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Date
19 févr. 1988
Tags
Calgary 1988 , Ski alpin , Allemagne , Actu CIO

Ski alpin - Marina Kiehl, la descente sinon rien

Dans la dernière ligne droite conduisant aux Jeux de Calgary, Marina Kiehl semblait avoir tiré un trait sur sa sélection dans l’équipe d’Allemagne de l’Ouest. Mais, au début de l’année 1988, quelques très bons résultats vont lui permettre finalement d’accrocher le bon wagon.


Elle vise principalement le super-G, son épreuve de prédilection. Avant même son arrivée, une épée de Damoclès tournoie au-dessus de sa tête, conséquence de sa forme inégale, et sa participation n’est pas du tout acquise. Les officiels allemands lui proposent alors le marché suivant : si elle termine dans les six premières de la descente, alors elle pourra prendre le départ du super-G.

La skieuse saute sur l’occasion avec brio. La descente a beau ne pas être vraiment son point fort, elle décide malgré tout d’y jeter toutes ses forces.

La compétition est reportée d’un jour en raison d’une mauvaise météo et le jour J, la Suissesse Maria Walliser et la Canadienne Karen Percy sont les premières à se relayer en tête. Marina Kiehl est la huitième à s’élancer et elle skie avec le couteau entre les dents, s’invectivant tout au long du parcours et passant à deux reprises à deux doigts de la chute. La slalomeuse, qui n’a jamais gagné de descente, s’est quasiment transformée en une spécialiste du KL et elle rallie l’arrivée avec 75 centièmes d’avance sur la Canadienne.

Par la suite, personne ne s’approche du chrono de l’Allemande de l’Ouest. Si Karen Percy est finalement repoussée à la troisième place, pour un centième, par la Suissesse Brigitte Oertli, Marina Kiehl est, elle, trop loin devant pour être inquiétée. Étonnée par son propre succès, elle va attendre, tranquillement assise, le passage des concurrentes les plus anonymes, refusant de croire à cette médaille d’or jusqu’à l’arrivée de la dernière skieuse.

Son triomphe est mémorable et extraordinaire. L’ironie du sort veut pourtant qu’après avoir tout fait pour réussir en raison de son envie irrépressible de participer au super-G, elle ne finira que 12e de son épreuve fétiche. Et pourtant, elle avait écrasé tout le monde en descente.
Elle abandonnera la compétition un peu plus tard cette même année, à 23 ans à peine.

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