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Ski freestyle et snowboard : l’art du shaping

Bruno Cuaz
Date
20 janv. 2020
Tags
Actualités Olympiques, Lausanne 2020, JOJ
Leysin a profité des JOJ pour mettre en place un des plus beaux snowparks au monde ouvert aux compétitions internationales mais aussi au grand public. Pour construire ces structures éphémères, les promoteurs locaux ont fait appel à Benjamin Ravanel, un Français originaire de Chamonix, dont le savoir-faire est reconnu dans le monde entier.

Arrivé à Chaux-de-Mont à 1900m d’altitude, l’impression visuelle est spectaculaire. Face à vous se dressent deux structures de glace baignées de soleil. A gauche, on trouve un half-pipe de 160 m de long et 27 m de large et à gauche, il y a un parcours de slopestyle avec deux énormes bosses entrecoupées de rails et d’obstacles glacés. Cette oeuvre éphémère forme le Leysin Park&Pipe où se disputent les épreuves de ski freestyle et de snowboard de ces JOJ 2020.

L’environnement préservé

‘‘On a fait des préformes au cours de l’été 2018, raconte Benjamin Ravanel, le shaper du parc à la tête de la société Ravach. Cela consiste à amener de la terre pour économiser de la neige pendant l’hiver. Ces travaux ont été faits avec beaucoup de soin pour préserver la nappe phréatique d’Aigle et protéger la surface au sol afin que la végétation repousse pendant l‘été.“   

Ces travaux ont permis aussi d’économiser environ 50 000 m3 de neige. Il faut savoir qu’un half-pipe nécessite environ 40 000 m3 de neige artificielle. ‘‘La neige de culture est privilégiée pour les pipes, précise Benjamin. Elle est plus compacte pour les riders et elle moins sensible à l’érosion“ Le premier travail du shaper est de tendre une corde du haut vers le bas pour établir une ligne droitre de chaque côté.

Bruno Cuaz

De nombreuses heures de travail

Un pipe comme celui de Leysin nécessite beaucoup d’heures de travail avec une dameuse équipée de la „Zaugg“, un bras arrondi qui permet de sculpter la forme idéale pour les athlètes. „Il est important de bien travailler la transition entre la courbe des murs et le plat du U, souligne Benjamin, afin que les athlètes conservent de la vitesse tout au long de leur run.“ Le reste du travail est fait à la main pour que la sécurité soit optimale notamment sur le coping, l’arète supérieure du half-pipe.

Le travail est aussi constant en cours de compétition comme vendredi soir quand une tempête de neige s’est abattue sur Leysin. ‘‘On a travaillé toute la nuit pour enlever toute la neige fraîche, se souvient Benjamin. On était une dizaine et on a été bien aidés par des volontaires et par une dizaine de militaires suisses.“ Au matin, les deux structures étaient parfaitement glacées et lisses, comme s’il n’avait pas neigé.


Une bosse de 18 mètres de long

Le travail de conception du parcours de slopestyle est l’oeuvre de Christophe Destarac.‘‘Je fais un croquis des différents éléments sur papier, raconte-t-il. En fait, je m’adapte au terrain.“ La première bosse est d’une hauteur de trois mètres et de dix-huit mètres de longueur et elle sera utilisée aussi pour le Big Air. Les riders décollent à plus de trois mètres.

Ces JOJ sont l’occasion de renforcer encore la place de Leysin comme une référence en matière de snowboard et de freestyle après avoir accueilli la saison dernière les championnats du monde juniors de la spécialité. Pour Benjamin et son équipe, qui a déjà construit plus d’une centaine de half-pipes dans le monde, ce sera ensuite l’occasion de partir vers d’autres horizons pour construire d’autres oeuvres monumentales destinées à disparaître à la fonte des neiges, un peu à l’image des châteaux de sable de notre enfance…

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