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2010 Getty Images
Date
08 févr. 2018
Tags
Actualités Olympiques , PyeongChang 2018 , Ski de fond
PyeongChang 2018

Ski de fond à PyeongChang 2018 : suivez le guide avec Alex Harvey

Si les Scandinaves dominent traditionnellement en ski de fond, le Canadien Alex Harvey, double champion du monde, espère briser cette fois leur mainmise sur le podium olympique. Pour parvenir au sommet de ce sport, qui est physiquement l’un des plus exigeants, il faut non seulement maîtriser la technique et le fartage, mais également avoir des qualités athlétiques hors du commun.

Peu de disciplines olympiques sont aussi variées que le ski de fond. Proposant une combinaison d'épreuves de sprints, de relais et de courses de type marathon, ce programme épuisant requiert des qualités sportives sans égales.

Le sport nécessite également d'être capable de skier selon deux techniques différentes : le style "classique", qui autorise une propulsion uniquement linéaire et exige de négocier les montées en canard, et la méthode du pas de patineur ou skating, plus rapide, où les jambes se déplacent latéralement.
« Il faut penser à beaucoup de choses différentes », souligne Alex Harvey, la révélation canadienne qui a montré son talent la saison dernière en remportant le titre du 50 km aux Championnats du monde 2017 à Lahti, en Finlande.

« Mais ce n'est pas tout à fait comme si on tentait de faire courir Usain Bolt en demi-fond. Nos sprints se disputent sur des distances de plus de 1 500 m, et les skieurs de fond ont donc tendance à ressembler physiquement à des coureurs de demi-fond. Nos épreuves de sprint demandent de l'endurance. Cela dit, l'éventail des courses est très large. Je vais courir les six. J'ai l'impression d'atteindre le sommet de ma carrière et d'avoir une chance légitime de gagner une médaille dans les quatre courses individuelles. »

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Les bases

Le programme de ski de fond de PyeongChang 2018 comprend le skiathlon dames (10 février), le skiathlon messieurs (11 février), le sprint classique messieurs et dames (13 février), le 10 km libre dames (15 février), le 15 km libre messieurs (16 février), le relais 4 x 5 km dames (17 février), le relais 4 x 10 km messieurs (18 février), le sprint libre par équipes messieurs et dames (21 février), le départ groupé 50 km classique messieurs (24 février) et le départ groupé 30 km classique dames (25 février).

Le skiathlon est une course en deux parties : la première moitié est courue en style classique, avant que les coureurs ne changent de skis et utilisent la technique "libre", c'est-à-dire le skating.

« Le skiathlon est en fait ma course préférée, car j'aime bien les deux styles, dit Alex Harvey. C'est la première course à PyeongChang et c'est donc excitant. »

« Avec la technique classique, on marche essentiellement à skis. C'est linéaire et on glisse à chaque pas. Il faut farter le milieu du ski pour obtenir une propulsion maximale. »

« Avec le skating, on patine essentiellement sur la neige, mais on utilise aussi le haut du corps. On n'a pas besoin de fart, car le ski est sur ses carres et il glisse donc plus loin et plus vite. J'ai obtenu mes meilleurs résultats en skating récemment, mais j'aime les deux techniques et je vise vraiment le skiathlon. »

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Compétences majeures et conseils

Bien que la technique soit évidemment essentielle pour prétendre au podium, tous les athlètes de haut niveau ont de grandes capacités. Selon Harvey, ce qui fait surtout la différence entre la victoire et la défaite, ce sont les qualités physiques et les skis.
« Il s'agit de savoir qui est le plus fort le jour J, dit-il. Il n'y a pas d'alternative à l'entraînement et au travail acharné. J'ai persévéré pendant des années et j'en ai bavé pour arriver jusqu'ici. Je m'entraîne avec le même entraîneur depuis l'âge de 16 ans, généralement deux fois par jour. Il faut également disputer beaucoup de compétitions. C'est la seule façon de progresser. »
« Les skis sont absolument cruciaux. On peut dire adieu à une course à cause d'un mauvais équipement. On peut être dans sa meilleure forme et terminer pourtant 30e si les skis ne sont pas au niveau. Et ça marche aussi dans l'autre sens. Récemment, j'ai terminé deuxième dans une course de championnat du monde. J'étais vidé, mais mes skis étaient tellement au point qu'ils m'ont porté sur le podium. Il faut vraiment avoir un bon cheval pour gagner ! »

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Épreuves dames

« Il faut d'abord penser à la Norvégienne Marit Bjoergen, souligne Alex Harvey. C'est la skieuse la plus titrée de notre sport, avec plus de 100 victoires en Coupe du monde. Une légende absolue. Elle peut battre le record du plus grand nombre de médailles d'or dans notre sport en République de Corée. C'est aussi une femme formidable. »
« Toute l'équipe norvégienne est aussi très forte, notamment Heidi Weng, qui a été en tête du classement cette saison. L'équipe des États-Unis est également susceptible de très bien se comporter. Jessica Diggins et Sophie Caldwell ont obtenu quelques résultats. »

« Il y a aussi quelques grandes skieuses suisses et allemandes, mais la grande bagarre opposera les Suédoises et les Norvégiennes. »

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Épreuves messieurs

« Mes deux précédentes expériences olympiques ont été très différentes, indique Alex Harvey. À Vancouver en 2010, on n'attendait pas vraiment notre équipe et nous avons dépassé toutes les espérances. Nous nous sommes classés quatrièmes du sprint par équipes, et nous avons aussi obtenu de très bons résultats individuels. »

« Nous avons évolué avec la même confiance aux Jeux de Sotchi 2014, où nous sommes arrivés avec de grandes ambitions. Mais nous sommes passés à côté et ça nous a remis à notre place. »
« Depuis, nous avons changé pas mal de choses, surtout sur le plan technique. Nous avons deux nouveaux techniciens de fart européens, une nouvelle ponceuse à pierre pour préparer les skis et j'ai même changé de fabricant de skis. »

« Je me sens bien mieux préparé maintenant, au matin d'une course. Nous avons beaucoup appris et je pense que nous arrivons à PyeongChang avec pas mal d'expérience. J'ai été régulier cette saison et j'ai obtenu quelques podiums. »

Ses adversaires viendront des pays habituels : « Les Norvégiens et les Suédois, dit-il. Le Suisse Dario Cologna est aussi en grande forme, tout comme le Français Maurice Manificat. »

Une seule chose est sûre : si Alex Harvey remporte la médaille d'or, sa marque de fabrique sera à l'honneur : « Si je gagne, je vais jouer de l'air guitar avec mes skis ! »

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