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Date
02 sept. 1960
Tags
Rome 1960

Snell programme sa course et coiffe Moens au 800 m

Le favori du 800 m était également le coureur qui détenait le record du monde, le Belge Roger Moens, dont on pensait qu’il n’avait qu’un seul véritable adversaire, à savoir le Jamaïcain George Kerr.


À Rome, bien peu de monde s’intéresse vraiment au Néo-Zélandais Peter Snell, du moins jusqu’à la seconde demi-finale à l’issue de laquelle Snell s’impose devant Moens en 1’47’’2, son nouveau record personnel. La victoire de Kerr dans la première demi-finale a cependant attiré davantage l’attention et la plupart des observateurs supposent que Moens s’est simplement ménagé pour la finale.

Snell est un sportif d’exception. Il a grandi à Waikato et il n’excelle pas uniquement sur la piste mais aussi au badminton, au rugby et au cricket. En outre, il a également participé, lorsqu’il était junior, aux championnats de Nouvelle-Zélande de tennis. Ce n’est qu’à 19 ans, soit deux ans avant les Jeux de Rome, qu’il décide de se consacrer entièrement à la course, sous la houlette d’Arthur Lydiard, son entraîneur et inspirateur.

En finale, son premier tour n’a pourtant vraiment rien d’extraordinaire. À la cloche, il est au fond du peloton et pire encore, il semble enfermé par les autres concurrents. Devant, c’est le Suisse Christian Wägli qui mène, flanqué de Moens, en embuscade.

Le Belge attend toutefois la ligne opposée pour placer son attaque. Il lâche Wägli et se retourne, une fois, deux fois, puis trois fois, pour essayer de voir où est Kerr. À ce moment-là, le Jamaïcain n’est toutefois plus en course pour la victoire ce qui provoque peut-être un léger relâchement de Moens. Il pense peut-être qu’il a déjà gagné la course et la position de Snell ne semble certainement pas le préoccuper.

Le Néo-Zélandais a cependant réussi à se frayer un passage à la corde et il se découvre des réserves d’énergie qu’on ne rencontre habituellement pas dans les derniers mètres d’une finale olympique. Il sprinte vers l’arrivée, dépasse Moens et franchit victorieusement la ligne d’arrivée en établissant un nouveau record olympique de 1’46’’3. Si tous les spectateurs du stade ont pu voir qu’il était le champion olympique, Snell, lui, n’en est pas vraiment certain.

Il interroge la personne la plus proche et il s’avère que c’est Moens. « Qui a gagné ? » demande Snell. Et la réponse fuse : « C’est toi ! »

Tout à coup, le coureur inconnu est devenu une star mondiale. Quatre ans plus tard à Tokyo, il défendra victorieusement son titre du 800 m et ajoutera l’or du 1500 m à sa collection.

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