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Savoir reconnaître et combattre le véritable "adversaire" de la santé mentale

René Holten Poulsen Getty Images
À l'occasion de la Journée mondiale de la santé mentale 2020, le canoéiste danois René Holten Poulsen explique comment une terrible expérience aux Jeux Olympiques de Rio 2016 a provoqué chez lui un stress post-traumatique et détaille les mesures qu'il a prises pour se rétablir alors qu'il entend revenir plus fort à Tokyo l'année prochaine.

Malgré une course décevante aux Jeux de Rio 2016, René Holten Poulsen a continué à s'entraîner sans relâche. Il s'est amélioré physiquement pendant les trois années qui ont précédé les Championnats du monde de 2019, mais ses temps en compétition ont été plus lents. René Holten Poulsen décrit l'incompréhension et la frustration qu'il a ressenties pendant cette période difficile et ce qui l'a aidé à la surmonter. 


"Je sentais que quelque chose clochait"

"Lors des Championnats du monde 2017, je n'ai pas pu dormir durant quatre jours pendant la compétition et je ne savais pas pourquoi. Lors des Championnats d'Europe 2018, j'étais vraiment à la traîne dans la finale B, je n'arrivais pas à comprendre ce qu'il se passait. Et puis en demi-finale des Championnats du monde 2019, j'étais en bonne position à 250 mètres de l'arrivée, et je me suis tout bonnement arrêté.

Normalement, lorsque l'on est un athlète de haut niveau, si on abandonne, on a des remords, mais cette fois-ci, je n'ai absolument rien senti de tout cela. Je me suis arrêté pour aucune raison précise, je ne savais pas pourquoi j'avais arrêté de pagayer, mais je sentais que quelque chose clochait.

Le lendemain, le directeur de l'équipe du Danemark, qui est également psychologue du sport et ancien soldat de l'armée de l'air, m'a pris à part pour me parler : "Tu as dit quelque chose après la course qui a conforté les soupçons que j'avais depuis un certain temps. Je suis convaincu que tu as subi un traumatisme et fais une réaction de stress post-traumatique, pour moi, c'est la seule explication qui ait un sens."   

Ce que j'avais apparemment dit en sortant de l'eau, c'est que la course me rappelait la finale olympique de 2016, et que c'était tout ce à quoi je pouvais penser. Donc après ça, il était certain que quelque chose n'allait pas du tout.

C'était un genre de soulagement d'entendre cela, car je me demandais vraiment pourquoi je ne m'améliorais pas, c'était une telle contradiction. Je voyais mes tests physiques s'améliorer, mais je me sentais de moins en moins bien et mes performances chutaient.

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 “Vous pouvez en tirer des leçons et vous pouvez apprendre à vivre avec"

Finalement, j'avais un adversaire. Et à partir de là, j'ai commencé à tenir un journal intime, à lire des livres et à travailler avec le psychologue du sport que nous avons au sein de la Team Danemark. En écrivant mon journal, j'ai découvert ce que je ressentais, pourquoi je le ressentais, de quelle manière cela m'avait affecté et comment je me sentais par rapport à cela. C'est tout un processus que j'avais entamé et il fallait juste que j'ai confiance et que je sois persuadé qu'à un moment, j'allais réussir à dépasser cela. Je ne sais pas si c'est pour ça que ça a marché, mais j'ai commencé à me sentir de mieux en mieux.

Je ne pense pas que l'on puisse jamais vraiment se remettre d'un traumatisme. Mais je pense que l'on peut en tirer des leçons et qu'on peut apprendre à vivre avec. C'est un processus continu, et vous vous sentez mieux simplement en trouvant un nouvel équilibre. Les mauvais jours d'entraînement, je visualise encore ce moment de Rio 2016, et je peux encore ressentir ce sentiment. Mais au moins maintenant je sais ce que c'est, ce qui facilite grandement les choses.

Toutes mes recherches montrent que plus vous en savez et plus vous lisez sur les traumatismes, plus vous les comprenez et plus il est facile d'y faire face ou de les surmonter et de faire un travail sur vous-même. J'ai dû passer 10 heures par semaine à étudier comment être ancré dans le présent, et ces recherches, associées à la tenue d'un journal et à la présence d'une personne à qui en parler – un psychologue en l'occurrence – sont les trois outils que j'ai utilisés. Je dirais que ce sont des outils assez simples qui vous aident sur le plan mental, et un psychologue du sport ou n'importe quel psychologue vous conseillerait sans doute la même chose.

Je pense que ce qui est important, c'est que tous les athlètes soient plus conscients de cette problématique et que les organisations sportives et les entreprises s'y intéressent davantage. Chaque fois que j'arrive de bonne humeur à l'entraînement, cela a un impact positif non seulement sur mon propre entraînement, mais aussi sur mes partenaires d'entraînement – exactement comme dans le monde du travail."


Soutien apporté au bien-être mental des athlètes

Au cours des derniers mois, avec la pandémie de COVID-19 qui a bouleversé la vie des athlètes dans le monde entier, les a isolés des communautés et a mis entre parenthèses leurs objectifs et leurs rêves, la santé mentale des athlètes est devenue plus importante que jamais. 

Le Comité International Olympique (CIO) a ouvert la voie en assurant la promotion de la santé mentale des athlètes et en développant des moyens d'aider les athlètes et les membres de leur entourage à détecter et à traiter les problèmes de santé mentale.

En mai 2020, le partenariat avec l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a été renforcé grâce à la signature d'un accord visant à démontrer l'engagement commun à promouvoir une société en bonne santé par le sport. 

Le CIO a également développé plusieurs ressources disponibles pour les athlètes via la plateforme Athlete365 afin de les aider à faire face à cette situation sans précédent.

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