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Date
31 janv. 1948
Tags
Actu CIO , St. Moritz 1948 , Patinage de vitesse , Suède ,

Seyffarth, de la désillusion au bonheur du 10 000 m

C’est le propre des Jeux Olympiques : l’émotion y est changeante. Il n’est pas rare d’y voir un athlète exulter à la fin d’une course près d’un autre totalement abattu. Mais parfois, les vedettes doivent s’habituer à éprouver des sentiments extrêmes opposés, joie et désillusion, en l’espace de quelques jours à peine.

Tel est le destin de l’un des plus grands sportifs de l’époque, le Suédois Åke Seyffarth, patineur de vitesse et ancien coureur cycliste, qui s’aligne dans quatre épreuves individuelles à Saint Moritz.

Durant la Seconde Guerre mondiale, il a battu deux records du monde sur 3 000 m et 5 000 m. Au cours de cette période, il a également remporté toute une série de titres nationaux sur les patins et trois en selle.

Mais son dada, c’est la glace. Lorsque les compétitions de patinage de vitesse reprennent après la fin de la guerre, il remporte la première épreuve qui est organisée, les Championnats d’Europe, devant ses supporters à Stockholm. Il y ajoute une troisième place aux Championnats du monde, peaufinant ainsi sa forme avant les Jeux de 1948.

La première épreuve est le 500 m. Il n’y décroche pas de médaille, la distance n’étant pas trop sa tasse de thé. Mais pour préparer les courses plus longues qui s’annoncent, c’est parfait.

Le lendemain cependant, la désillusion l’attend à l’arrivée du 5 000 m, distance dont il détient toujours le record du monde. Seyffarth est bien placé pour le podium lorsqu’il touche un photographe au passage de l’un des derniers tours, ce qui le force à ralentir. Il perd de précieuses secondes pour retrouver son allure et ne termine que septième.

Il n’a cependant pas le temps de se lamenter sur son sort. Le 1 500 m a en effet lieu le lendemain et Seyffarth décroche enfin sa première médaille, en argent. Il ne lui reste plus qu’un défi à relever, mais en patinage de vitesse, c’est le plus ardu : le 10 000 m.

Seyffarth y dispute sa quatrième course en autant de jours, et pourtant il ne semble pas fatigué. Ce n’est pas le problème des organisateurs qui ont d’autres chats à fouetter : la température douce a de sérieuses incidences sur la piste. Les meilleurs temps sont réalisés lors des premières paires, alors que la glace est encore en condition acceptable, tandis que les patineurs partis plus tard vont lutter.

Un autre problème gêne certains concurrents, la raréfaction de l’air, si bien que certains d’entre eux ont du mal à respirer, notamment Reidar Liaklev, lauréat du 5 000m, et Göthe Hedlund, médaillé de bronze de cette distance, qui abandonnent tous deux.

Seyffarth figure parmi les premiers à s’élancer. Il creuse l’écart sur le Finlandais Pertti Lammio et augmente peu à peu son avance. Il maintient une allure constante jusqu’aux deux derniers tours avant de terminer en force et signer un temps de 17’26’’3. Il n’a plus qu’à attendre pour voir si quelqu’un peut faire aussi bien.

Une tendance se dessine. Si d’autres concurrents patinent plus vite que lui dans les premiers tours, ils finissent à la peine. Ainsi de Lassi Parkinen, le champion du monde, en avance de trois secondes sur Seyffarth à un certain moment, mais en retard de huit secondes à l’arrivée. Son chrono lui permet cependant de décrocher l’argent tandis que Seyffarth obtient l’or pour sa quatrième et dernière course.

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