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Shea junior fait honneur à son nom

Plus de 50 ans après sa dernière apparition et la médaille d’or de Nino Tibia à Saint Moritz, le skeleton va réintégrer le programme olympique en 2002. Les meilleurs éléments mondiaux sont au rendez-vous et les fans s’emballent instantanément. Dans la compétition masculine, les favoris sont Martin Rettl, un aiguilleur du ciel autrichien, le Suisse Gregor Stähli et l’Américain Jim Shea junior.


Ce dernier sait parfaitement ce que recouvre le terme olympien, puisque son grand-père et son père ont tous deux participé aux Jeux Olympiques d’hiver. Son grand-père, Jack, a été un patineur de vitesse réputé qui a gagné deux médailles d’or aux Jeux de 1932 alors que son père, Jim senior, était un spécialiste du ski de fond qui a participé à trois épreuves en 1964 à Innsbruck.

Malgré son ascendance, Jim Shea junior a suivi un chemin tortueux pour pouvoir débuter sur la scène olympique. Après avoir décidé de se mettre au skeleton, il a sillonné l’Europe avec un budget des plus ténus, travaillant sur les pistes pour gagner un peu d’argent tout en saisissant également l’opportunité de participer à quelques manches. En 1998, il devient le premier Américain à gagner une course de Coupe du monde et dans la foulée, la saison suivante, le premier à être sacré champion du monde de skeleton.

Sa préparation pour Salt Lake City est bonne, mais elle va être perturbée deux semaines à peine avant les Jeux lorsque son grand-père adoré, Jack, âgé de 91 ans, est tué dans un accident de voiture. Pour marquer sa disparition, il placera une photo de Jack à l’intérieur de son casque durant toute la compétition.

Le jour de la finale, Shea junior mène à l’issue des deux premières manches, avec 13 centièmes d’avance sur Rettl, alors que Stähli est un tout petit peu plus loin. Ses deux adversaires les plus proches signent ensuite un chrono identique et rapide dans la troisième manche, comme une sorte de défi lancé à Shea junior.

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Lorsqu’il s’élance, l’Américain rate son départ et toute l’avance accumulée dans les deux premières manches va fondre comme neige au soleil. À mi-parcours, il compte un centième de retard sur Rettl. Et pourtant, l’Américain va retrouver un petit peu de vitesse dans les dernières courbes.

Il franchit la ligne en signant un temps total de 1’41’’96, scellant sa victoire pour à peine cinq centièmes. En reconnaissant sa victoire, il va rendre hommage à son grand-père disparu en le remerciant de l’avoir inspiré pour décrocher la médaille d’or. « Maintenant, il peut monter au paradis », dira-t-il avec émotion.

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