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Date
09 mai 2017
Tags
Actualités Olympiques , MILLER, Shannon

Shannon Miller revient sur sa remarquable carrière olympique

Shannon Miller est la gymnaste américaine la plus médaillée de l’histoire et fait partie des célèbres «Sept magnifiques» gagnantes de la médaille d’or par équipes aux Jeux Olympiques à Atlanta en 1996. Elle revient ici sur sa remarquable carrière olympique entamée à Barcelone en 1992, à tout juste 15 ans, et révèle comment ces expériences l’ont également aidée dans sa lutte contre un cancer en 2011.

CE QUE LES JEUX SIGNIFIENT POUR MOI

Les Jeux Olympiques signifient beaucoup de choses pour moi. En tant qu’athlète, ils m’ont permis de représenter mon pays pendant une compétition et de faire preuve de compétences que j’avais développées et perfectionnées des années durant. Quand j’étais petite, il s’agissait de comprendre et de découvrir l’objectif suprême des Jeux Olympiques: rassembler les gens. En tant que mère, ils sont une opportunité pour parler à mes enfants de sports qu’ils ne connaissent pas et de leur faire découvrir l’idéal olympique de manière divertissante. Et, bien sûr, en tant que fan olympique, les Jeux sont une occasion d’en apprendre davantage sur les athlètes aujourd’hui en compétition et de les encourager en famille et avec des amis!

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MES PREMIERS JEUX

À 15 ans [à Barcelone en 1992], j’étais très réservée et timide, et je ne m’attendais pas à faire partie de cette équipe. Peu avant les Jeux, je m’étais démis et cassé le coude. J’étais donc contente de pouvoir concourir avec l’équipe.

En revenant à la maison avec cinq médailles olympiques, je n’ai pas vraiment compris ce que signifiait cet exploit. De retour à la salle de gym, je me suis mise à travailler de nouvelles techniques en attendant la prochaine compétition. Ce n’est pas que je ne saisissais pas l’immense défi que représentaient les Jeux et que je n’en appréciais pas l’expérience, au contraire, j’y avais pris beaucoup de plaisir et je voulais y retourner. Seulement, j’étais très jeune et ne me rendais pas compte de leur ampleur. J’avais concouru à des Championnats du monde l’année précédente et du coup, ce n’est pas le nombre de spectateurs présents qui m’avait le plus frappée. Par contre, il y avait en plus des millions de gens dans le monde entier qui regardaient aussi! J’ai toujours aimé avoir un large public. Cela m’encourage quand je réalise mes enchaînements ou certaines de mes figures les plus difficiles. Toutefois, le choc le plus fort c’est celui de la rencontre avec les médias et les caméras qui a suivi une fois la compétition terminée.

DES JEUX DANS SON PROPRE PAYS

Par bien des façons, les Jeux de 1996 ont été différents pour moi. J’étais plus âgée et à 19 ans, j’étais une ancienne, mais j’avais une meilleure compréhension des Jeux au-delà de la compétition elle-même. En un sens, c’était plus stressant. Je voulais absolument réussir sur mon propre sol et décrocher l’or pour mon pays!

Et je pense que j’avais aussi compris que ces Jeux seraient mes derniers.

MES MEILLEURS SOUVENIRS OLYMPIQUES

J’ai énormément de beaux souvenirs! J’ai aimé la magie d’être sur le podium avec mon équipe pour recevoir la première médaille d’or olympique jamais remportée par les États-Unis en gymnastique artistique féminine. C’est incomparable: le lever des couleurs américaines au son de l’hymne national. Simplement fabuleux! Je me souviens bien aussi de notre arrivée au village olympique à Barcelone. Les premiers athlètes que nous avons croisés faisaient partie de la «Dream Team», l’équipe de basketball américaine de 1992. Ils étaient très sympas et nous ont saluées. En tant que débutante, avec le mal du pays après deux semaines loin de chez moi, c’était réconfortant de rencontrer d’autres athlètes et de comprendre que nous faisions partie de la même aventure.

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COMMENTS LES JEUX ONT CHANGÉ MA VIE

Les Jeux m’ont permis d’obtenir une plus vaste tribune pour mon activité actuelle. Plus jeune, j’étais très timide. J’ai dû apprendre à me conduire avec les médias et à trouver ma voix. Je n’étais pas très à l’aise pour parler de moi et de ce que j’avais réalisé, mais j’ai assez vite compris que je pouvais me servir de cette tribune pour aider les autres. En outre, je crois que les leçons de vie apprises grâce au sport et tout au long de mon parcours durant les Jeux ont été très importantes. Ce sont elles qui m’ont aidée dans mon travail, en tant que mère et sans aucun doute dans ma lutte contre le cancer.

LES VALEURS OLYMPIQUES

Lors de mes premiers Jeux, j’ai beaucoup appris sur les valeurs olympiques et l’esprit olympique. Ils m’ont permis de faire partie d’un événement qui était bien plus que de la gymnastique ou une simple compétition. C’était fabuleux de sentir qu’on faisait partie d’une même grande famille. Et cela m’a beaucoup émue de partager cela avec mes enfants avant les Jeux Olympiques à Rio.

MA VIE APRÈS LES JEUX

La transition n’est jamais facile pour un athlète olympique ou professionnel, notamment pour ceux qui s’arrêtent très jeunes. Il m’a fallu plusieurs années avant de savoir qui j’étais réellement en dehors de la gymnastique, sans un entraînement de plus de 40 heures par semaine avec ma famille sportive. Mais les leçons acquises par le sport m’ont vraiment aidée. L’insistance de mes parents concernant mon éducation m’a fourni une base qui m’a permis d’atterrir en douceur. Après les Jeux de 1996, j’ai fini mon premier cycle universitaire en marketing et entreprenariat à l’Université de Houston puis j’ai obtenu un diplôme de droit au Boston College. J’avais l’intention de créer ma propre société et fondation. En 2007, j’ai lancé la Shannon Miller Foundation qui lutte contre l’obésité des enfants en réduisant les obstacles qui les empêchent d’accéder aux activités physiques. Nous soutenons à présent plus de 8 000 jeunes grâce à nos clubs de course scolaires. En 2010, j’ai lancé ma société Shannon Miller Lifestyle dont l’objectif est la santé et le bien-être. Désormais, j’ai la merveilleuse possibilité de m’exprimer professionnellement et de me concentrer sur les moyens d’intégrer santé et bien-être dans les modes de vie quotidiens. Bien sûr, j’aime rester en contact avec la gymnastique – c’est ce que je fais en tant qu’analyste et commentatrice. J’ai ainsi le meilleur des deux mondes!

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