Tags
Sapporo 1972 , Actu CIO , Biathlon , Norvège

Solberg entre dans la légende

Magnar Solberg est arrivé à Sapporo en sachant qu’il avait l’occasion d’entrer dans l’histoire. Personne n’a en effet jamais conservé un titre olympique de biathlon. Quatre ans plus tôt à Grenoble, Solberg s’est imposé plutôt facilement dans le 20 km, mais là, à 34 ans, il se heurte à un plateau relevé et à des conditions difficiles.


Malgré son statut de tenant du titre, Solberg n’est pas le favori au Japon. Entre-temps, le Soviétique Aleksandr Tikhonov, dauphin du Norvégien à Grenoble, s’est imposé comme le nouveau patron de la discipline, et a battu régulièrement Solberg lors des épreuves des Championnats du monde. À vrai dire, la forme de Solberg avant les Jeux était si hasardeuse qu’il a intégré de justesse la sélection norvégienne. En fait, au départ, les sélectionneurs l’avaient laissé sur la touche, mais ils ont décidé de lui offrir une dernière occasion de montrer sa forme, et comme à d’autres reprises, sous la pression, il s’est montré à son meilleur niveau.

À Sapporo, l’épreuve est reportée d’un jour, en raison d’une tempête de neige qui rend le moindre tir quasiment impossible. Le lendemain matin, la météo est revenue à de meilleures dispositions, et l’épreuve peut débuter.

Sous la pression, comme à ses plus belles heures, Solberg affiche une nouvelle fois sa meilleure forme. Il est en tête à l’issue du premier arrêt au pas de tir, alors que Tikhonov est à la traîne. Mais soudain, les choses se compliquent.

Le Suédois Lars-Göran Arwidson prend les commandes alors que l’Italien Willy Bertin effectue une remontée spectaculaire jusqu’à la deuxième place et que Solberg rétrograde peu à peu jusqu’à la septième. Après la troisième séance de tir, Bertin endosse le costume de leader, tandis que Solberg remonte sans faire de bruit jusqu’au quatrième rang, juste devant Arwidson. Il est clair que l’ultime explication devant les cibles va être décisive.

Bertin y hérite d’une pénalité de quatre minutes et quitte donc immédiatement le podium. En revanche, Solberg tire à la perfection et reprend la tête devant l’Allemand de l’Est Hansjörg Knauthe. Les deux hommes vont se retrouver au coude-à-coude dans la dernière ligne droite. L’arrivée est serrée, mais grâce à sa condition, à sa technique et à son expérience, Solberg tient bon et décroche l’or pour 12 secondes, devenant ainsi le premier biathlète à conserver son titre. Le Norvégien tirera sa révérence sportive peu après et deviendra policier.

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