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Simone Biles sur la route d’un exceptionnel quintuplé!

L'Américaine Simone Biles a remporté jeudi le concours général féminin des Jeux Olympiques de Rio 2016, un deuxième titre qui lui permet de poursuivre sa route vers un inédit quintuplé de médailles d'or en gymnastique artistique féminine dans une édition des Jeux Olympiques.

Simone Biles, saga olympique, épisode 2: l'Américaine a confirmé qu'elle était la meilleure gymnaste de la planète, et de loin, en décrochant l'or du concours général jeudi devant le public de l’Arène olympique, en route vers un inédit quintuplé.

Quintuplé, car après le concours par équipes remporté mardi avec les Etats-Unis, la Texane de 19 ans disputera les finales du saut dimanche, de la poutre lundi et du sol mardi : trois agrès où elle a été la meilleure jeudi. Seul le métal des barres asymétriques ne pourra tomber dans son escarcelle.

Gymnastics Getty Images

Si elle remportait un record de cinq titres, elle dépasserait les quadruplés réalisés en un tournoi olympique par la Soviétique Larissa Latynina (1956), la Tchécoslovaque Vera Caslavska (1968) et la Roumaine Ecaterina Szabo (1984). Il sera alors temps de convoquer la figure tutélaire de la légende Nadia Comaneci, d'ailleurs présente dans l'Arène olympique de Rio et qui a tweeté: « Félicitations à Simone Biles et Aly Raisman. Quel beau succès.. » Biles se sent-elle la meilleure de l'histoire ? "Euh... certains peuvent le dire, d'autres diront que non, moi, je me contente de faire ma gymnastique », a répondu la jeune championne.

Mais dans le tournoi qui consacre la meilleure athlète de la discipline, de toute façon, c'est simple: à chaque fois que Biles participe à un concours général international, elle le gagne. Trop jeune pour les Jeux de Londres 2012, elle s'est depuis imposée aux championnats du monde 2013, 2014 et 2015, en y égalant le record de la Russe Svetlana Korkhina (sacrée en 1997, 2001 et 2003), et prenant au passage celui de titres mondiaux (dix).

Jeudi, Biles a devancé sa compatriote Aly Raisman, qui décrochait ainsi sa cinquième médaille olympique, et s'était qualifiée en finale au détriment de leur coéquipière Gabrielle Douglas, qui était la tenante du titre. La Russe Aliya Mustafina a pris le bronze, sa sixième médaille olympique.

Getty Images

Copines américaines

A l'issue des qualifications, Raisman s'était fait une raison, avait admis l'évidence: « C'est ça, la gymnastique: un jour, c'est l'une la meilleure, mise à part Simone, le lendemain c'est une autre. Simone, c'est toujours la meilleure. »

Mais avant l'ultime agrès, la Russe Aliya Mustafina s'interposait entre elles sur le podium, après son passage à la poutre. Les deux copines américaines ont alors regardé l'écran géant, jaugé l'écart infime (0,067 point) entre Mustafina et Raisman, et semblé s'accorder sur un point: au sol, « Aly » repasserait devant leur concurrente.

Et au sol, la Russe a été sanctionnée d'une note moyenne (13,933). Raisman, tenante du titre olympique dans cet agrès, a livré une routine bien meilleure que sa rivale. Sur la piste, avant même de connaître sa note, elle fondait en larmes, une médaille d'argent déjà gravée dans le coeur. Ce que son 15,433 allait confirmer.

Getty Images

Mustafina était auparavant passée devant Biles elle-même, à l'issue de la deuxième rotation et du passage aux barres parallèles: cet agrès est le point fort de la Russe, championne olympique en titre, et le point faible de l’Américaine. Mais Biles a fini par mettre les choses au clair, avec un coup de grâce au sol, marqué par le mouvement qui porte son nom, un des plus difficiles: un double salto arrière tendu avec demi-vrille et retombée à l'aveuglette.

Simone Biles finit avec deux points d'avance sur sa dauphine et près de quatre sur Mustafina, un gouffre à ce niveau. Les deux copines américaines pouvaient s'enlacer chaleureusement, et les larmes s'écouler sur le maquillage rutilant.

« Depuis longtemps notre but était de finir aux deux premières places », a expliqué Raisman. « Toute la journée on s'est fait des câlins, à nous dire combien on s'aimait, quoi qu'il arrive. »

Et quel sentiment animait Biles après son triomphe ? « Heureuse, je crois, ou... affamée! », a-t-elle lâché en éclatant de rire.

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